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Avec le même plaisir!

– Tu peux entrer Charles-Henry, invita la déesse en remettant de l'ordre dans sa tenue.

 

La porte s'ouvrit sur un homme âgé, à l'allure bonhomme. Il était vêtu d'un habit vert, ressemblant à celui que portent sur la Terre, les membres de l'académie des Arts & lettres.

 

– Mais c'est...

– Le père de ce brave Henry actuellement en poste de majordome à Castel Anatha, précisait aussitôt Habygâ. Elle le fit afin que Néphysthéo ne se fourvoie à nouveau par le fait d'une forte ressemblance physique pour les deux hommes.

– J'allais encore me tromper, avoua tout de même l'ange-dieu de lumière.

– Bonjour mes seigneurs dieux, fit Charles-Henry. Puis il referma avec soin la porte derrière lui, et d'enchainer: voici que pour vous j'apporte une collation dans ce panier...

Alors ajoutant le geste à sa parole, Charles-Henry tendit à Néphysthéo un contenant en vannerie délicieusement rempli de victuailles.

– Un instant, je vous prie… C’est étrange, mais il me semble…?

– Je l’ai ressenti aussi, confirma Néphysthéo, il vient de se passer quelque chose d'indéfinissable… Mais c'est probablement de peu d'importance

– Vous avez raison, reconnut Charles-Henry…

Il avait tant souhaité de continuer éternellement à servir des anges dieu de lumière que cela s'était réalisé! Aussi, lorsqu'il emprunta à son tour le vortex de lumière qui conduit de Gaïa à Yäga, son esprit n'eut pas à attendre longtemps dans le pays des âmes d’à côté. Il avait rapidement obtenu un poste répondant à sa compétence. D'autant qu'il était vacant! Pour mener à bien sa tâche, il avait même obtenu d'un corps éternel qui était assez semblable en apparence, au dernier qu'il avait eu sur la terre. À ceci près qu'il avait non seulement bénéficié d'une cure de rajeunissement physiologique amplement méritée, eut égard à son choix. Et donc, vu que celle-ci équivalait à un demi-siècle de vie terrestre (environ le quart  de son dernier karma) il avait non seulement bénéficié de la vigueur correspondante, mais encore, il se trouvait à être beaucoup moins âgé que ne l'est son propre fils!

– Bah, ce n’est sans doute rien de particulier, pensa tout haut Charles-Henry pour se rassurer lui-même, Il arrive qu’un ou même plusieurs anges de lumière nous fassent l’honneur d’une brève visite sans même s'annoncer. Sachant probablement que la vôtre nous est autrement précieuse, alors ils ont dû s’éclipser pour ne pas troubler l'intimité de votre présence…

– Merci Charles-Henry, c’est heureux de te savoir en ce pays qui est à présent le tien, lui avait répondu l'ange dieu de lumière.

Puis, sans plus de façon, jugeant certainement qu'après tout, cet homme faisait partie de la famille d'Habygâ, il admit en lui-même qu’il méritait très certainement des égards très amicaux, d’où son tutoiement qui s’était fait spontanément. Néphysthéo s'était donc occupé à préparer le repas, tandis que la déesse invitait le majordome à s'asseoir à leur table, dans l'intention de bavarder un peu avec lui.

– Madame, je suis votre obligé et...

– Voyons Charles Henry, vous êtes comme il faut, l'ami de toujours. Ne serait-ce que par réponse à votre loyauté au cours de votre long et précieux service envers mon père. Oublions voulez-vous ici tout acte de protocole et faisons de la même manière que mes parents s'emploient à les assouplir sur la Terre.

– Madame, à vous entendre j'ai Plaisir à croire que mon fils qui les sert actuellement à ma place en est heureux, et peut-être autant que je le fus.

– Certes mon ami! J'affirme même que ce brave Henry éprouve grande joie et bonheur dans la réalisation de cette charge. Il ne voudrait en aucun cas l'abandonner à d'autres, sinon qu’à la déléguer très partiellement et en dirigeant avec égard, comme vous le faisiez.

– Alors, permettez que je sois fier de lui!

– Vous le pouvez! Ma mère, et ce depuis le premier jour où elle s'aventurait à Castel Anatha, a toujours trouvé en lui l'ami et le service qu'aucun autre que lui n'aurait su égaler. N'est-ce  pas mon chéri?

– Je garde moi-même en effet, l'image avenante de son accueil, lorsque je me suis présenté pour la première fois en invité à Castel: je revois ce bon Henry qui m'a ouvert la lourde porte de vieux chêne. En m'accueillant de façon forte aimable, il a fait ce qu'il fallait pour calmer mon angoisse. Croyez-moi: je lui en serai pour toujours redevable d’une amitié des plus sincères.

 

Disant cela, Néphysthéo apportait un plateau d'argent sur lequel il avait préparé trois couverts. Trois assiettes de fine porcelaine décorée qui contenaient une salade composée. Puis, sans rien de cérémonie, il commença à  les disposer sur la table.

 

– Monsieur, dit Charles Henry en se levant respectueusement de sa chaise, veuillez excuser ma négligence, car même ici, en l'absence de mes amis Elfes, c'est à moi qu'il appartient de faire ce travail.

– Voyons mon cher, en le faisant vous m'ôteriez ce plaisir.

– Eh bien, puisque c'est ainsi votre désir et que cela se voit... J'en conçois aisément pourquoi mon fils vous fit d'emblée si bon jugement, et vous pouvez croire en ce moment que cela me procure un très chaleureux sentiment !

– Je vous en prie aussi, en toute amitié, lui assurait cette fois Habygâ: votre choix de vie éternelle vous honore autant que nous qui en sommes conscients par le rayonnement exemplaire qui émane de votre aura. Cela m'ayant renseignée sur la bonne intention qui vous anime, ainsi que j'ai perçu votre joie à l'idée de nous trouver ici. Et ceci, avant même que vous soyez arrivé au bas de l'escalier meunier qui mena vos pas depuis le sol à la terrasse de cette maisonnette.

– Vous pouvez donc croire sans réserve que le fait de vous avoir à notre table est déjà porteur de plaisir pour nous, continuait Néphysthéo. Et puis, nous aurons à vous parler de quelque chose que nous a confié Estarie. Cette Fée de lumière, dont j'ai obtenu d'Habygâ qui en a le lien par le sang, l’alliance certes fort lointaine pour moi, mais qui pourtant du point de vue des descendances familiales généalogiques s'accepte pour être assimilable de vous à moi. Alors, puisque cela nous réunit doublement en ce moment qui est particulier, soyons-en heureux, et partageons cela en cette belle soirée qui commence par le fait très louable que nous allons dîner modestement ensemble, avec le même plaisir.

 



01/05/2017
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