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Un guide avisé!

   Pour se rendre sur la lune de Yäga, la déesse et le dieu de lumière avaient dû emprunter un vortex interplanétaire qui du reste, leur avait permis d'accéder directement dans le "Monde-Enfoui" où ils savaient trouver la "Pouponnière des éternels"… Et si l'Archange Gardien les reçut chaleureusement, c'est qu'il les avait identifiés à l'aide du grand ordinateur des cieux. Il ne fit donc aucune difficulté pour les laisser entrer, mais ils étaient tout de même escortés par deux anges guerriers de belle carrure. Ces derniers se révélant comme des guides-serviteurs diligents, autant que par discrétion, ils étaient là pour répondre d'une motion sécuritaire à double sens. C'est donc dans cet équipage que le couple pénétrait le parc sous-lunaire du monde de l'Éden. Ils furent ensuite pris en charge, autant qu'accueillis en principal, par un ange doyen. Celui-là était aussi barbu et chevelu qu’un de ces braves hippies terrestres vaguement écolos de la génération précédente.

 

Après les avoir tout de même cérémonieusement salués, le doyen invita Habygâ et son mari à le suivre. Puis il fit un signe prédéfini en direction de leurs gardiens. Probablement pour les informer qu'ils pouvaient disposer. Alors le trio put emprunter un passage joliment dissimulé par une longue tonnelle noueuse et épineuse, qui de surcroit, était soigneusement taillée.

 

Mais mieux qu'un simple tunnel de verdure compacte au possible, cela fut très vite avéré comme étant un labyrinthe incontournable, et dans lequel ils se seraient probablement perdus s'ils n'avaient bénéficié du précieux concours de leur guide avisé:

 

– Nous voici devant la porte du téléporteur, leur dit enfin le doyen, certain de son effet de surprise.

– Mais enfin, rétorquaient déjà les deux visiteurs: il n'y a là qu'une voie sans issue!

 

De fait, le décor n'offrait guère qu'un mur de végétaux aussi roide que s'il s'était agi de marbre vert.

 

Ce qui se voyait effectivement devant Néphysthéo pouvait s’imaginer probablement pareil en tout, à ces quelques autres barrières visibles en détours et fonds comparables, qu'il avait été plus facile à supposer qu'à les distinguer de loin en loin au cours du déplacement qu'ils avaient accompli jusqu'ici. Cela du reste, offrant par des chemins droits, de belles figures géométriques et artistiques. En même temps que l'opportunité alternative d'aller se fourvoyer vers d'autres directions qu'ils n'avaient fort heureusement pas suivies...

 

– P A T I E N C E...  jeunes dieux impétueux: les tempéra leur guide.

 

Le doyen avait articulé le mot « patience » d'une façon qui était inutile dans un parler courant. Ce devait être pour une autre raison que celle d'une simple recommandation... en avait aussitôt déduit Habygâ. Elle avait remarqué aussi qu’il le faisait avec une certaine articulation linguistique très particulière, bien qu’esquissant un sourire si amusé que sa longue barbe grisonnante ne sut le cacher. Sitôt que cela fut dit: la treille s'effaça, dévoilant l'ouverture d'un passage secret. Ainsi, comme dans sa chère forêt, la déesse pouvait constater que la nature végétale d’ici savait se montrer pareillement douée de réponse mouvante en rapport de volonté édictée. La pensée lui rappelant celle qui faisait s'ouvrir la forêt d'Ardenne, lorsqu'elle empruntait la nuit le chemin des druides d’autrefois.

 

– Nous allons devoir avancer de SIX HUIT pas, ni plus, ni moins si nous ne souhaitons subir le dommage d'une chute incontrôlable, car aspirée, ajoutait déjà le doyen. Il avait appuyé étrangement encore sur la prononciation hachée des deux mots "six" et "huit" qu'il disait religieusement...

– Hum, fit Néphysthéo: vous voulez dire soixante-huit pas...

– Aucunement! J'ai bien dit six-huit, soit six pas devant, et huit à droite!

 

   Le couple qui n'était pas dupe avait bien compris qu'il s'agissait là de "Sésames" tous destinés à autoriser le passage en contournant d'ultimes défenses. Alors, pour plaire au doyen qui semblait heureux d’en imposer un peu, chacun se dit que finalement, la pouponnière était peut-être plus consciencieusement protégée ici que ne l’était le berceau des enfants dieu sur Hydro, et que c'était là, chose intéressante à méditer. Alors, de concert, ils firent six pas en avant, puis huit… à droite. Posant à chaque fois le bon pied à l’endroit exact où le doyen avait préalablement mis les siens, et dès qu'ils furent précisément arrivés là où il fallait, ils descendirent aussitôt en ayant néanmoins le sentiment de tomber tout droit d'un à-pic interminable, et que cela ne s'arrêterait qu'une fois passé le centre de cette lune à l'intérieur de laquelle, l'Ange-dieu Néphysthéo venait, sans le savoir, pour la seconde fois, mais en suivant un chemin inverse…

 



18/05/2017
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