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Des couleurs changeantes.

   Habygâ et Néphysthéo étaient redevenus visibles. On pouvait alors s'apercevoir qu'ils étaient bien là, debout, mais pareils à deux statues de cristal irisé. Posant davantage en êtres inanimés, un peu comme deux représentations artistiques que l’on aurait plantées là pour les montrer en phénomènes translucides vaguement phosphorescents. Ils étaient donc volontairement restés sous l'apparence provisoire d'hologrammes verdâtres. Précisément, on les voyait situés au centre d’un très grand cercle formé par de la lumière fusante. Cela semblait gicler directement du sol en crépitant jusqu’à très haut! Impulsion probable, d'une multitude d'arcs éclectiques qui s'érigeaient comme des cordes mouvantes, jusqu'à constituer un redoutable rempart. La figure cylindrique que cela formait était conçue à partir d'énergie à haut voltage. Elle était impossible à regarder avec des yeux humains. Sinon qu'à prendre le risque d'être immédiatement aveuglé et cela à jamais.

Certainement ce devait être infranchissable naturellement et même virtuellement: assurant sans coup férir, le rôle d'un obstacle incontournable. Une muraille d'énergie capable d'une protection double, puisqu’utile à isoler de part et d'autre les arrivants des arrivés qui sont déjà là à les attendre. D'ailleurs, tout autour, à l'extérieur de cet écran, ou plutôt, au-delà de ce champ de force électromagnétique brûlant et grésillant, c'est à environs un mètre soixante-dix par rapport au sol, que l'on pouvait voir de nombreux objets sphériques lumineux qui ne dépassaient guère en taille celle de têtes humaines. Se déplaçant et disparaissant pour ensuite réapparaitre ailleurs, ils évoluaient en montrant les contours mouvants de leurs couleurs changeantes.

 

– Cessez ce jeu de pyrotechnie, je vous prie, et puis surtout écartez-vous, commanda alors une voix féminine qui s’exprimait certes par télépathie, mais en usant tout de même d'un ton puissamment péremptoire...

– Cela provient probablement d'une de ces boules de lumière, dit Néphysthéo.

Cependant que la déesse Habygâ lui fit la remarque que justement, l'une d'entre ces dernières se montrait plus intense et légèrement plus ovalisée par rapport aux autres qui du reste, s'écartaient d'elle, en faisant cela à la manière de ces étincelles qui jaillissent de temps à autre d'une buche embrasée.

 

L'entité s’approcha alors dangereusement du cercle protecteur, pour ne s’en arrêter qu’à trois mètres:

– Si vous êtes bien à l'image de votre apparence pseudo virtuelle, alors vous n'avez rien à craindre de nous, fit l'entité en s’adressant cette fois au couple dieu par la voix qui s'obtient généralement de cordes vocales naturelles… Mais si ça n'est pas le cas: alors je vous invite à passer votre chemin!

– Je suis Habygâ, déesse de lumière pour servir l'humanité auprès du très grand Junyather. Je suis envoyée par lui pour vous visiter. Et voici mon époux, le dieu Ange Néphysthéo, seigneur avec moi, et conséquemment investi de la même mission. Nous agissons pour que cela soit utile au Suprême, et donc, selon l’ordre de la sublime conception universelle qui se trouve dans la vérité dispensée par la Lumière des Justes. Nous le faisons pour que sa volonté soit réalisée. Alors, je vous le dis, si quelque entité est à craindre par ici, ce ne peut certes pas, à mon avis, provenir directement de vous qui n’êtes qu’esprits en attente d’un nouveau corps, ni de nous, qui sommes de vos dieux respectables, car venus en amis pour vous offrir l'aide et l'assistance que vous avez demandé.

– Dans ce cas Madame: vous êtes tous deux bienvenus. Mais il vous faut savoir qu’une menace,  dont vous semblez n'être pas encore clairement instruits, justifie par sa gravité notre légitime méfiance envers tout arrivant qui tente d'accéder au pays de notre communauté par son unique porte. Alors, il serait bon dans ce cas que nous puissions vous entretenir de ce mal latent, ou plutôt, de quelque chose dont nous subodorons la réalité sans la voir. Sachez qu'ainsi des prédateurs insanes me semblent guetter comme des proies, les âmes  pourtant raisonnables de notre humble colonie.

– Soit! Admit l'ange dieu de lumière (il avait devancé sans le vouloir la parole d'Habygâ, pourtant plus au fait que lui de ce qu'il en est ici).

– Nous allons en parler, le repris néanmoins la déesse: mais pour ce faire, nous allons terminer notre transfert physiologique, alors vous: veuillez conserver, je vous prie, vos distances actuelles.

 

Subséquemment, c’est-ce qui eut lieu de part et d'autre. Ainsi, une fois qu’ils furent tous deux entièrement, et donc charnellement reconstitués, la déesse émit un ordre mental qui fit que l’écran de protection disparut, faisant entendre le même claquement que celui d’un chalumeau oxhydrique quand on ferme les robinets des bombonnes de gaz, et que la flamme s'éteint brusquement.

 

– À présent dit Habygâ, c’est à vous d’apparaître. Faites-le néanmoins je vous prie, sans quitter de près ni de loin vos positions respectives.

 

Alors, ce sont des centaines de visages faits de particules irisées qui se constituèrent. Ils devaient le faire en ressemblance identitaire de leur image humaine. Mais sans montrer la moindre molécule de matière ordinaire, car se présentant uniquement de façon hologramme. Lesquels flottaient un peu partout, comme des orbes. Ectoplasmes en plan parcellaire, ils restaient dépourvus de corps. Leur transformation se faisant ainsi progressivement à partir de chaque boule d'énergie semi-gazeuse. Chacune semblait alors s'effondrer sur elle-même, comme des mini-étoiles quand elles s'étiolent après une brève période d'augmentation de volume apparent. On put donc d’abord distinguer respectivement des yeux, puis l’esquisse d'un nez et d'une bouche. Cela permettant d'obtenir une physionomie faciale distinctive. Mais rien de la silhouette que projetait autrefois l'enveloppe humaine antérieure qui s'y rattachait sur la Terre ne devint visible, si ce n’est de très vagues contours lumineux, faisant penser à un reste d’aura, définitivement échappée du corps physique qui avait pu être autrefois constitué de matière terrestre vivante. Cette dernière, une fois désactivée, étant irrévocablement retournée à elle-même, afin d'être réutilisée à d'autres fins.

 



08/04/2017
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