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Le meilleur aboutissement?

      Si des poètes humains leur font la part belle, l’on peut penser, en revanche, que sans un minimum d’organisation hiérarchisée, les muses d’un Olympe imaginé trouveraient difficilement des passages aptes à les conduire jusqu’à eux. Mais quand on sait que des molécules d’hydrogène ont pu devenir des êtres vivants complexes, en passant comme par hasard… mais probablement autrement... par des transmutations certes aléatoires, mais néanmoins capables d’évoluer jusqu’à fabriquer de la matière ordinaire présentant des propriétés fondamentales… alors, c’est que dans ce monde et compte tenu de ce qui l’entoure de connu et d’inconnu tout est possible! Mais pour adhérer à ce concept, il faut néanmoins admettre qu’il a sans doute fallu qu'il y ait eu un minimum de programmation basique, pour que s’obtienne (en premier?) le vivant sacré dont nous sommes actuellement le meilleur aboutissement visible que nous puissions reconnaître. Ainsi, la création, pour produire ce que nous sommes, a su passer originellement par l’atome de carbone qui existe dans le cosmos grâce aux étoiles. Et puis l'on pourrait penser que s’il n’y avait aucun dieu, l’esprit qui nous anime ne serait sans doute jamais apparu…

En fait, si Marie guida le poète Lucien, c’est qu’elle était sa muse… Et que c'est peut-être à force de l’avoir cherchée dans son esprit, mieux qu’à la créer, qu'il avait fini par la faire descendre sur terre…

Marie… Comme vous êtes belle, lui prodiguait-il encore… en rêve…

Mais n'était-ce là à chaque fois que pur onirisme?...

Même si Marie n’était pas celle qui serait sienne… Lucien se différenciait pourtant de ceux encore trop nombreux de ses frères humains qui éprouvaient un besoin maladif de faire profit de tout, et notamment de ce que leur offraient à présent ces grandes cités aseptisées qui battaient comme des cœurs…. Mais tellement artificiels!… Des cœurs sans âme!... Que l’on avait placés sous des dômes isolants transparents!

Le poète aimait à penser que plus tard il évoluerait dans un vaste environnement. Une sorte d'éden en plein air. Un lieu privilégié qu’il aurait fini par ramener à l’image de ce qu’il fut bien avant la naissance de ses propres parents. Et c’est aussi pour cela qu’il tentait chaque jour de ranimer la flamme d’un certain souvenir. Il le présumait brûlant encore... Quelque part. Peut-être sous un arc-en-ciel triomphant fait d’images virtuelles. Un collecteur de visions paradoxales. Qu'il se plaisait à superposer devant celles qui timides et salies, ne représentaient plus guère que des paysages glauques. Paysages dans lesquels il pataugeait en vrai, mais rêvant éveillé à ceux qu’il voyait en étant endormi. Il pouvait alors voyager dans son imaginaire. Il avait à son bras Marie… qu'il confondait avec Maria… À moins que ce ne fût une certaine Maria-Luce? Ils avançaient dans une fange fatigante. Qui pourtant se muait en une herbe de plus en plus verte au fur et à mesure que se concrétisait leur déplacement laborieux. Cela se peuplait de fleurs innombrables, teintées des mille couleurs d’autrefois. Les lits asséchés des rivières se retrouvaient peu à peu pourvus d’une eau limpide et généreuse. Les arbres morts ressuscitaient. Ils se paraient de feuillages qui étaient merveilleux de diversité. Tandis que çà et là ressurgissait la faune…

Mais comme à chaque fois, sa vision nocturne se gangrenait avant que d’en connaître l'apothéose. De nombreux nuages pestilentiels s’immisçaient dans la pureté peu à peu saccagée d'un ciel de moins en moins lumineux. Ils étaient constitués de centaines de milliards d’insectes nauséabonds. C'était comme de gigantesques sauterelles noires. Elles propageaient une ombre dévorante qui rendait tout imperceptible. Et son rêve s’éteignait…

 



19/10/2017
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