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"M'enfin!"

    Lucien avançait comme le ferait un automate soffistiqué. C’était comme si quelque entité inconnue lui conseillait de reprendre le même cheminement que celui oublié, mais qu'il avait cependant déjà emprunté lors de son aventure d’adolescent. Sa subconscience agissant jusqu'à pouvoir le repositionner là où tout lui semblait devoir commencer... Ou recommencer?

Peut-être allait-il revoir cette superbe ondine, qui en ce temps-là, avait peut-être généré le phénomène déclencheur qui l’avait orienté vers son choix de vivre au sein d'une nature défaite, plutôt que dans le doux cocon des villes où il cultivait le sentiment d'y être retenu prisonnier, à l'instar de ces populations humaines qui restaient cloîtrées sous des dômes… Incongruités technologiques, qui de loin en loin, symbolisaient pour le poète, l'aspect répugnant d’abominables verrues qu'il voyait encore pires de désespoir que la peau nécrosée de Gaïa. Pourtant, cette fois la matinée au dehors s'annonçait réellement exceptionnelle. La troposphère présentait nettement moins de grisaille que la veille. Le mélange sulfureux de vapeur d’eau, d’oxyde de carbone, et de toutes sortes de poussières cancérigènes en suspension, ayant été dévoré durant la nuit par un appétit lunaire très inhabituel.

Ainsi, ce matin qui avait suivi la naissance d’Erzeré-Gabryel était d’une beauté exceptionnelle pour la saison printanière qui s’annonçait, telle une cohorte de nymphes, que le poète s'imaginait toutes joyeuses, butinant les perles rares d’une rosée vaguement acidulée. Pourtant, bien que la forêt fût moribonde, il s’avéra vite que sa marche allait être difficile:

M’enfin! Lâchez-moi!… Oh, et puis à quoi bon insister? Puisque de toute façon, j’ignore où se trouve la raison de ma quête. Pas plus que je ne crois à l’intuition qui me guide, choisissant de diriger mon corps dans cette zone où la ronce agit en reine obstinée qui s’ingénie à me retenir, au point de m'interdire d'aller plus avant. Certes, je crois savoir qu’autrefois, il existait pourtant là un passage druidique!... Mais non, décidément, il y a trop d’entraves, trop d'arbres morts, dont les branches basses se mêlent avec autant de lianes barbelées qui m'incitent à renoncer. Et puis maintenant, ces bruissons d’épineux jaunis qui se profilent, ils me semblent furieusement inextricables, alors je vais certainement… Ouille! Cette fois j'en ai ma claque! Alors, puisque ce qui subsiste de nature ici m’est décidément hostile, peut-être reviendrai-je demain… Mais je serai cette fois vêtu d’une armure de chevalier moyenâgeux!... Allez! Soyez chics… Buissons: écartez-vous!

 



30/10/2017
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