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"l'Arbre de Vie"!

   Tout comme sur Yäga, bien qu'il fut à l'abri de presque tout, puisque situé sous des hectomètres de roche métamorphique, l'endroit où ils se reçurent en souplesse ressemblait pourtant à ce qu'il convient de nommer "Paradis terrestre", puisqu'il y avait un sol... un ciel... et même un soleil! Et que tout y existait comme si l'on se trouvait à l'air libre, puisque même la nature y était aussi luxuriante que sur le continent des dieux. Oh, bien sûr, tout cela n'avait en rien la vastitude naturelle de la planète Terre. Mais ce qui s'en dégageait de féerique pouvait paraître sans limites. Sinon que par l'effet de cadre indéfinissable que garantissait alentour, la présence d'un brouillard rougeâtre protecteur baignant en permanence cette sorte de micro monde.

 

L'ambiance ressentie était telle, que l'on aurait pu penser ce décor beaucoup plus vaste que ce qui se voyait… Et puis qui sait? C'était peut-être le cas?...

 

Le doyen prit congé après avoir pointé une direction précise qu'il leur montrait d'un index long et soigné: en l'occurrence, il s'agissait d'un sentier moussu ressemblant à un tapis de lichen rouge, soigneusement entretenu de frais. Celui-là rappelait étrangement à la déesse l’autre, mais vert, qu'empruntait autrefois Athénéïse, sa mère, quand elle avait pour but de se rendre par la forêt ardennaise, jusqu’au bord d'un lac étrange, entourant le Manoir non moins mystique de Castel Anatha...

 

– Et bien mon chéri, si nous ne sommes pas ici dans un énième monde parallèle...

– Tu fais bien de le souligner ma Mie, car beaucoup de ce que nous visitions de Yäga, et à présent de sa lune, – du moins pour la partie dominante matérielle –  nous parait ressembler à s'y méprendre à ce que nous connaissons assez bien de la Terre et de sa propre lune, notamment pour ce qui est du palais de l'ex-reine Anatha. Cela nous est suffisant en tout cas pour les superposer immanquablement dans notre perception mentale. Et il en est de même des deux continents qui s'aperçoivent distinctement depuis cet astre: car s'ils paraissent fort identiques au demeurant, ils représentent bien chacun un contour géographique qui est conforme à celui du vieux continent dont fait partie l'Europe unie.

 

Cela au moins faisant admettre, que la petite planète se révèlait faite, dans cette configuration, à l'image de sa sœur abritant l'essentiel des sites de célébration dédiés au culte d'Athséria… Et toute similitude – au moins géographique –  tout finissait par se confondre en une sorte de rémanence logique: cela prouvant s'il en fut utile, que l'explication scientifique terrienne, quand elle se faisait accusatrice d'une probable dysfonction cognitive du cortex cérébral chez des humains récepteurs de flashs intemporels, était pour le moins partiellement infondée.

 

Ainsi, le joli sentier de mousse rougeâtre aboutissait à un endroit qui se révélait identique à deux autres également présents sur la planète Yäga. À ceci près que s'ils existent respectivement sur chacun de ses deux continents de Yäga, on les trouve aussi sur son pendant de Gaïa. En l'occurrence, pour cette dernière: il s'agit de celui qui conduit à la Clairière- Du-Grand-Faye. Endroit sacré, où fut signé le tout dernier Pacte Des Fées. Il y avait même ici la source et la rivière! Mais ce qui frappait le regard, c'est que, à la différence de la grande forêt ardennaise où dominent les verts chlorophylliens: tout ici apparaissait nuancé de rouge! Même la lumière était pareillement pourpre. D'ailleurs, Habygâ et Néphysthéo n'étaient pas loin de penser que les habitants de ces lieux (et qu'ils avaient depuis longtemps détectés en chemin) l'étaient peut-être aussi...

 

   Il y avait effectivement autour d'eux, de nombreux esprits qui se révélaient gentiment espiègles par leur jeu de cache-cache et qui, mis à part qu'ils masquaient leur corps minuscule sous le couvert de la végétation tout en leur faisant une escorte amicale, devaient logiquement eux aussi être faits et habillés à partir de la même  monochromie. Alors, Habygâ et Néphysthéo s'arrêtèrent. Puis ils s'assirent sur un tronc disposé tel un banc public, décidant de simuler une halte de durée indéterminée, bien que scrutatrice.

 

Pourtant, bien que facilement perceptible, le Petit-Peuple s'obstinant manifestement à vouloir rester invisible, le couple dieu avait finalement quitté son banc improvisé. Puis il avait repris son cheminement. Jusqu'à ce qu'il fut arrivé devant ce qu'il voulait. Ainsi, leurs yeux purent admirer ce que leur pensée conjointe voyait déjà depuis un bon moment…

Entité surnaturelle à la beauté picturale: voici que solidement planté au centre de la clairière s'offrait à eux, ô superbe, "l'Arbre de Vie" proposant aux regards non cupides, tout ce que l'on peut penser de nourricier et d'utile à l'humain, tels que cela fut voulu et offert à eux en abondance, au début de leur existence, dans un endroit privilégié de la terre!

 



19/05/2017
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