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Un monde réticulaire.

   Cela faisait déjà un bon moment que Lucien avait entrepris de contourner au possible la barrière que formait l'étrange et impénétrable futée. Il en avait pratiquement fait le tour lorsqu'il découvrit enfin ce qu'il cherchait. Il y avait là, entre deux buissons d'épineux, un espace qui à la condition de s'y glisser tel que le ferait un animal, pouvait lui faire envisager d'y pouvoir pénétrer. L'ouverture lui faisait penser à l'un de ces passages entre des ronces qui aurait été forcées par une laie afin d'y installer plus loin ses petits à l'abri des prédateurs. Pourtant, malgré le risque encouru de se trouver nez à groin face au dangereux animal, l'occasion lui semblait avenante. De plus, lorsque qu'il se fut accroupi afin  d'inspecter ce qui s'offrait à lui, il vit que de la lumière inondait ce qui semblait en être l'extrémité, et que plus loin, dans cette lumière, apparaissaient en flou gaussien sélectif, les restes d'une ancienne construction de pierre!

– Décidément pensa de vive voix le jeune poète: je vais de découverte en découverte!

 

Alors, et sans plus d’hésitation, il se mit carrément à quatre pattes et entreprit d'aller ainsi jusqu'au bout de sa "folie".

 

Le poète avançait autrement plus maladroitement que le ferait avec aise un animal de belle carrure. Lequel s'il était dérangé, serait peut-être enclin à le charger. Pourtant, se la jouant quelque peu risque-tout… Lucien se rapprochait de ce qu'il avait aperçu de loin. Sa progression se trouvait cependant  ralentie par des ramifications du roncier. Mais il portait des vêtements modernes dont le tissage renforcé par des fibres de kevlar s'avérait suffisamment résistant pour n'être pas déchiré. Et puis ils étaient assez amples, ce qui lui permettait de faire face à la fantaisie présente de son "parcours du combattant". Mais s'il ne craignait de ne pouvoir mener à bien ce genre d'exercice qui malgré tout commençait à le rebuter, c’est tout de même avec un certain soulagement qu'il arriva enfin dans ce qui lui semblait être une clairière où il put de nouveau se tenir debout. Il se trouvait toutefois dans un espace suffisamment indéfinissable pour paraître angoissant avec son ciel mauve, éclairant autrement que l'autre, son monde réticulaire.

 



27/05/2017
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