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Maria-Luce.

      Lucien avait tant donné de son énergie humaine pour ressusciter l’homme de métal, qu'épuisé, il s’était couché et rapidement endormi. Mais non sans avoir auparavant relu la fin d’un vieux bouquin…

Le livre relatait l’histoire d’une certaine déesse Athséria. L’auteur, un certain Robert-Henri, prétendait qu’elle fut autrefois très proche d’Ardwina la chasseresse ardennaise. Il y était précisé qu’un sanctuaire aurait même existé non loin de la caverne où vivait notre poète. Il expliquait aussi comment le site aurait autrefois servi à des gens qui perpétraient l’activité d’un culte voué au Très-Haut. Cela puisant ses origines d'une ère très antérieure à la montée du christianisme. Il citait aussi l’époque qui vit la mise en évidence de ces nombreux monolithes de granit que l'on peut encore voir, campés çà et là comme des phallus que l'on pourrait croire destinés à engrosser la stratosphère.

Alors Lucien s’était promis de localiser l’endroit décrit par l’auteur. Il pensait pouvoir le faire durant l'un de ces jours prochains. Mais probablement pas cette nuit! Pourtant, c’est tout en émettant quelques borborygmes, d’abord incompréhensibles, puis s'obtenant plus clairement, qu’il se voyait à présent jouant les explorateurs chevronnés:

Bon… C’est quoi? M’enfin! Lâchez-moi!… Trop de ronces… Reviendrai… Tiens… Ce truc… Ça brille… Les feuilles… Bizarres… Elles s’écartent!

Ha! Tout de même… fit une autre voix.

Pfiou! Que vous êtes jolie !

Maria… Tu peux me nommer Maria…

Voilà qu’à présent tu parles tout seul!

Que… qui est là?

Soudain réveillé, Lucien s’était redressé sur sa couche et par un claquement de ses doigts, il avait fait s’éclairer la caverne, surprenant Topiary l’indiscret qui du coup, était resté figé au pied du lit de camp, comme tétanisé par ce geste lumineux de spontanéité.

Ainsi, mon sacripant d’ami, je ne rêvais pas, c’est bien toi qui viens de me parler!

Le jeune poète s’était de longtemps habitué à la singularité des incursions nocturnes du curieux Pillywiggin. Il le connaissait depuis qu’il avait eu ses seize ans. Alors il se remémora soudain que le lutin, un certain jour, s’était montré complice d'une certaine fée Marie. C'est à cette époque de son adolescence que les deux entités lui étaient apparues. C'était pour l’aider à répondre à une invitation qui était bien particulière! Celle qu’un certain Belzéé lui avait adressée alors qu’il se trouvait être sous hypnose dans le cabinet bleu de sa mère. C'est d'ailleurs en cette occasion que Lucien avait su régresser mentalement jusqu’à son précédent karma. Le gentil Topiary l’avait ensuite aidé à dépasser sa peur, et cela avait permis à notre poète de développer son don de visionnaire. Mais Ashneene s'en était tout de même émue. Alors, craignant peut-être pour la santé de son fils: elle avait brouillé les pistes… Mais il restait possible, que c’était peut-être en raison de cette expérience hors du commun, que tout ce qui faisait la vie du poète, s’était enchaîné... en évoluant de plus en plus vite... vers des mondes inconnus.

Ma parole mon Lulu tu es amoureux de Maria!

J’ignore pourquoi ce visage me hante aussi délicieusement. Et puis, il me semble que l’image mentale de cette Maria m’en suggère une autre.

Peut-être s'agit-il cette fois de la fée Muse Marie, qui autrefois te guida vers Belzéé…

Ce que tu insinues n'est pas crédible: ça n’est que le prolongement d’un rêve que je fis adolescent et qui à présent me revient peu à peu.

Non Lucien: ton rêve n’est pas seulement itératif, il est aussi prémonitoire!

Il est surtout démoniaque! Toutes ces ronces qui le peuplent me font songer à des vouivres. Et puis, me diras-tu ce qu’une fée aussi jolie que Marie, peut avoir d’affinités avec le diable?

Lucien, Marie n’est pas Maria-Luce…

Peux-tu préciser ?

Elle sera sa mère…

Donc il y a deux fées qui ont vendu leur âme au diable!

Évidemment non. Et puis Maria-Luce est moins faite à l'image d'une fée qu'à celle d'une déesse! De plus, si nous nous placions de ce côté-ci de ton monde, et en rapport à ce temps que tu vis, aucune des deux ne serait encore née…

Ainsi c'est comme je te le dis: nos propos sont le fruit d'un océan de rêves farfelus, d'où émergent çà et là des îlots peuplés de personnages utopiques!

 



17/10/2017
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