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Les fourberies d'Athaânas.

 – C'est étrange dit soudain Habygâ… (Elle reposait suspicieusement le verre dont elle n'avait bu que très peu du vin qu'il contenait…) Il me semble mon père, que dans ce breuvage, du reste délicieux, il y a une force tannique qui n'a rien à voir avec sa composition logique...

– Tu as raison ma chérie, confirmait déjà Néphysthéo qui à son tour interrogeait Gabryel du regard.

– Me permettrez-vous monsieur...

 

Charles-Henry s'était saisi de la bouteille. Puis il se versa un peu de vin dans un verre, faisant comme s'il s'agissait d'un taste-vin. Ensuite, il fit se déposer le nectar sur les bords, d'abord en tournant le contenant entre ses doigts qu'il avait habiles, et puis il remua le contenu afin de faire s'évaporer une partie de l'alcool éthylique, et il y trempa enfin ses lèvres...

 

– Ne buvez surtout pas le reste de votre coupe!... S’écria-t-il…

 

Et il se précipita vers l'intérieur du bungalow, pour s'assurer que de qu'il soupçonnait déjà... Mais il était trop tard, car l'Elfe habité d'un avatar d’Athaânas, avait déjà disparu... Fort heureusement, le poison qu'avait mis ce pseudo de l'Ange Gris dans le vin de Charles-Henry, avait été bu en trop faible quantité pour s'avérer ne serait-ce que dérangeant pour celles et ceux qui en avaient consommé. Pourtant, cela prouvait non seulement que l'idée d'un adversaire partiellement désarmé était erronée, mais, ce qui était plus grave, c'est qu'il convenait de remettre en question la théorie qui avait été émise tout à l'heure, concernant notamment la possibilité de repérer Athaânas par ses vibrations...

 

– Nous l'avons échappé belle, s'exclamait Morganie visiblement émue!

– Je ne pense pas que nous risquions de perdre la vie par cette action, proposa Habygâ, notre physiologie est robuste, alors, le Naar mis à part, je ne connais pas de poison qui serait suffisamment puissant pour y parvenir! Je serais plutôt d'accord pour admettre qu'il s'agissait là d'un avertissement de l’Ange Gris, et que peut-être...

– C'est tout à fait cela, fit une voix moqueuse, venant d’un bosquet de houx situé non loin, en contrebas de la terrasse !

– Tu ne t'en tireras pas toujours en nous fuyant hurla Néphysthéo!

 

Mais la phrase ne reçut d'autre écho que le silence du soir qui installait peu à peu ses ombres. Alors, il fit un bond si prodigieux que Gabryel le confondit l'espace d'un instant mémoriel à Erzeré. Mais l'impétueux époux de sa fille ne trouva sur place qu'un Elfe au regard vide, dont l'esprit qui s’était un moment égaré, cherchait à reprendre possession du corps, qu'un autre, étranger, lui avait sans façon momentanément volé.

 

– Il est inutile de le poursuive, annonça l'ange dieu de lumière. Ce salopard doit déjà être loin! Et la nuit qui sera sans lune pour cette fois, nous desservirait si nous tentions de le poursuivre. – Tu dis bien mon chéri, et j'apprécie de te voir soudain plus sage et réfléchi, lui répondit Habygâ qui craignant pour son mari, était allée le rejoindre. Elle était accompagnée de son père, l'épée tirée du fourreau, et de Morganie, griffe de Crôol en main.

– Je ne m'explique pas comment ce scélérat a pu masquer ses ondes, reprenait Néphysthéo!

– Je reconnais bien là, l'impétuosité du jeune tigre qui tire inconscience de sa puissance mon cher, le tempéra Gabryel. Tu aurais pu te faire tuer!

– Père à raison mon chéri, approuvait Habygâ. Si nous savons que cet être caméléon use de son art du camouflage pour se défendre, il se fait qu'en revanche, nous ignorons presque tout de ses armes d'attaque!

– Tu dis bien mon amour. Mais si ma nature nous a servi pour le débusquer de dans La Chose, c'est qu'il y a peut-être par cela un moyen de le combattre. Il nous appartient donc de le découvrir, afin de mettre au point une nouvelle stratégie. Et puis, le fait qu'il a fui lorsque j'ai bondi vers lui me conforte dans mon opinion.

– Là encore, je reconnais que ta parole a quelque chose de sensé, admit à son tour Gabryel, mais j'ignore quelle est cette arme qu'apparemment tu es le seul d'entre nous à posséder, et qui le met si bien en échec...

– Certes, vous avez sans doute raison, mais mis à part le fait que comme lui, je parviens à disparaître quand il faut... – C'est peut-être en partie ce qui le gêne, mais il doit y avoir quelque chose d'autre...

– Père, je pense comme toi, acquiesça Habygâ. Faute de contact mental suffisant (ceci est normal entre membres du même sang), la déesse avait appris à lire dans l'aura de son père. Elle ajouta aussitôt: pourtant, cela me paraît assez discutable d'idée, et même dangereux. Alors, attendons d'avoir connaissance d'éléments plus sérieux.

– Et quand nous les saurons, alors peut-être que notre ennemi sera à notre merci avait fini par ajouter Morganie.

 

Elle se sentait tout de même assez frustrée de conclure d'elle-même qu'il valait mieux s'abstenir de préméditer une action vouée à l'échec: du moment que chacun se trouvait provisoirement à devoir faire face au doute. Alors elle ramena ostensiblement sa tête pour regarder cette fois devant elle: vu que tout en parlant, elle arrivait au bas de l'escalier en demi-rondins qui mène au bungalow dans l'arbre. De retour sur la terrasse où les attendait Charles-Henry, chacun rassuré s'était confortablement assis. La nuit s’installant: l’on avait activé les éléments de quartz générateurs silencieux de lumière. Ceux-là étaient sensiblement analogues à d'autres qui sont couramment utilisés à Castel Anatha. Ainsi, le reste de la soirée fut passé comme aux chandelles: en une sorte de veillée intime. La bonne humeur avait vite été retrouvée. Ce n'est qu'alors il se faisait déjà fort tard, que Gabryel proposait d’entendre ce qu'il souhaitait que l'on fît demain après s'être reposé le corps et l'esprit:

 

– Si vous le voulez bien, nous irons interroger l'Arbre Faye que nous avons libéré. En espérant toutefois que cette gouape d'Ange Gris ne s'y soit pas de nouveau installée, malgré le courage et la vigilance des gardes appuyés des Dryades Pillywiggins!

– C'est à peu de chose près ce que j'envisageais de proposer, confirma Néphysthéo visiblement satisfait.

– Si vous n'y voyez rien là qui soit objection, je ferai avec vous une partie du chemin, ajoutait Charles-Henry. Il se montrait parfaitement ravi à l'idée de cette marche amicale dont il restait agréablement obligé. Cela prévalant bien de temps à autre, sur l'action de téléportation dont sont capables les entités de lumière… Mais pas du tout les humains: qu'ils soient devenus éternels ou non.

– Soit, c'est une bonne idée! Confirmait la fée Èrmandine. Et puis, en vous accompagnant aussi, cela me rapprochera de chez moi. Ce qui n'est pas négligeable d’intérêt, étant donné que je ne peux moi-même user de la téléportation que très limitativement.

– Il n'y a que moi qui ne serai pas de la promenade, prévint Estarie. Je devrai me rendre sur la partie virtuelle de la plage de repos des dieux de lumière. Ceci afin d'y pouvoir utiliser la porte, et retrouver ma charge de gardienne du pays des âmes en attente.

 



20/08/2017
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