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WITHIN THE CONFINES... (version scindée 6 du chapitre 35 )

   Quittant de partout la Forêt-Noire, et même venant des ailleurs environnants, on put voir ainsi une multitude de particules de lumière de toutes les couleurs s'ajouter à l'aura de plus en plus dense et resplendissante d'Habygâ... Et puis, la Grande Déesse invoqua le dieu Éole, qui d'un souffle plus puissant qu'une tempête, repoussa tous les assaillants d'un coup: les envoyant « dinguer » dans les Arbres Faye qui les mirent aussitôt hors de combat en les étouffant par la mouvance vivante de leurs branches noueuses qu’ils resserraient aussitôt sur eux, tel que savent le faire certaines plantes carnivores... De cela qui les exterminait, seuls deux ennemis furent préservés, et c'est ainsi que tout pantois, Lucien se retrouva mal en point mais vivant, inconfortablement assis à l'intérieur d'un buisson d'épine. Tandis que Néphysthéo qui s'était dématérialisé pour protéger sa vie, comme le lui avait enseigné Belzéé, était tout de même resté sur place, mais invisible.

– Tu peux te montrer, le railla Habygâ qui avait recouvré toute sa puissance d'esprit une fois qu'Éole fut reparti… Allons! Je sais que tu es là, car je te vois!

Et puis elle envoya quatre Athsérians guerriers afin qu’ils ramènent le corps de Morganie:

– J’ose espérer qu'elle ne peut être morte, leur dit-elle avec un immense chagrin dans la voix, mais ce qui est arrivé est grave, car je ressens un manque, comme si une partie de moi entreprenait de se diluer. Il m'est aussi devenu impossible de communiquer avec elle.

 

*

 

   L'Ange dieu renégat se réincarnait doucement. L’on put d'abord distinguer sa tête , seule, comme si libre et flottante, car isolée dans l'air, et puis son cou, son buste et ses bras apparurent en dessous, comme si sortant de nulle part: vint ensuite le thorax, le tronc, et enfin les jambes...

Ainsi reconstitué, il apparaissait encore plus beau qu'avant aux yeux d'Habygâ. Il tenait dans sa main droite la même fleur étrange qu'autrefois, dans le pays des enfants dieu, il avait offerte à la mère de la Grande Déesse...

Habygâ l'attendit fort cérémonieusement: comme le font les Reines quand elles acceptent la reddition d'un de leurs ennemis obligés par la force…

En le voyant venir ainsi marchant lentement vers elle, elle ne put réprimer l'étrange sensation qui la désarçonnait. Cela ressemblait à un picotement électrique…

Lorsqu'il fut arrivé à moins d'un mètre d'elle, le beau Néphysthéo s'agenouilla tel un prince de sang magnifique qui se soumet, et alors, respectueusement, il embrassa les pieds d'une Habygâ médusée par un tel changement. Puis il leva des yeux amoureux qui semblaient prêts à fondre comme neige au printemps. Et puis comme pour répondre à un vœu formulé de manière imperceptible, il lui tendit enfin la fleur, qu'elle accepta volontiers, en le gratifiant d'un sourire avenant...

– Madame, Madame!

Un prêtre Athsérian arrivait en courant, brisant du coup la belle intimité du doux moment.

– Madame, il semble qu'elle respire encore, mais son souffle est sporadique.

– Mais de qui parles-tu?

Toute à cet émoi qu'elle aurait souhaité rendre éternel, Habygâ en avait abstrait Morganie. Alors elle prit Néphysthéo par la main, et tous deux se dirigèrent vers l'endroit où la courageuse guerrière était tombée.



01/10/2016
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