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Wiyhin the confines... ( suite 32)

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Le grand ptérosaure devait faire plus de dix coudées, comme si hésitant, il tournoya un instant, puis il fondit sur sa proie...

 

*

 

Ce drame fugace avait pour cadre un "jardin de curé" discrètement arboré. Méditant sombrement, un veuf esseulé se trouvait assis sur un banc de pierre rugueuse, un certain Lucien: poète devenu vieux et amer, car désenchanté. Alors L’HOMBRE  le saisit de ses griffes acérées comme des rasoirs et l’emporta…

 

¤

 

   Les jours qui passaient leurs nuits sur la Terre, avaient remplacé de longtemps ceux des anciens calendriers d'hier. Alors l’enfant dieu enlevé par l’HOMBRE sur Hydro avait grandi... C’était à présent un fort gaillard au regard  querelleur et cruel, dont les pupilles se coloraient en rouge sombre à chaque fois que l’HOMBRE lui apportait une nouvelle âme en peine. Mais c'est en se gavant d'affres stockées dans les spirales d’ADN humains, que Néphysthéo vivait avec délectation l'horreur mémorisée des guerres, et de tous les crimes que les êtres avaient pu vivre avant que de finir dévorés par lui. Certains drames leur avaient été imposés. D'autres au contraire avaient été volontairement perpétrés par eux-mêmes. C'était avec un plaisir non dissimulé, que Néphysthéo les aidait à en fomenter de plus cruels. Il le faisait pour plaire à son pseudo père qui avait, semble-t-il, réussi à effacer sa mémoire originelle. Et puis il arrivait souvent à l'ex-enfant de la lumière dieu, de s’aventurer loin par les boyaux sinueux du ventre sans loyauté de la Terre. Il avait d’abord hanté les catacombes de Paris. Et pour se nourrir autant qu'une chimère immonde le ferait, il s'empiffrait volontiers de restes d'esprits délirants et s'abreuvait du sang noir des êtres les plus répugnants qu'il rencontrait. Il avait appris à s’exprimer dans tous les langages et s’ingéniait à défaire avec passion, toutes les plus belles théories philosophiques et charismatiques des anciens prophètes de la terre. Révélant leurs failles et autres faiblesses. Plusieurs fois pourtant, il avait trouvé Morganie sur son chemin. Mais lorsque se faisant plus vampirique que lui, la courageuse guerrière l’attaquait, l’HOMBRE plus puissant quelle, intervenait pour le défendre, faisant même si bien que la chasseresse ne pouvait rien entreprendre de probant pour le contrer un tant soit peu. La douce Athénéïse qui le savait n’en poursuivait pas moins son œuvre d’écriture parabolique. Cela afin de s’opposer au mal comme le ferait un messie. Par la juxtaposition de ses visions positives, elle installait patiemment et systématiquement des éléments puzzles anaphores. Elle opérait de la même façon qu'on lie par des mots saints, des images iconiques imperturbables mais criantes d'hymnes à l'amour universel.

Ainsi les vilaines métaphores de chimères aux dents de feux apocalyptiques qu’engendraient les noirceurs de L'HOMBRE, s'en trouvaient amoindries. La stratégie intelligente que déployait la poétesse ressemblait, en un sens, à celle maintes fois utilisée par beaucoup de chefs religieux. Ceux-là décidant à chaque fois qu'ils en avaient le pouvoir, de faire bâtir leurs églises et leurs chapelles à l'endroit même d'autres sanctuaires qu'ils jugeaient contraires à leur propre enseignement, alors que subissant bien des martyres, beaucoup quittèrent la terre sainte  avec disciples et évêques, et montèrent en notre pays par la vallée du Rhône, allant jusqu'en Germanie pour y porter comme ils disent: « la bonne parole »...

 

   Plus infernal qu’un gouffre qui se goinfre,  Néphysthéo continuait de dévorer les âmes des faibles et des maudits. L'ex-enfant de lumière démontrait qu'il devenait maitre dans l'art de la psychologie vorace. Notion qu'il avait acquise en peu de temps, grâce aux leçons assidues qu'il recevait de son ravisseur adoptif. Pour nourrir l’esprit tributaire d’un corps physiologique en besoin de croissance, il convient d'être pourvu d'un ventre insatiable: le sien semblait devenu capable du pire pour assouvir son appétit gargantuesque. L'HOMBRE, en bon charognard, s'accommodait bien de la chair devenue putride de ses restes. L'on pouvait alors redouter que l’air qu’ils rejetaient tous deux de leurs poumons devienne  bientôt aussi néfaste et brûlant que celui craché par la gueule grande ouverte des cheminées d’usines.

 

À l'entour, tous les espoirs des êtres côtoyés avaient sombré dans l’usure d’un temps empoisonné et annonciateur de mutations malsaines. À les suivre dans l'implacable parcours de la déraison, même les pages des belles histoires de sirènes des écrits d'Andersen, tous ces livres pleins d'idéaux, ne raconteraient plus bientôt que des exploits indécents de vouivres nues au corps de reptile, toutes gluantes et dégoulinantes de sang noir. De toute façon, le monde entier semblait voué à se perdre lui-même dans la démesure organisée du désir électronique aveuglé. Trop de femmes et autant d'hommes en venaient à vouloir avant tout se vautrer immédiatement, comme à loisir, dans le profit et l'orgie. Et puis si Néphysthéo le maléfique, pestait contre Morganie: c’est qu’elle parvenait encore, non seulement à se jouer de lui, mais de surcroit commençait à user d'acquis qu'elle obtenait en étudiant le côté sombre de Fées mutantes. Suivant les conseils de quelques bonnes copines fée-sorcières, elle réussissait peu à peu à s'immiscer en contre, jusque dans les affaires de détournement d'âmes du dieu mutant, parvenant même à en reconduire quelques-unes sur de meilleurs chemins.

Même L'HOMBRE devait admettre l'évidence: par l'utilisation conjointe de ses pouvoirs occultes retrouvés, ajoutés à ceux que Junyather et la Reine Anatha lui avaient concédés à condition qu'elle les utilise comme on traite, avait-elle précisé « le mal par le mal » : la déesse Morganie était devenue une guerrière redoutable et redoutée!...

 

– Nous devrons nous méfier de cette sorcière, avait-il avoué à Néphysthéo. J'ai toujours considéré  que je pourrais la détruire comme on écrase un moustique... Pourtant j'avais sous-estimé son intelligence et son courage; je continuerai donc à t'instruire mon « Fils », afin que tu sois suffisamment préparé. Pour la combattre efficacement, je te donnerai la même force qu'elle. Mais il me faut reconnaitre qu’elle est née de beaucoup plus longtemps que toi et de surcroit, elle est appuyée par un dieu-maitre aussi puissant que moi, et qu'il vaut mieux ne pas le courroucer tant qu'il restera de ce côté-ci de la galaxie. Je crains d'autre part que tu ne sois jamais aguerri autant qu'elle. Et puis il y a la fille d’Athénéïse. Elle évolue en intelligence. Certes, elle pourrait représenter pour le moment une proie facile et forte de choix, mais il se trouve que j'ai d'autres projets pour elle...

 

En fait, le grand prédateur noir comptait bien pervertir lui-même l'esprit de la déesse Habygâ. Il avait même une idée du destin qu’il lui voyait. Et d’ailleurs, s’il ne l’avait pas encore anéantie, c’est qu’il s’attachait au contraire à la préserver. Ceci afin de l'unir plus tard à Néphysthéo. Il voulait obtenir un couple, qui tout en connaissant les faiblesses des grands anges dieux de lumière, serait diabolisé par la force noire, et donc capable d'évincer Junyather lui-même. C'est même dans ce but, que profitant des longs endormissements extatiques de la blonde prêtresse, il s'insinuait dans ses « voyages ». Mais il ne comprenait pas comment celle-ci, malgré ses tentatives répétées, pouvait ne jamais être suffisamment morose pour lui permettre d'agir sur son cerveau comme il l'aurait voulu. L’HOMBRE s’en agaçait  d’autant! Finalement, malgré qu’il disposât de force maléfices et de pouvoirs certes différents, mais égaux en puissance à ceux de Junyather, il butait sur l'hermétisme mental de la jeune divinité à laquelle il s'attaquait. Habygâ ne lui permettait en aucun cas de prendre le moindre contrôle, même partiel, de son esprit de lumière, et ce encore moins lorsqu'elle se montrait faite d'amour spirituel.

 

Néphysthéo qui ne se connaissait pas de talent particulier, ignorait que lui aussi était muni de cette résistance sécuritaire  mentale qui empêchait l'asservissement d'un Ange dieu de lumière. Quelle que soit l'emprise de son conquérant de faux père,  il resterait en lui quelque chose d'inaliénable. Alors il s'agaçait de ne pouvoir haïr cette Habygâ dont lui parlait souvent L'HOMBRE. Lequel s'adressait en laissant suspecter dans le ton de sa voix, un certain respect qu'il ne parvenait pas à lui cacher. Ce sentiment bizarre qui l'atteignait aussi avait même grandi depuis qu’en fils de L'HOMBRE, il avait aperçu la fille de Gabryel et d’Athénéïse. C’était alors qu'elle paraissait monter comme une Immaculée Conception dans le ciel… Par un midi de grand soleil, son père, bien que fort gêné par trop de lumière, l'avait emmené sur lui pour lui montrer cette femme dont le pouvoir s’intensifiait effectivement autant que le sien. Néphysthéo pressentait que la force d’amour faisait front à la haine que L’HOMBRE s’échinait à installer dans son esprit. Dans son cerveau en ébullition, et malgré les efforts pour l'en sortir, cette infime réserve de Lumière Sacrée qui préserve les Anges dieu de lumière s'avérait inviolable. Même acculé, le phénomène resterait inscrit dans le psychisme profond de sa conscience, comme dans ses gènes. Mais cela ne s'obtenait pas sans créer une sorte d'arène virtuelle, au centre de laquelle se déroulaient des combats de pensées  gladiatrices.

 

 

 

 



15/06/2016
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