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Cependant que sur la planète TERRE...

      Totalement privés de lumière, les yeux de Lucien ne savaient plus offrir ce qu'il fallait d'informations pour renseigner son cerveau. Alors ce dernier s’était résigné à fonctionner autrement, afin d'analyser au mieux le peu d'informations électromagnétiques qui se pouvait d'être obtenues par d'autres sens: autre solution rappelant la fonction qui est à la fois émettrice et réceptrice de certains chiroptères, mais allant bien au-delà des seuls obstacles... Alors peu à peu, c'est le raisonnement qui se faisait sur Yäga qui influait sur le sien… Lui offrant à son tour la faculté d'obtenir cette sorte de vision paranormale qui fait mentir les méandres de la théorie absconse...

 

Et c'est alors ce que vit le poète en premier n’avait rien d’une dame âgée... Tant s’en fallait! Car l’apparition lui montrait qu’il s’agissait non de sa mère, mais plus certainement d’une autre… lui faisant soudainement penser à celle qui selon l'histoire sacrée se découvrant d'une certaine Bible enfanta un Messie!

 

– Marie? Êtes-vous faite à l'image… de la Vierge Marie?        

– Certes, mon nom est bien Marie, mais je ne suis pas celle que tu dis.      

– Alors me direz-vous à votre tour…? Et puis, comment avez-vous fait pour me permettre d’y voir à présent dans le noir mieux qu’un chat…

– Je suis la mère de Maria-Luce qui est à naître de moi…       

– Ce qui explique dans ce cas que ce soit vous qui m’êtes apparue et non elle qui n'est pas encore, et que du reste, je ne saurais connaitre avant qu'elle ne soit là!

– Je te l’ai dit, celle qui sera reine en des cieux nouveaux est en moi et non l’inverse…

 

Abasourdi par le silence qui s’ensuivit et admettant l'inutilité de sa boutade, le poète pensa que son interlocutrice n’était autre qu’une nouvelle affabulation de son esprit décidément mis à mal. Il lui tourna brusquement le dos et frotta ses Yeux fermés en utilisant le dessus de ses deux index. Quand il les rouvrit, il se sentit  attiré par une autre lumière intérieure, celle de la prudence, et qui l’attendait peut-être quelque part, sur l’île. Alors il s’apprêta à retourner vers celle-là qu’il ne voyait plus, mais qu’il jugeait préférentielle dans sa mémoire à l'autre icône qui tentait de l'entrainer plus profondément encore, dans le ventre inconnu d’un tas de pierres.

 

– Attends! Avant de repartir pour ton monde, il te faut connaître non seulement l’histoire de ta lignée, mais aussi ce qui te concerne de la mienne. C’est l’unique moyen si tu veux t’y reconnaitre toi-même…

– Hum… dis toujours, lui concéda Lucien sans se retourner.

– Longtemps de siècles après que tout ce qui sorti de la mer commença à vivre sur la terre, deux des frères Ancêtres qui secoururent la déesse Ardvina et s’en amourachèrent, furent récompensés par la venue de deux demi-déesses marines. Elles les aimèrent alors si éperdument que leur obligation de chasteté en fut abrogée par Atharie. C'est donc le geste divin de cette descendante d’Ardvina qui permit ainsi que naquirent, d’une part, la fée Estarie: mère d’Èrmandine et Morganie (sœurs jumelles) et d’autre part, les ondines. Dont certaines s’accouplèrent à des druides initiés, et enfantèrent à leur tour pour deux lignées, dont l’une vit naitre Charles-Henry et son fils Henry…

– Tout cela, j’ai eu l’occasion de le lire dans un livre que m’a donné ma mère. C’est un bien joli roman. Mais je ne vois en rien ce qui pourrait me lier de près ou de loin, à ses personnages qui sont inventés! Ce serait peut-être mieux que vous en veniez directement à mes ancêtres. Les vrais. Même si nous devons faire abstraction de vos fameux Frères Ancêtres,  avec lesquels je ne me sens aucune affinité, sinon que je n’y comprends rien…    

– Ceci explique généralement cela… Et si ce n’est fait pour le moment, il y en a parmi eux que tu rencontreras pourtant!     

– Bon: admettons… J’entre donc dans votre livre comme je suis parvenu jusqu’ici… En franchissant allégrement une frontière du réel… À présent, voyons donc de l’autre côté du pays de mes ancêtres s’il vous plait.

– C’est plus compliqué. Étant donné que la mémoire concernant l’humaine que connu un autre des Frères Ancêtres fut effacée, car jugée contraire à la loi divine, telle que conçue rudimentaire en ces temps premiers. On présume que cette femme aurait mis au monde une fée qui elle-même donna le jour à d’autres. Et dont la troisième génération connut celle de Charles-Henry: cet homme particulier dont je t’ai parlé tout à l’heure.

– Houlà… Ma pauvre tête n’en peut plus. S'il vous plait: ne pourriez-vous abréger?  

– J’y arrive mon bon Lucien, j’y arrive… Et c’est bien de m’écouter. Car cela restera gravé dans ta mémoire. Jusqu’à ce que tu en fasses usage au bon moment. Alors, voici qui va simplifier: l’une de ces fées qui fut l’amante fugace de Charles-Henry alors jeune homme était ma mère, ainsi donc que celle de ma sœur Maria, simple mortelle initiée druidesse. Alors que moi seule étais une fée éternelle.  

– Fort bien, voici que cela m’est plus clair et me fait croire qu’au moins, je ne me parle pas à moi-même en modifiant ma voix répondit Lucien tout en amorçant une nouvelle volte-face. Mais il me semble que pour être ce que je suis, il se trouve que j’ai un père qui lui-même en eut un autre dont vous ne me parlez point !       

– Ton père, Lucien Joseph, est le Fils du Lucien qui fut toi et qui lui-même était un frère de mon mari.  Ainsi tu es un cousin de Maria-Luce qui connaitra un destin surnaturel, bien plus important que le mien…

– Tu… Heu, vous voulez me faire croire que j’ai une cousine qui n'est pas encore née, puisque restée en vous...?   Et qui en plus… serait une fée ?

– Tu peux me tutoyer, car tu connaîtras toi aussi le monde divin, et cela se produira à l’instar de Maria-Luce. Lucien! Tu es plus qu’un simple humain!

– Bon OK, cette fois tu m’as mis K.O.…      

– À présent, suis-moi…

 



09/06/2017
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