le-pelleteur-de-nuages.blog4ever.net

À Jamais…

 

 

Le rideau se ride doucement quand il monte au ciel.

Alors je ferme les yeux, pour mieux aimer Brocéliande:

Je contemple les Demoiselles de pierre existentielle,

Elles ont construit de grands fuseaux de légende,

Tandis que sous des dolmens, dorment des fées…

Mais de nouveau se joue la pièce: mes jours se dénouent…

Mes Muses? Des Elfes couturiers les ont habillées!

Dans la fosse orchestrée, mes amours sont mortes;

Mon cœur est fou, il bat comme un glas tambourinaire.

Tous fils rompus, mon corps pantin a claqué la porte!

Je coule Alcyon: noyé dans l’amer, me voici alcyonaire

Pourtant, dans ma mémoire, se plait la magie qui la tisse…

Car je poétise, et si dans le théâtre de la vie il peine:

Dans l’âme du poète se trame l’amour qui la plisse,

Paupières fermées, salle obscure: j’éblouis la scène!

Et puis voici venir des Demoiselles filandières,

Elles m’invitent dans leurs cercles  à la danserie;

Belles et brunes au teint nacré, blondes ouvrières,

Flottent aux vents leurs cheveux tels des fuseaux en féerie…

Pourtant le vieux clown n’aura pour suaire qu’un rideau;

Je le tirerai moi-même, timidement, de l’ombre de mes nuits.

Falbala falsificateur, pour masquer mon rafiot échoué sur lido!

Lors, en lui, je m’endormirai sur le sable, coque décharnée:

Plus de voiles, nulles autres toiles, sinon que celles des cousettes!*

Mais mon corps: le cœur gai gisant sur la dune charmée,

À jamais sans stèle, comme Brassens: fera la bronzette!

RHD

 

(*Araignées)



01/01/2017
4 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 26 autres membres