le-pelleteur-de-nuages.blog4ever.net

le-pelleteur-de-nuages

Un titre honorifique.

       Cependant que le Doyen leur parlait... fidèle à l’attraction lunaire, un peu de la mer séparant les deux continents avait fini par glisser doucement par dessus ses propres abysses, tandis que Gzénon était apparu peu à peu à l'horizon du levant... Il arrivait à point pour offrir un autre jour merveilleux au continent des dieux. L'astre se plaisant à honorer ainsi comme il se doit la flore et la faune qui, n'étant pas en reste, s'étaient colorées à l'image des joues d'une superbe princesse naturiste accédant à l'aurore d'un amour juvénile…

Et puis la lumière avait tout ébloui!

Flamboyante à force de splendeur, peu-à-peu l'étoile était montée de plus en plus haut dans le ciel bleu-mauve, tandis qu’au sol les derniers préparatifs avaient pu s'accomplir.

 

      Symboliquement, Habygâ et Néphysthéo se montraient néanmoins presque aussi resplendissants que lui. Pourtant, comme à leur habitude, ils avaient revêtu des vêtements très simples. L'unique bijou qui ornait le cou gracile de la déesse était un croissant d'or: le même que portent Morganie et la Reine de Lune Athénéïse. Laquelle ayant acquis ce titre honorifique par son mariage avec le prince Gabryel, héritier par les Reines de Lune: Athéna et Médéniagâ qui le lui avaient cédé du temps de leur action incarnée.

Cette distinction du "croissant d'Or" valait pourtant davantage par le fait qu'elles servaient toutes trois un même esprit très puissant, que pour leur haute position au sein des adeptes Athsérians, fidèles comme elles au culte de la lumière des Justes. C'est en cela qu'ils perpétraient jusque dans leur retraite, l'Hommage qui fut rendu en premier à une divinité de l'aube humaine: une déesse de clarté, qui fut en premier associée à la création d'une lune, et donc sacrée du nom d'Athéna qui depuis près de trente-cinq mille ans est vénérée pour sa gravitation salvatrice autour de la planète Terre.

Néphysthéo quant à lui portait donc une sorte de chasuble faite de tissu écru. Habygâ, déjà superbe de rondeur féconde, avait choisi une robe couleur bleu ciel très sobre à emmanchures et encolure échancrée. Mais il émanait manifestement du couple dieu, un rayonnement d'ondes qui se percevaient porteuses d'un amour si intense, que même s'ils eussent choisi de se vêtir de haillons, personne ne se serait aperçu de rien.

Les habitants Athsérians du village éternel avaient fait du bon travail. Ils avaient installé l’oratoire au pied même du tertre faisant face au sanctuaire par le sud, c’est-à-dire qu'il se trouvait à environs cinquante mètres, par rapport au demi-cercle des gradins de marbre rose, situés eux-mêmes, au vu de cet angle, en arrière de la colonne chapeautée de son "tridacne" de latérite ourlé d'or.

Comme il n'était pas prévu d'obtenir la moindre coulée, il n'était besoin d’aucun opérateur pour s’occuper des creusets qui resteraient vides. Ainsi tous les adeptes Athsérians étaient présents, non seulement dans les gradins qui étaient combles, mais il s'en trouvait aussi sur le parvis, et même en contrebas du monument!

Les novices et les épouses se présentaient debout, disposés sur une ligne trajectoire qui figurait un arc de cercle tronqué, puisqu'ils n'occupaient respectivement que deux fois deux des sept dalles. Tandis que d'autres se trouvaient massés à l'Est. Laissant libres entre eux les trois autres pierres, afin de ne pas trop masquer la vue sur l'oratoire devant lequel venait de s'installer le couple dieu. On avait mis là, pour les recevoir, deux fauteuils recouverts de velours bleu-de-Prusse, fixé par des clous dorés à l’or fin. En cette situation, tout le monde, sauf eux, devait rester debout pour suivre l'office qui serait servi par Èrmandine. Il avait été prévu qu'elle soit assistée de sa mère, la fée Estarie. Tandis que Morganie, en tant que proche de la déesse Athséria, assurerait la charge de grande prêtresse. Elle occuperait donc pour la circonstance, le poste important d’observation astrologique qui était aménagé en haut du tertre.

Outre le lieu où se trouvait Morganie, l’ensemble du site disposait d’un autre endroit qui était réservé à la prêtrise. Plus, précisément, il s'agissait de celui où l'on avait construit le monument. Lui-même émergeant d’une sorte de cuvette naturelle. Celles et ceux de la foule d'éternels, qui étaient venus de l'autre continent, s'étaient donc installés un peu plus loin, en spectateurs. Futurs volontaires ou simples curieux: tous s'étaient confortablement assis en tailleur. Ils disposaient pour cela de l'herbe avenante d’un autre terrain qui prolongeait le premier par un léger surplomb situé à l’arrière des gradins. Alors on devisait joyeusement, en attendant à leur tour le zénith annoncé de Gzénon l'astre solaire prêtant vie et douce chaleur à la planète Yäga.

 

 



29/09/2017
23 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 25 autres membres