le-pelleteur-de-nuages.blog4ever.net

Within the confines of the réal ( Suite 11 )

 

 

Z54.jpg

 

5

 

L’improbable dimension:

Sont-ce des transporteurs, des serviteurs?

Quand l'idée pénètre l'explorateur

Celui-là sait comment voir les deux portes.

Et puis tant mieux si le destin l’emporte

Certain semeur de mots l'est pour la vie…

Qui récolte moins que ceux de l’envie!

 

*

 

Quand l'esprit d'allure vertigineuse,

Fait dans l'ombre une clarté généreuse.

C'est mille fois mieux que de la lumière!

Bien que condamné à vivre éphémère;

De poète né sous bombardements:

Il sera prince en chambardements!

 

– Parmi les entités contraires, voici que pour Premier j’aimerais vous présenter le Bien annonça solennellement Lucien: et s'il est mon favori, ça n’est pas uniquement en regard de sa force de dissémination de germes dont font évidemment partie ceux eucharistiques pour d'aucuns. En vérité, je le crois surtout puissant de ces étranges transsubstantiations qui se produisent en dépit d’un certain mal. Et cela quand il se définit pour être détestable en sa sombre vérité… Lequel semble exister aussi en "clair" dans d’autres croyances. Mais, bien que se reconnaisse en ce pouvoir du premier la gloire et le nom, c’est davantage à mon sens, parce qu’il fit en premier résultat alchimique de la matière ordinaire issue de l’énergie gazeuse émise par sa propre essence suprême. Cela préfigurant ainsi la lumière céleste pour énergie vitale. Ce qui permit entre autres briques élémentaires, l’apparition de la vie cellulaire. Principe usant de divers fluides, dont ceux électriques ou magnétiques, et de matière carbonée …

En ce sens, revenons si vous le permettez, au début de ce récit. Et plus particulièrement à l'instant de ce qui se trama en l’improbable dimension. Situation que j’imagine s’être manifestée à partir d’un point du néant universel. Et cela même, alors que l'équilibre gazeux était aussi parfait que l’esprit lui-même. Mais que se languissant, l’incréé voulut se créer un "pareil"; préfigurant une sorte d'âme sœur qui serait faite à son image. Ceci afin d’envisager avec elle pour complice, une échappatoire de ce proto monde, décidément trop tranquille. Alors, par cet acte se briserait donc le carcan anathème de sa solitude proto gravitationnelle. Mais il se produisit que cet embryon frère en profita pour se "refaire la santé" autrement que ce qui était prévu… On se souviendra ici de ma thèse de l'œuf plasmique pour servir d’exemple parmi d’autres pensées possibles, du moins dans notre imagination…

En reprenant donc mon histoire au moment où l'infini vacuum susnommé se révèle subséquemment pour être le contenant d’un infiniment grand insoupçonné… Faisant que donc, toute la réalité universelle présente aujourd'hui s’y trouvait peut-être si comprimée que cela n'était guère mieux que détail embryonnaire. Sinon qu'un ocelle aveuglé. Pas même comparable à une ile perdue dans un océan de néant vaguement assimilable à un amnios volatile… Proposée dans une norme autrement dimensionnelle que la nôtre, sachant que l'association ainsi fondée se définira tout autrement que le dit la science. Et cela n'aurait certes rien d'extraordinaire. Si ce n'est qu'elle est cette fois proposée devant public. Et à des fins beaucoup plus terre-à-terre. Puisqu’à l’origine d’une autre action. Cette fois très banale. Qui se déroule aujourd’hui comme vous le voyez, dans le hall de cet établissement...

 

– Fort bien monsieur, mais comment expliquez-vous l'avant de "l’avant-émergence", intervint impromptue, une voix féminine venant d'un autre endroit du magasin que celui où "prêchait" Lucien !

 

La femme n’était pas venue pour participer à cette réunion. Elle se trouvait au contraire occupée à chercher dans l’éventaire d’entrée un livre répondant à un choix précis. Elle fouillait donc parmi ceux nombreux d’occasion qui traitaient de sujets variés, quand la voix de Lucien présentant son œuvre à l’avait déconcentrée. Certes, si la superbe personne aux cheveux corbeau était resplendissante, cela ne tenait pas seulement à sa tenue vestimentaire foncièrement gothique. En fait, sa silhouette s’accommodait d'un charmant effet de clair-obscur. Elle montrait ainsi une sorte d’aura magnifiquement  amplifiée par la lumière solaire, soulignant admirablement les contours de sa silhouette avantageuse. Tout en illuminant son beau visage qui se voyait aisément, malgré le contre-jour éblouissant.

 

– Madame, lui répondit la voix émue du poète: je suis votre obligé, et je vous pressens particulièrement érudite. Alors vous n’ignorez probablement pas qu’il m’est interdit d’aller au-delà de l'entendement généraliste, si je souhaite rester sinon crédible... et au moins paraitre compréhensible. Voici donc que je vais vous confier ce que j'ai écrit dans mon livre à propos de l'esprit premier: Au début "il" créa à partir de l'hydrogène, un œuf-soleil capable de concevoir tout ce qu'il fallait en quantité pour bâtir un univers par lequel une part de "il" deviendrait atome, s'admettant qu'en se multipliant comme le font nos cellules, ceci serait sa propre matière. Tandis qu'une autre part de lui ferait énergie utile, afin de rendre sa double conception mobile et vivante...

 

Lucien dû à ce moment marquer un temps d’arrêt tant son émotion à voir la belle troublait le ton de sa voix… Elle avait quitté l’endroit de sa quête matérielle de vieux livres. Elle se trouvait à présent devant lui. Sans qu’il l’ait vue esquisser le moindre pas ni bousculer personne…

 

– Et pour protéger cet œuf cosmique en attente de l'éclosion divine, "il" créa la première des chimères. Il la nomma "Ouroboros" (l'ancêtre d'Ouranos). Il pensait qu'au final de la dimension particulaire divine obtenue, cet être abstrait, jugé à la fois imprévisible mais protecteur, finirait par représenter l’héritage de lui-même… Apres quoi, satisfait de ce qu'il avait fait, l'Esprit suprême que je nomme "il", entra dans cet œuf fait de lui-même afin de le fertiliser. Puis il entreprit aussitôt de se scinder à la manière d'une cellule souche. Car, à contrario d'une certaine idée monothéiste, il lui convenait d’évoluer vers une double conception universelle vibrante et vivante… Cela se faisant toutefois avec l'idée prudente que "il" devrait rester l’entité maître, et donc incontestable d’autorité envers l'autre "moitié" divine qui serait ainsi obtenue par ce clonage, et...

– Ne trouvez-vous pas, monsieur que l'action de ce "il" ressemble puissamment à la chose, somme toute naturelle, de l'acte d'amour qui consiste à féconder un ovule?

– Certes madame... Puisque cette entité est amour.

– Mademoiselle, rectifia impromptu la superbe brune au regard d’émeraude.       

– Or, reprit Lucien en se raclant la gorge, ladite "moitié" se sentant tout de même inférieure puisque complémentaire, en conclut de facto qu'un équilibre apparemment idéal d'intelligence devait aussi précisément s'assortir de même en influence. Alors elle décida néanmoins qu’elle serait matériellement supérieure à l'autre en puissance. C'est ainsi qu'elle entreprit aussitôt de se goinfrer de matière sombre. Et voici que l'un devint titanesque et agressif, à force d'ingurgiter de l'énergie froide et noire. Tandis que son créateur, se révélant finalement d'intelligence supérieure, s'efforçait à récupérer ce qui pouvait l’être encore de cette essence matérielle issue de l'hydrogène qui après tout lui appartenait en propre. Soit le maximum de l'énergie chaude et lumineuse qu'il avait secrètement emmagasinée par ultime précaution, dans le germe-sein protecteur et prometteur de l'incommensurable Ouroboros pré galactique. Ainsi eut lieu la première "Guerre-Froide" qui fut couvée dans l'espace de ce concept sacrément perturbé le prétextant… Alors c’est l'inéluctable nature d'un hasard facétieux qui fit que finalement, bien que prônant à maintenir une paix durable Les deux esprits s'échauffèrent néanmoins si considérablement… Qu'une fois que l'équilibre thermique de l'œuf-supernova fut rompu, il s'effondra comme une étoile en fin de vie. Et le tout se désintégra dans un "big-bang" si phénoménal que l'on en perçoit aujourd'hui encore la trace particulière d’un spectre radioactif.

 

– Voilà qui cette fois me semble plausible, pour ce qui concerne la création de la matière et de l'organisation intelligente qui a pu s'ensuivre… Bien que ce joli conte me semble résolument enfantin, reconnut quelqu’un d’autre dans l'assistance qui s’affirmait enfin dense, pour le plus grand plaisir du narrateur ... Mais… reprit la voix de ténor: il me semble que si rien ne se fait et se défait sans créer une autre chose qui devient à son tour génitrice d'une nouvelle, et ainsi de suite… Sauf évidemment l’intervention de l'aléatoire que vous nommiez tout à l'heure "hasard", ce que vous évoquez serait donc une nouveauté certes perfectible, mais non indéfectible. Alors que selon un certain livre sacré: ce qui est fait de la main du créateur du ciel et de la terre ne saurait être défait. Et certainement pas par un éventuel homologue qui serait partisan du contraire ! Sinon peut-être, qu'avec l'assentiment bienveillant du plus puissant des deux. S'acceptant qu'il le fasse pour valoir ce qu'il obtiendrait de droit. Et donc, à ce que je sais, la volonté de l'esprit dit "Supérieur" étant sauve… S'admettant qu'à l’inverse, dans le cas issu de votre imagination, il n'est néanmoins plus possible ni à l'un ni à l'autre de revenir en arrière. À moins de vouloir que s’obtienne l'expérience d'une nouvelle complicité, qui cette fois serait infaillible… Alors, puisque cela s’est avéré improbable dans votre gentil concept de l’œuf cosmique: il me semble qu’au mieux d’un choix intelligent, il se pourrait que la presque "moitié" d’esprit opposable, finalement aussi puissante en énergie, puisque gorgée de matière noire, choisisse tout naturellement d'aller régner en maître incontestable de l'autre côté de l'univers de lumière dévolu à son frère...

– C'est ce que je pense aussi, monsieur... Euh…

– Gabryel, précisa simplement l'homme aux longs cheveux d'or pâle.

Il était debout, planté comme un cierge ruisselant de lumière, dans l'encadrement de la porte grande ouverte. On le voyait vêtu d’une longue tunique très blanche. Il irradiait quelque chose de si pur que c’en était indéfinissable…

 

Le poète quant à lui se montrait de plus en plus nerveux: il tournait machinalement les pages de son livre comme pour en tirer l’extrait qui convient, mais sans le chercher vraiment.

 

– Dans mon hypothèse, certes romanesque, car il s'agit bien là d'un simple roman, il faut comprendre que l'œuf cosmique n’est qu’une métaphore intuitive essentiellement destinée à proposer l'idée d'une allégorie préparatrice à la vie telle que nous la côtoyons et connaissons sur notre planète. Sans quoi la saga que j'en ai tirée serait aussi imperceptible que ce néant qui habite l’esprit de certains humains rétrogrades… Et puis, rien n'empêchera un rêveur de supposer qu’à l'intérieur d’un improbable magma gazeux sans lumière, il se pourrait que ce qu'il avance se soit tout de même produit. Quelle qu'en fût la manière, l'action, ou même l'image qu'il s'en fait...

 

Bon sang! pensa Lucien: c'est cela! Bien plus que cette gothique, ce type irradie le meilleur de la lumière!... Alors le poète s’arrêta au milieu de sa phrase… Afin de vérifier, il porta de nouveau son regard au-dessus des têtes… vers la porte... Mais l'homme avait disparu aussi facilement que s'efface un mirage.

 

– Donc, reprit le poète qui se sentait de plus en plus troublé et fébrile: selon mon intuition… Dans ce modèle universel que j'ai clairement perçu, puisque j’en décris l’image par mon livre, les notions de Bien et de Mal résulteraient d'une appréciation hâtive de ce qui fut né par l’éclosion de cette double entité.

– Hem, cette fois vous faites clairement allusion à la doctrine des contraires qui néanmoins quelque part se complètent, intervint de nouveau la gothique… Et de poursuivre, candide, comme si elle faisait partie du roman: mais voici que l'esprit de quintessence resta mieux pourvu en intelligence active que son rebut rendu pourtant puissant d’avoir su magouiller grâce à celle passive. Et vu qu'ils firent ce qu’il faut pour que s’équilibrent les champs de forces cosmiques, ils s'accordèrent de pouvoir régner chacun de leur côté. L'un en premier maître créateur. L'autre en second, dûment récupérateur. À ceci près que l’un est aujourd'hui considéré après coup comme bon, car puissant par la grande clarté qu’il a créée… Puisque c'est ainsi par lui que la lumière fut... Alors que l'autre se trouve relégué, car contraint d'accomplir son œuvre dans l'apparence sombre d'un autre royaume: celui de l'ombre.



21/03/2016
12 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 26 autres membres