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Extrait 4 du chapitre 40

Si la fêlure entre les deux sociétés (celle des opportunistes, et celle des désintéressés,) fut provoquée par la course au profit d'une partie de la race humaine peu courageuse, tandis que l'autre laborieuse, optait pour le conservatisme naturel: il faut avouer que bien qu’il soit suicidaire, le choix de liberté des derniers, considérés comme étant les ultimes survivants de l'ère d'avant, n'était pas plus mauvais que celui des peuples parqués sous cloche et encasernés comme des militaires, dans des tours faites de béton banché et de verre. Toutes étant alimentées en énergie par la géothermie terrestre. Cela leur offrant le confort feutré de « cases » d'habitation dont on s'extirpait rarement, non plus par des rues ouvertes et avenantes, mais par les circuits mécanisés des ascenseurs qui les déposaient sur des tapis piétons motorisés dont beaucoup essentiellement souterrains. Rappelant d'autrefois ces tristes couloirs aux voûtes couvertes de céramiques blafardes, de l'ancien métro parisien qui depuis longtemps avait été désaffecté pour cause d'air vicié.

 

Chaque citadin ayant choisi de vivre dans ces nouvelles cités aseptisées était donc dépendant de la centrale de retraitement des déchets, et par-là, se trouvait astreint à vivre avec des gestes quotidiens consistants, entre autres pires, et sous peine d'exclusion de la communauté, à se prêter au cycle sempiternel du tri et de la collecte sélective, de la consignation/récupération de tout, du retraitement recyclage et réemploi « ad viteam eaternam » de ce qui habille, mais aussi de ce qui nourrit! Toutes ces choses pour la plupart artificielles, transgéniques, ou même clonées, qui pourtant étaient devenues le lot quotidien des résidents peu enviables de ces villes champignonnières expérimentales, où tout se faisait en autarcie.

 

Ainsi, nul ne saurait dire si ceux-là qui sont programmés pour "durer" une vie citadine de cent ans, sont plus ou moins heureux que les irréductibles ruraux qui eux, ne dépassent guère comme autrefois en moyenne, les quatre-vingt-cinq hivers, mais sont presque assurés de vivre d'autres karmas dans les ailleurs des dieux, car mieux conditionnés pour y assumer une plus noble mission que celle de ces zombies robotisés des villes, et qui, tant que l'univers galactique produira des étoiles, se poursuivra longtemps encore...

 

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24/12/2016
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