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Extrait 2 du chapitre 42 (Apothéose féerique)

Il restait que malgré tout, la durée de tant de bonnes résolutions pouvait s'avérer empreinte d'aléatoire… Pourtant, çà et là, les gens de tous les âges s'accostaient plus aimablement. L'on voyait de plus en plus de visages souriants. Comme après un rude hiver qui aurait duré trop longtemps, tout semblait présager qu'il se préparait mieux qu'un simple printemps: une ère nouvelle, très civique d'encouragements, et porteuse de promesses agréables. Ainsi, les sages résolutions en côtoyaient qui se disaient novatrices, par la qualité des idées qu'elles proposaient. Chacun se disait d'accord pour œuvrer en commun, et toutes générations équitablement confondues, à préparer un avenir au plus proche de la sérénité qui était recherchée. Alors on se plaisait même à dire que peut-être, ils allaient enfin passer par un meilleur chemin de vie…

 

 Et puis la nouvelle était arrivée d'un coup:


« Le Château Fort accueille la Déité ! »

 

Des murailles qui dominent de cent-cinq pieds.
Brillant havre refuge d'Evrard: pour que sied
Au Comte De La Marck et sa volonté…
Maintenant que Sa Majesté n'est édictée

Allez braves gens de la Petite Genève,
Car la Huguenote comblée proteste en rêve.
Réveillez la, festoyez gai: c'est festival;
Vibrez for, près le Château-Fort phénoménal.

Beaux Ménestrels, fiers Troubadours et vous Poètes
Baladins de douves comblées: faites la fête!
Pour mieux qu'une belle Princesse en Dame-Reine
Voici Habygâ plus que Diane, suprême.

Ripaillez bon dans la joie: car c'est fiançailles
Avec Néphysthéo avant les épousailles.
Voyez s'avancer blonde Déesse et son dieu.

Féconde Gaïa: voici venir généreux
L'avènement d'un avenir prodigieux.

 

 En vérité, si les fiançailles d'un jeune serviteur de l'Entité-faite-Dieu avec une Déesse allaient certainement avoir lieu aux yeux de tous, dans la bonne ville de Sedan. Si le repas se prévoyait à l'intérieur de la Galerie-des-Antiques, qui est la plus grande salle de réception du château, puisque pourvue d'une table qui peut accueillir près de deux-cents personnes, dont aucune n'était encore invitée: c'est que cela allait se pratiquer humainement. C’est-à-dire de manière informelle pour ce qui était vraiment de la déité mais tout de même quelque peu féérique, afin d'offrir une belle part de rêve d'enfance éternelle à qui le vivrait émotionnellement en plein cœur... Car, bien qu'à la fois réelle et abstraite. Cela pour ne déclencher aucune hystérie. Toute forme spirituelle qui n'apparaîtrait pas bienveillante de neutralité serait immédiatement remplacée par de la spontanéité populaire exempte d'artifices.

Et quand le grand jour fut arrivé, la cour intérieure à laquelle on accède facilement par la Porte des princes, était déjà bien remplie lorsqu'Habygâ, qui s'était subrepticement mêlée à la foule, ôta sa grande capeline pour mieux apparaitre, peu à peu parée de son aura dont scintillaient les particules irisées. Beaucoup s'étaient reculés pour lui ménager de l'espace. Et l'on s'était demandé par quelle magie elle devenait aussi brillante qu'une apparition. Car l'on ne pensait pas encore à quelque phénomène surnaturel. Mais il y eut des murmures quand elle leur avait annoncé d'une voix très pure, qu'elle souhaitait que chaque classe populaire puisse être représentée à sa table de façon équitable. Alors elle avait fait mentalement s'avancer des personnes qu'elle choisissait en fonction de leur aura qu'elle seule voyait très clairement, malgré que cette heure de la journée se montrait pour être déjà bien ensoleillée.

 

Elle avait commencé par inviter les plus humbles. Ce qui fit que beaucoup des plus nantis n'y eurent pas accès. Faute de suffisamment de places disponibles. Pourtant, comme subjugués par son charme, ils ne semblèrent pas lui en vouloir, mais au contraire, ils avaient décidé comme elle de se mêler au peuple. Convenant de faire la fête avec. En l'honneur de leur princesse de beauté. Et ils allèrent s'installer tous autour du château. Et même jusque dans la ville. Pour un gigantesque pique-nique. Où tout serait partagé sans que l'on ait à déplorer la moindre dérive.

 

L'on en était devenus certains: nul ne pouvait plus nier le bien-fondé de l'humanité. Et d'ailleurs, des journalistes, pour une fois, ont pu parler de ce qu'ils avaient vu sans pour autant avoir à orienter leur article pour le bénéfice d'autre chose. Il s'était même avéré qu'ils furent des milliers à dire par toutes les radios et télévisions de la planète, qu'ils avaient vu se dérouler l'action étrange d'une réalité très inhabituelle. L'effet qu'avait voulu produire Habygâ avait réussi au-delà de tout. Et puis, lorsque la sphère était arrivée, avec à l'intérieur Athénéïse, Gabryel et Néphysthéo: ce fut carrément l'apothéose féérique pour les uns, tandis que par d'autres il se supposait de voir là le résultat d'une technologie extraterrestre très avancée…



12/02/2017
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