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Un deuil supra naturel.

     Ce fut donc en se faisant discrets au possible, mais dument flanqués de leur escadron, qu'ils étaient arrivés aux abords de l'endroit qu'ils cherchaient.

 

Ce qu'ils virent leur parut d'abord presque banal. Ils connaissaient ce même décor de survivance végétale pour l'avoir déjà rencontré parmi la féerie terrestre. Alors ils commencèrent à se demander si le prince Artiary n'avait pas exagéré quelque peu la situation. Mais il en fut autrement quand le plus puissant d'entre eux, en l'occurrence Néphysthéo, fut violemment rejeté vers la forêt alors qu'il tentait d'entrer le premier dans la vaste clairière!

 

De surcroit, le sol se mit en mouvance sous les pieds de Charles-Henry qui du coup se montra fort impressionné...

 

– Reculez immédiatement! hurla Artiary du plus fort qu'il put.

– Que... que s'est-il passé? Demandait alors l'ange dieu de lumière à tous qui s'étaient repliés à côté de lui. Il était un peu étourdi par le fait d'un vol forcé qui fut mal contrôlé en raison de la surprise. Il avait même atterri si lamentablement qu'il s’était carrément vautré parmi les feuilles et l'humus, c'est-à-dire à plus de dix mètres, par rapport à l'endroit d'où il venait d'être littéralement catapulté par une force qu'il n'avait pas détectée.

– Ce qui vous est arrivé est probablement dû à cette force dont Japiary vous fit part tout à l'heure. Comme il vous l'a dit: il semble qu'à présent le barrage électromagnétique, non seulement n'est plus obtenu d'un champ alternatif  – ce qui explique pourquoi vous n'en percevez pas la fréquence –  mais que son flux continu étant de même polarité que le vôtre, il se trouve que vos énergies en s'additionnant se repoussent mutuellement. Comme cela s’obtient de pôles identiques. De ce fait: plus vous déploierez de puissance à vouloir le franchir, et davantage vous serez repoussé par vous-même. Alors qu'auparavant l’influx qui existe encore inaltéré sur le reste de Yäga se trouvait parfaitement accordé avec le champ magnétique de votre aura d'Ange dieu de lumière: il se produit qu’à présent en ce lieu que vous tentiez d'aborder vous voici considéré comme étant un intrus, en conclut Subtiary. Et voyez-vous cette poussière au bout de votre soulier droit? Il s'agit de pollen. Comme il en tombe normalement des cônes de tous les résineux. Mais depuis que La Chose a pris possession de l'Arbre, il s'avère qu'une production bien plus abondante s'est chargée mieux qu'avant en électrons. Ceux-là, comme vous venez d'en faire l'expérience, repoussent ou absorbent toute chose vivante ou inerte qui comporte de la magnétite, même en infime quantité. Selon la polarisation actuelle de leur flux c'est donc la force repoussoir d'une même polarité qui agira avec une puissance au moins doublement proportionnelle à celle qu'elle refoule! Tandis que celle qui absorbe montrera aussi une belle puissance d'appétit. Ainsi, au lieu d'être renvoyé vers la forêt, vous auriez pu vous retrouver carrément plaqué contre le noyau moteur qui la produit. C'est à dire le corps-tronc à présent totalement possédé du pseudo Arbre Frère de la connaissance, qui du coup, est devenu celui de la méconnaissance de nous...

– Alors, selon votre théorie, en tant que dieux-Anges, déesses, et même, Fées déifiées, il nous est devenu impossible de franchir ce formidable bouclier? demanda timidement la Fée Èrmandine…

– Il y aurait bien une solution: celle qui consisterait dans un bel ensemble à vous précipiter violemment en "contre" de la "bête" avec la ferme conviction qu'elle finisse par vous céder… Mais au vu de ce premier essai, je doute que vous en sortiez indemne! Et comme l'essentiel de ce champ réside au cœur de l'arbre-Faye, il pourrait bien vous mettre à mal en inversant subitement sa polarité afin de vous attirer, et, comme évoqué, profiter cette fois de votre force pour vous faire s'écraser contre son tronc!

– Et si je me réfère à votre explication de tout à l'heure, à propos de sa ressemblance à une titanesque gorgone, les mouvements que nous avons perçus sous nos pieds seraient en quelque sorte un complément fait de prolégomènes démonstratifs. Cela nous signifiant de ce qui nous attend, si nous inquiétons davantage ce que La Chose a obtenu pour soutien dans son évolution complice, avec l'aide avisée de cette autre dominante qui en acquiert elle-même de l'Arbre, ajouta la guerrière Morganie en soupirant.

– Pourtant ma tante, il faudra bien nous acquitter de la mission que le Très Puissant nous a confiée, insistait Habygâ. D'autant que si nous ne faisons rien, il n'y a pas de raison que cette Chose, si elle se révèle nantie de particules résiduelles de L'HOMBRE en les réactivant par le truchement des âmes humaines qu'elle s'accapare, ne parvienne à reconstituer une sorte d'Alien extraterrestre! Lequel serait doué de force mentale, et possédera une certaine matière grise qui serait instruite par la mémoire naturellement néfaste de feu le dieu sombre que nous avons combattu. Et ceci voudrait dire que par cela...

– Chut! La coupa soudainement Morganie. Je te prie de m'excuser, mais il se fait que je perçois quelque chose qui provoque en moi de l'oppression...

– Moi aussi! S'accordait à ajouter Charles-Henry. C'est comme si un rouleau compresseur qui arrivant de très loin à toute vitesse, avait pour but de m'écraser...

– Reculons encore, proposa alors Artiary. Faisons cela rapidement, par prudence.

– Oui, tu as raison, renchérit la fée Èrmandine. Car à présent je perçois moi aussi comme une étrange et rapide variation de pression atmosphérique. Cela me rappelle ce qui sur la Terre, précède les grandes tornades.

– C'est sans doute quelque chose comme cela, acquiesçait à son tour Habygâ.

Sans plus attendre, elle enjoignit à tous de la suivre vers l'intérieur de la forêt: opérant un repli stratégique vers la caverne. Tandis que déjà tourbillonnait la poussière magnétique dans la clairière. Cela faisait comme s'il s'y installait un champ de force encore plus violent.

– La Chose descend, annonça Japiary d'une voix angoissée. Il pointa un index accusateur vers des nues fort inquiétantes.

 

   Après s'être amassées rapidement au-dessus de la clairière, elles s'étaient soudainement déchirées. Faisant penser aux lambeaux d'un linceul noir, et qui se serait fait écharper, juste après que le ciel se fut soudain obscurci… Comme s'assombrit parfois le regard bleu d'un ange, au moment où il s'apprête à annoncer un deuil supra naturel.

 



18/06/2017
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