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Extrait 3 du chapitre 40

En s'obnubilant siècle après siècle, la pensée humaine s'était aussi aveuglée à regarder le trompe-l'œil des campagnes de propagande publicitaire. Lesquelles diffusant à tout va, inculquaient des idées qui s'admettaient de plus en plus uniformément. Le matérialisme et l'égocentrisme, s'étaient taillé la part belle d'un comportement humain, au demeurant si néfaste, que même les actes sexuels étaient devenus des gestes d'amour hygiénique. Les hommes, pour la plupart étant stériles, laissaient à d'autres le choix de servir, autant qu'à fournir, des banques de cryogénie génétique. Elles-mêmes étant affiliées à des cliniques employant de jeunes mères porteuses spécialisées dans la conception de bébés-éprouvette que pouvaient adopter les couples qui souvent étaient du même sexe, en respectant toutefois des quotas qui avaient été établis de manière à pouvoir limiter le peuplement des villes aseptisées.

 

On faisait comme on achèterait un animal fétiche ou un gadget, en regrettant mollement qu'un certain conformisme passif ait fini d'étrangler irrésistiblement ce qui conduisait autrefois à l’idée d’un partage réellement humanisé. Lequel étant alors plus sainement ouvert au retour d'anciennes tolérances qu'à certains des usages civiques devenus irrémédiablement obsolètes.

 

Indubitablement, puisque le résultat connut cette année-là un pic de négativité jamais atteint, il était montré pour l'exemple à des gens qui sans chercher plus loin approuvaient les directives nouvelles en applaudissant des deux mains l'occultation menteuse. Cela produisant des décisions gouvernementales qui étaient plus fatales aux peuples les unes que les autres, car aptes à les fourvoyer dans l'erreur qui se reconduisait de génération en génération, en même temps que l'inexorable déclin que connaissait la Terre.

 

C'est ainsi que l'on avait pris l'habitude de vivre sans plus chercher à se donner bonne contenance. Sinon qu’à parquer tout ce qui nait encore de flore et de faune, dans des bulles jardins publics et zoologiques. Des sortes de cloches dont les parois imperméables  ne craignaient en rien les pluies acides, et sous lesquelles on réinventait,  sous protectorat artificiel, les paysages naturels d'autrefois. Alors qu'au-dehors, de soi-disant renégats vivotaient en irréductibles jardiniers vaguement écologistes, obligés depuis fort longtemps, de plastifier des tunnels sous lesquels croissaient péniblement des légumes maraichers dits « bio » qui se vendaient à prix d'or, par rapport à ceux industrialisés...



23/12/2016
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