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AUX CONFINS DU RÈÈL (Roman: Within The Confines Of The Real)


Within the confines of the real (Aux confins du réel) est un roman pseudo fantastique mêlant la vie réelle et rêvée d'un poète magnétiseur s'intèressant aussi à ce qui se qualifie de "paranormal" faute d'être clairement expliqué... pour le moment!

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Robert Henri D.

 

Within the confines of the real 

(Aux confins du réel)

Epoque I

Les dames de la forêt

 (1ère Partie)

Une étrange dame Bleue.

 

Édition 2016

  Ce livre est disponible "ici" en version papier

 

 

 

                                                                … et pour la part du rêve.

 

 

 

 

L’image intemporelle semblait s’être directement incarnée depuis la glaise. C'était comme si elle avait surgi de nulle part. Elle s'était probablement constituée à partir d'un gigantesque nuage de poussière-énergie cosmogonique. Laquelle se serait peu à peu imprégnée des eaux de sa propre matrice. Et puis, lorsque l'amalgame souhaité fut enfin obtenu, il a commencé à se propager. Et c'est ce qui explique qu'une infime partie de cela qui de longtemps errait dans l'univers avait fini par aboutir sur la Terre… à l'instar de notre planète et de son système solaire, c'est donc toute la galaxie et beaucoup d'autres qui avec elles étaient en péril. Et d'ailleurs la formation de nombreux trous-Noirs l’attestait: si rien n'était tenté au cours des siècles à venir, alors il serait à prévoir que l'ombre inquiétante d'une entité malveillante pourrait bien se révéler apte à dévorer la lumière…

 

Mais revenons à présent quelques années-lumière en arrière… En un temps où l'humain humaniste croyait encore en l'humain utopiste!

 

Et alors, si d'aventure celle-ci que je vous propose sait vous séduire, peut-être y verrez-vous le reflet de vous-même en Lucien? Cet obscur poète de "quatre sous". Ce brave type au tempérament  de plume plus ou moins bien trempé… Bon, il est à reconnaître que celui comme celle-là dont je parlerai aussi passeront pour être parfois semblables à des trublions râleurs quelque peu déjantés. L'on pourrait aussi prétendre que ces êtres qui croient encore à leur manière en des vertus depuis longtemps dépassées n'ont plus leur place au sein de notre société. Cela s'expliquant peut-être par le fait qu'ils aiment s'inventer des compagnonnages imaginaires. Lesquels seraient probablement jugés plus libertins que libertaires par d’autres qui s’y aveugleraient. Mais s'il s'avère que vous pouvez voir aussi bien qu'eux le doux scintillement virginal des "belles théories": celles-là mêmes qui se trouvent affichées, non pas en pleine page des revues ordinaires, mais secrètement calligraphiées sur la tranche méticuleusement dorée de chacun des feuillets qui composent, jour après jour, le grand livre de la vie cosmique… alors nos parangons de probité pourraient bien apparaître à vos yeux lecteurs de chapitres imprimés, pour être entièrement conscients que votre pleine conscience puisse s'y trouver dessinée entre d'autres lignes imaginées! Et c'est alors que vous conviendrez peut-être de ces êtres qu'ils sont généreusement méditatifs, puisque contemplatifs, extatiques en idéalistes périmés, rêvasseurs-rêveurs, et donc guère mieux que songe-creux!

 

De fait, ces gens-là seraient aussi nommables qu’en Québec : une ou un « Pelleteur de nuages » !

 

Et ce n’est pas peu de le dire ! Car c'est ainsi que selon l'essence naturelle de la présumée première féconde   – La Terre –   qu'ils se plaisent à nommer  – Gaïa –  quoique minuscules, d'aucunes et d'aucuns se débrouilleront tout de même pour réécrire comme suit, l’histoire des "Dix Mille Êtres" dont sont issues les "Dames de la Forêt"…

 

 

 

 


16/02/2016
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Within the confines of the real (suite 1)

Mais parlons d'autre chose…

 

Et donc de vous madame…

 

Oui vous: ô flamboyante poétesse! Qui lorsque de jour, l'on sait vous deviner marchant rêveuse et qu'il nous semble bien que votre regard scrutateur est plus joli que des diamants pers, et qu' alors, lorsqu'il se porte haut vers les cimes verdoyantes de votre forêt joyeusement animée, il n'est aucun doute que le ciel sait vous enivrer des éclats merveilleux qui filtrent entre les feuillus jusqu'à vous être généreusement offerts par le soleil, votre complice, à chaque fois que sa lumière joue à saute-nues, allant et bondissant jusque par-dessus les toits de tuiles vernissées d’un grand manoir que peu d'êtres à ce moment savent voir…

 

Il reste que lorsque vient la nuit tout devient différent. Et pourtant sous vos pieds mignons, il semble que la nature et la mousse se sont unies pour vous choyer plus encore qu'à l'habitude. Déroulant un tapis vert tissé de douce précaution. Mais saviez-vous la belle, que la clarté lunaire anime ainsi le corps des fées confidentes? Les devinez-vous cachées dans le sous-bois? À la vérité, vous ne sauriez ignorer qu’elles y voient briller comme vous-même, au bout du tunnel, un espace sans ride… Une étendue aquatique. Un lac au calme si étrange et sombre, que cela pourrait bien se révéler aussi troublant que vous… En entité vivante! Car garante! Et même, sans que vous le sachiez, protectrice de ce lieu qui se peut croire invisible à d'autres que vous...

Et puis, sauriez-vous dire encore, pourquoi vos pas si précieux de mouvements dans ces lieux de paradoxes, vous conduisent obstinément en cet endroit?

Non…, vous l’ignorez…? Cependant, s'il se fait que vous êtes ici, il se pourrait que peut-être alors ce soit votre esprit, ou bien encore, celui d'un autre, aussi bienveillant qu’un ange, qui vous y conduise…

 

 


19/02/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 2 )

Hélas ma Dame! Ce lac vers lequel vous allez est d’autant plus mythique qu’il ne se révèle qu'à ces rares moments où l’imagination est décuplée par l’éclat diffus de la lumière solaire que nous renvoie la lune. Cependant qu’une face entière de Gaïa se trouve empêtrée dans une ombre qui lui est propre. Et même…, si cette fois encore, l'étrange barcasse au ventre plat est venue seule, agissant comme le ferait une avenante caravelle sans capitaine, sans mats ni voilure, glissant délicatement tel un signe blanc qui aurait été posé là sur l’eau noire par un elfe malicieux, mais n’allant cependant vers vous que pour s’arrêter juste à vos pieds… Vous craignez cependant ma jolie d'embarquer pour l'autre bord du miroir liquéfié. Alors, se fondant en l’esprit, l’image s’impose en possible naufrage. Et voici qu'à nouveau votre rêve d'amour s'étiole. Ces tendres écrits que vous rédigiez encore tout à l'heure sont autant de feuilles pareilles à d'autres, qui meurent à la fin de l'été. Ne sachant trouver l'ascendant du bonheur qu'ils cherchent à émouvoir, les voici tombant de vos mains. Lesquelles se sont inconsciemment ouvertes. Peut-être en raison d'un dépit qui vous assaille. Cela produisant derrière vous un jalonnant semis de papier qui atteste cependant de votre chemin d'amour.

 

Par monotonie, nos espoirs se meurent parfois. Ils sont comme la parure des grands végétaux à l'automne, lorsqu’elle s'effeuille engourdie. Ce sont autant d'entités mordorées attirantes de sentiment pastoral, mais elles n'en finissent pas moins autrement que foulées au pied... Cependant, Éole il me semble,  ne vous confia-t-il Madame, un autre soir d'été, que quelques lucioles amies seraient toutes prêtes à collaborer pour colporter plus brillamment encore, vos déjà bien lumineux mots!?...

Mais lorsqu’une angoisse engendrée par un poids qui s'en balance, s'arque-boute par force cliquetée, ajoutée spiralée par l'interminable apnée qui se vit fort mal aiguillée… Il peut sembler que tout cœur qui bat comme tambourinaire horloger, ne soit alors rien d'autre en devenir, qu’une pauvre proie de chair palpitante. Une pauvre chose. Certes vitale. Mais offerte. Comme posée, dans le creux de la main d'un destin chagrin qui la broie à dessein.

 

Pourtant ce soir, la blanche barque traversière enchantée semble vous inviter plus qu'hier à son bord. D’ailleurs, il est juste de penser que si elle vient seule comme obstinément jusqu'à vos pieds, et sachant qu'elle agit pareillement à chaque fois que vous venez, c'est qu'elle est forcément consentante… Alors enfin, voici que vous en convenez et  que vous-vous êtes décidée… et qu'à peine vous êtes-vous installée sur la banquette de bois capitonné de cuir rouge en son milieu, l’eau noire, cette autre nature se montrant étrangement conciliante envers vous, a doucement porté sans encombre l’esquif et sa passagère… l'ors vous voici même étonnée d’atteindre déjà la rive opposée !

 

Sitôt que vous fûtes cette fois montée sur le plancher approbateur de l'autre embarcadère bien arrimé : vous avez emprunté le court sentier. Il a mené sans encombre vos pas cette fois mus comme par une mécanique résolue. Et c'est ainsi qu'à à présent vous vous dirigez vers la lumière… arrivée au bas d'un perron, un escalier vous propose d'accéder à l'entrée d'une grande bâtisse.  Mais c’est à ce moment précis qu’il vous semble soudain que vous avez changé de monde… C'est un peu comme d’avoir franchi une limite intemporelle. Depuis que vous êtes arrivée jusqu'ici, il en résulte que l’instant, à la fois redouté et désiré, vous apparaît maintenant comme la métaphore d'un destin particulier… Sans le savoir, vous venez de pénétrer le croquis qu'un dieu artiste vient tout juste de crayonner à la hâte. Vous voici au cœur même d'une situation imagée plus qu'imaginée. Et puis peut-être que le divin dessinateur vous montre ainsi à un autre qui lui est supérieur, afin qu'il bénisse et autorise la situation engendrée par votre témérité. Mais tout cela pourrait n'être que le fruit de votre imagination. L'image pourrait n'être née qu'en raison d'une trop brûlante passion? Pourtant, loin de ce décorum, vous regardez craintive, l'esquisse d'une menuiserie dressée comme une barricade obstinée. Et de nouveau la réussite de l'épreuve vous semble remise en question par cet obstacle infranchissable. Cela s’affichant démesuré. Tout là-haut! Cette porte vous semble gigantesque. Et probablement verrouillée! Certainement bien scellée dans son espace emmuré…

 

 

Allez ma Dame! Vous êtes superbe de courage! Oubliez tous ces froissements inquiétants. Ils ne sont que le fait de ces petits êtres invisibles vous épiant gentiment, comme autant le feraient quelques farfadets certes chahuteurs… mais dites-vous pour vous rassurer que ce pourrait être aussi bien l'espiègle rejeton d’Aquilon. Vous pensez qu'il s’amuse de vous voir si intimidée? Mais toutes ces feintes ne sont que le fruit fortuit de quelques feuilles défuntes, tombant naturellement des arbres, jusqu’atteindre les fourrés pour y dormir à jamais… Et puis vous ne sauriez maintenant reculer. Alors, montez donc à présent cet escalier bancal. Faites cela avant que tout ne s’arrête de l'équilibre bienveillant! Bien au contraire qu'il vous semble devenir pire: même si le silence se fait entendre, ce pourrait bien être par complicité. Un peu comme si le temps lui-même serait soudain suspendu. Comme l'est à présent votre souffle. Hésitant comme vous; entre angoisse et jubilation… se percevant à tel point que l’on n’imagine alors plus rien que la présence du néant… un néant empreint de noire solitude. Qui hurlerait par inculture succube. Perdu dans l'absolu nocturne. Victime de sa propre hébétude. Quand bien, il ne serait troublé que par le bruit assourdissant que produit dans vos veines, les pulsions sanguines de votre cœur désordonné, à présent dominé par le rythme ascendant d’un émoi amplement justifié…

 


29/02/2016
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Within the confines of the réal ( Suite3 )

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1

 

Naissance

 

   A cours de cette nuit d'août 1943, la lune éblouissait piteusement les trottoirs cadavériques de la vieille cité française qui avait vu naître et enterrer le poète Arthur Rimbaud. Prélude mortifère pour des gens persécutés dont l’avenir s’annonçait aussi invivable que la veille, et Bien qu'il se préparât visiblement à expulser vers l'ouest des limbes assassines que tentait encore d'asphyxier la moiteur environnante, hélios semblait en mal d’inspiration. Mais comme à chaque fois, sitôt l’ombre gommée, il allait pourtant darder d’autres lances, en direction des pires stigmates que la guerre mondiale infligeait à la face affligée d’une planète sauvagement endeuillée.

Ici et là : témoignant des restes naïfs d'une civilisation exsangue. Quelques vivants égarés, y croyant moins qu’ils ne s’accrochaient encore  – malgré l'horreur bien trop visible de partout –  mais s'attachant à sauver l’idée d’un improbable dieu d’amour allaient bientôt se lever, se laver et se vêtir. Il leur convenait d’honorer comme il se doit ce jour-là. Même s'il s'avérera bientôt fatidique pour quelques-uns d'entre eux. Alors ils avaient pris sur eux de perpétrer comme on peut le culte anniversaire de leur conviction nationale religieuse. Laquelle se montrant pourtant de moins en moins salvatrice.

 

« C’est l’anniversaire de l'assomption de Marie » avait proclamé Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli, élu pape le 2 mars 1939 sous le nom de Pie XII...

 

Et cela se fit... Malgré toute cette haine matériellement visible, et mondialement colportée par le comportement diabolisé de beaucoup des peuples d'humains de la terre.

 

Alors même que Satan parvenait à en vivre viscéralement !

 

L’ange ténébreux existait à la fois par eux et parmi eux. Puisque comme eux : il était lui aussi maculé de tout ce sang noir que l’on chaulait comme se blanchira, dix-huit ans plus tard à Berlin le mur de la honte, ou encore celui de Gaza, en deux-mille-huit.

Mais rien pour autant ne saurait véritablement s'oublier.

Et puisqu’on ne savait plus de toute façon où enfouir la haine, sinon qu'en prenant le risque d’exacerber l’esprit d’autres démons encore plus innommables que leur leader… Puisque le sol s’était à son tour vampirisé… L'on avait finalement accepté de tout laisser se fondre dans la cendre. Avec les gravats d’une éternité rendue poisseuse du sel de ses propres torrents de larmes horrifiés.

 

*

  Si ceux qui sont arrivés par l’espace se doivent de repartir par l’espace. En revanche, ceux issus du globe retourneront au globe. C'est ainsi qu'ils entreverront plusieurs fois la lumière des premiers, et même leurs cités…

 

   En se mêlant peu à peu à des haillons épars, les restes déchirés de quelques nues lourdes de conséquences, se montraient hésitants à se laisser tirailler encore. Au sein d'elles, des rais projecteurs s’insinuaient telles des langues de vipères qui renifleraient le ciel depuis la terre. Elles s'ingéniaient à le fouiller comme s'il s'agissait d'une gueule entrouverte. Allant jusqu’à démontrer au-delà de ça et de là, que cette monstruosité monumentale émanait bien d’hommes plus que jamais prédateurs d’eux-mêmes.

En bons techniciens porte-flingues, certains opérateurs allaient même jusqu'à éclairer de morbide, les visages exsangues que laissaient encore voir des millions de gisants. Lesquels étaient tombés au champ d’impudeur, pour servir les ambitions de quelques fous furieux commandeurs.

Il ne se faisait plus de doutes que ces pauvres spectres frères, avaient été conçus de chair à canon. Désormais en décomposition, ce n'était plus que cadavres, tristement allongés dans la fange, pareils à autant de « Dormeurs du Val » tel des impuissances occultes, semées parmi ces « glaïeuls pourpres » que constituaient leurs propres restes déchiquetés et sordides.

Pourtant, si l'astre d'argent y participait à sa manière par le renvoi-miroir d’ondes lumineuses qui finalement se révélaient néfastes. C'était pour mieux informer le ciel des rejets excrémentiels qui semblaient directement issus du ventre-pourri de notre planète tellurique. La renvoyant à ses légions de satanés humains disséminés par le reflux nocturne d'un vomissement plasmique. Celui diffus de Séléné, et que lui procurait une étoile qui au demeurant en avait vu d’autres. C'est ainsi que la vie tentait d'éclore encore. Vautrée dans un sol aussi cratérisé et poussiéreux que celui de l'astre qui ne maquillait plus rien. Ne réussissant guère, à l’aide de ce peu d'énergie à la fois indiscrète et vaguement complice, qu'à ranimer la flamme humaine de quelques errants résistants. Pauvres hères, censés représenter ce qu’il restait des êtres pensants. Survivants improbables, car confondus qu’ils étaient avec l'ombre qui se terrait comme eux dans les profondeurs occultes de Gaïa.

 

¤


04/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 4 )

Forme faible et dérisoire, recroquevillée entre les mains gantées latex d’une sage-femme fatiguée, un petit être au teint bleu, lui aussi souillé de sang, venait de paraître. Pauvre corps inanimé, dont le mutisme ne promettait guère.

 

Au dehors du bâtiment administratif, un peu de l'atmosphère faussement complice du génocide généralisé s’était mis à valdinguer dans la turbine égosillée d'une sirène angoissée. Tandis que par le Sud-Est s'accentuait inexorable, le son d'un vrombissement assassin qui s'amplifiait déjà.

Presque entièrement conçu à partir de métaux meurtriers, l'essaim monstrueux naviguait au jugé. Parcourant un ciel qui serait bientôt chirurgicalement dépecé par les faisceaux lumineux d'indécents cyclopes. Projecteurs insidieux, sournoisement accouplés à des gueules d'acier toutes prêtes à cracher les obus meurtriers de la défense contre aérienne...

 

Derrière les fenêtres aveuglées, chacun retenait son souffle. L'on se comportait comme si l'on voulait à la fois singer le nouveau-né à présent exsangue en appelant comme lui au silence. Histoire de se protéger, par dérision, d'un ennemi qui vous cherche…

On pouvait encore percevoir à ce moment pré apocalyptique, le bourdonnement maladroit d'une mouche à viande. Elle s’était lamentablement fourvoyée derrière l'occultation de toile noire de la baie vitrée. Cependant que les bords mal ajustés laissaient tout de même filtrer, épisodiquement, l'éclaboussure mortelle des lumières artificielles de visée qui œuvraient déjà en direction du ciel.

Étranger à tout cela, l'insecte au corps infect continuait de se ruiner les ailes sur les vitres désobligeantes de la grande fenêtre. Elle avait été entièrement grillagée de l’extérieur. Par précaution.

Le petit être à la peau fripée s'était-il trop obstiné à vouloir rester dans son monde aquatique? Celui chaud et protecteur du ventre d'où il venait… Il refusait d'instinct qu’on le sépare du placenta nourricier de la mère. Croyant surseoir peut-être ainsi à la colère d'un horizon de plus en plus déchiré par la mouvance zébrée des nombreux pinceaux blancs de la DCA. Lesquels projetant une énergie élancée qu'Il était aisé de juger plus inquisitrice et froide qu'un rasoir sidéral disséquant la peau fanée d'un soleil mourant. Près de la table d'accouchement, la triste clarté d'une lampe à carbure, visiblement éméchée, avait trop modestement remplacé la lumière de la lampe à iode. On l'avait promptement éteinte pour la circonstance.  C'est alors que chacun ici semblait vaciller dans son ombre gênée. Tandis que ce qui restait d'un ciel de nuit cruellement lacéré dans ses haillons déchiquetés se mit subitement à vomir de l'acier. Confirmant l’absurdité humaine, puis se concrétisant au sol par un ouragan de feu. Son souffle dévastateur entreprenant de véhiculer partout de la poussière étouffante autant qu'à projeter en tous sens les gravats des maisons éventrées...

 

Dans le local encore debout, étonnamment intact, l'urgence d'un choix stratégique devenait incontournable. Il convenait certainement de quitter au plus vite la salle d'accouchement, lieu devenu précaire, afin de rejoindre un abri plus sûr. Alors une main impatiente gifla les fesses du petit corps inerte et le visage bleu s’anima enfin. Ouvrant une bouche capable d’engloutir la lune… Le bébé aspirait du même coup un peu de l’air moite environnant… Mais la douleur consécutive à cette bouffée, pourtant insuffisante d’oxygène, fut ressentie par l'enfant de manière si atroce que ses pauvres poumons, alors qu’ils avaient enfin consenti à se déployer,  se contractèrent aussitôt sous l'effet inévitable d’une abominable sensation de brulure. Une douleur pareille à une déchirure interne. Absolument insupportable.

Naturellement, le nouveau-né se mit à hurler… Tout en prenant radicalement l'aspect rubicond de la vie dans la colère.

 

De l’autre côté des murs abasourdis se rappelaient néanmoins les instruments démoniaques de l'apocalypse venue des hommes. Les bombes incendiaires déclenchaient leur feu grégeois. Puis ce fut le jaillissement trop proche pour ne pas être révélateur, d'une lumière aveuglante. Elle fut immédiatement suivie du souffle qu’accompagnait le vacarme d’une violente explosion. Et l’on vit se lézarder les murs en même temps que se crevait en partie le plafond du dispensaire. Il commença de s'effondrer par plaques entières dont une pulvérisa l'armoire de verre renfermant les accessoires opératoires stériles, en même temps que  les vitres brisées de la grande fenêtre s'éparpillaient à l’intérieur en des dizaines d'esquilles, aussi coupantes que des bistouris :

 

– Ça n’est pas tombé loin ! fit une voix aiguisée par la peur...

 

Cette inutile précision de la Sage-Femme était assortie d'un sinistre augure qu'elle ignorait: un éclat de l'énorme bombe américaine, tombant sur Charleville-Mézières à côté de sa cible, venait littéralement de décapiter la marraine désignée de Lucien. Celle-ci, qui avait pris la décision fatale de traverser sa cour, dans le but de rejoindre l'abri le plus proche, s’était précipitée d'un pas inéluctable à la rencontre d'une mort violente qui l’attendait sur le pavé.

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07/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 5 )

C'est à force de forger que l'on devient forgeron, vous diront peut-être quelques-uns. Mais il me semble que beaucoup cherchent encore les bons outils pour étayer cette théorie. Sans doute sommes-nous des êtres attachés à des citations et autres dictons? Mais il peut sembler que c'est bien mieux à se poser d’autres questions que nos ancêtres les plus lointains ont compris que peut-être: quelque chose d'abstrait et de fort ferait vivre la matière, et cela au point de créer l'humanité, et qui s'appliquerait à lui donner de son intelligence, jusqu'aboutir à la sagesse consciente...

 

 

Première Convergence?...*

 

Au commencement absolu, l'invisible…

Aucun nom, aucune chose de sensible…

Lorsque se dévoila le vide sans norme :

Le rideau s'ouvrit sur l’entité sans forme.

 

Puis elle a bu à la source de l’univers,

Quand l'incréé nous a extirpés du néant,

Pour naitre de Gaïa, quand l'astre exubérant :

Préparait un monde au destin embryonnaire…

 

L’indiscernable est né d’indicible lumière :

Béni soit celui qui crée un Ciel sur la Terre !

Divinité : viens-tu du val de Lao Tseu?

Pour la vie, le yin, le yang, l’eau dans le feu?

 

 

*(Toute la poésie figurant dans ce roman est écrite par le même auteur)

 

 

 

Les messagers des dieux sont-ils nés des corps célestes? Sommes-nous les enfants de leur éternité ? Ensemençons-nous pour eux l’univers? En vérité, si toute fin nous fait présumer un recommencement, c’est que ce recommencement est utile à la fin…

 … Et c'est ainsi qu'émergeant à son tour, mais quatre-vingt-neuf ans plus tard que le turbulent Arthur Rimbaud, Lucien était né sous les bombes, à deux pas de l'ex-rue Thiers de Charleville-Mézières…

 

Sans prétention, il ne s'exclut pas aujourd’hui que l'âme humaine peut se concevoir sous la forme d’une énergie intelligente. Laquelle serait pour son infime partie, représentative de "l'essence divine". Réalisation qui se concrétise donc, selon Lucien, par des atomes qui seraient assemblés dans l'informe d'une essence fluctuante. Cela serait donc constitué de molécules neutres en ions éthérés, et se nourrirait par l'aura. S'admettant alors, que ce prolongement spirituel de l'être vivant (à moins que ce ne fut l'inverse !), serait comme "Lui" et par "Cela", doué de communication cérébrale. Toujours selon notre – Pelleteur de Nuages – "Cela" serait donc capable de transmission télépathique avec notamment : ce qui produit la conscience. Ceci pouvant s'obtenir par le fonctionnement mental de tout cerveau qui est suffisamment évolué. Pour notre poète, l'âme serait donc, en quelque sorte, un succédané directement obtenu de la lumière spirituelle. Ainsi l'entité qui se trouve en chacun de nous serait issue d'un esprit universel très hautement intelligent. S’admettant qu’ainsi pensé, l'être humain qui en serait muni, aurait à la manière d’un modeste serviteur issu des astres et de la terre, mission d'agir pour le compte de la déité supérieure, et disposerait pour cela de plusieurs karmas.

 

«Il semble en vérité que la science d'aujourd'hui, remontant d'un trait à des millions de siècles passés, ait réussi à se faire le témoin de ce Fiat lux initial, de cet instant où surgit du néant avec la matière, un océan de lumière et de radiations, tandis que les particules des éléments chimiques se séparaient et s'assemblaient en millions de galaxies... Ainsi, la création a eu lieu dans le temps : donc il y a un Créateur, donc Dieu existe !»

Signé Pie XII

 

 

   Dans un proche avenir, il adviendra peut-être que les créations de l’homme s’acharneront à détruire l’homme. Après quoi les messagers des dieux noirs surgiront de partout dans notre galaxie. Ils obscurciront le ciel de notre planète par leur amas avant de se poser sur les sommets. Alors s’ouvriront leurs ventres de feu. Et puis nous verrons sortir des chrysalides géantes. Elles se métamorphoseront en papillons de malheur, et tout sera consommé car consumé.

 

Il existe un lien d’origine cellulaire entre la faune et la flore, et donc conséquemment, il en est aussi quelques autres des êtres vivants qui interagissent comme supplétifs, non seulement par l’humain et les plantes, mais aussi avec, ou par la matière qui pourtant nous semble inerte… Et n’oublions pas davantage en cette occasion que l'organisation de nos cellules résulte de l’intrusion dans leur noyau d’une mystérieuse bactérie. Laquelle est probablement à l’origine de notre accès à la vie incarnée : en tant qu'être complexe issu de la faune…


08/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 6 )

– Pour le prophète, ceci explique toujours cela… Émit Lucien de vive voix, comme pour étayer sa pensée muette.

– À condition toutefois de n’être pas plus cartésien que Descartes lui-même… Laissa entendre une voix féminine.

 

Cela semblait provenir d’entre des roseaux situés derrière lui…

 

Et la voix d’enchaîner :

– Toute excuse providentielle permet aussi de croire par-devers nous aux vertus du magnétisme dit en son temps "animal" par un certain Mesmer… D’ailleurs s'il est vrai que tout poète un tant soit peu naturaliste parvient à communier d’âme à âme pour "simple" appareil naturiste avec la flore… Alors, pourquoi ne le ferais-je pas moi-même avec toi… Et que penses-tu de ce qui s'obtient par électromagnétisme !  ?

– Que… qui donc me parle? Interrogea soudain l’adolescent surpris !

– Vous vivez une époque formidable, poursuivit l’être invisible. Aujourd’hui la science et la connaissance humaines n'ont jamais été aussi fortes... Alors il arrive que des convictions basées sur des textes anciens se révèlent à présent peu crédibles, par le fait remarquable, qu'elles ont trop souvent en proche, un peu de cette approximation basique qui fut le moteur atermoyant de certaines croyances déjà discutables en leur temps… Sachant d’elles-mêmes, qu’elles furent édifiées à partir de présomptions un peu trop hâtives ou providentielles, bien que notablement mythiques… Et puis c'est peut-être, entre autres, pour des raisons moins philosophiques que manipulatrices de crédulité populaire que cela se produit. Ou encore, par carence de discernement dans ce foisonnement de données qui vous parvient aujourd’hui plus sérieusement…

– Ne pourriez-vous simplifier ?

L’évolution constante des technologies physiques, et autres observations astronomiques est époustouflante se prit à penser Lucien. Ainsi, l'on peut s'apercevoir que paradoxalement certaines des pratiques ancestrales dominatrices, ainsi que de nombreuses crédibilités sacrées qui sont restées basées en puissance, sur l’opportunité de l’inculture d’une époque révolue, en prennent à présent un "sacré coup". Mais pourtant, toute intuition contraire à un ordre établi peut encore s'admettre: dès l'instant que le rationalisme des historiens archéologues restera impuissant à expliquer l'inexpliqué !


12/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 7 )

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2

 

Les migrateurs célestes…

 

 

Nous ne savons plus les voir… pourtant ils nourrissent encore aujourd’hui nos espoirs de chaleureuses promesses, autant que des milliers d’années avant: quand la grande arche protégea nos ancêtres de l’exode…

 

 

   Par certains soirs de tendresse aoutienne, quand s'ouvre grand le manteau des nues d’été au point de les croire surnaturelles: le couchant cuivré se plait à érotiser des ciels violets. Il les rend alors plus profonds et ingénus que l’éclat stoïque et froid des plasmas galactiques. Et c'est aussi par-delà les hauteurs atmosphériques qu'ils émaillent nos nuits des mille facettes. Lesquelles, probablement? ont été soigneusement ciselées par un Grand-Artiste diamantaire?

 

Alors, si d'aventure l'osmose qui s'obtient de ce culte du naturel et de l’adoration naturiste influe sur la candeur de votre sentiment d’esprit, au point qu’ostensiblement vous levez des yeux éblouis par la beauté claire de l’astre d’argent, vous le comparerez ingénument peut-être à un immense réverbère qui s'inviterait dans les cintres d'un infini théâtre. Lieu de comédie où se produiraient des dieux de lumière à l’esprit particulièrement bien éclairé. Et si durant ce gala d'exception, jointe à l'amour approfondi du monde spirituel,  la chance vous sourit aussi… Alors pour peu qu’au moment le plus opportun vous soyez suffisamment perspicace à bien lorgner les galantes mais fugaces étoiles éphémères: vous pourriez peut-être apercevoir la blanche Ezaïhelle voyageant dans ce ciel…

 

Bien plus jolie que filante étoile, cette fille Fée de Pégase et de Zanaïhelle, fait là-haut joyeuse sa galopade intemporelle. Martelant de ses sabots magiques de nombreux sentiers-vortex. Ceux-là mêmes qui furent probablement tracés dans le firmament, par le génie permanent d'Anges-dieux méticuleux... Entité Perle-sauvage, disposée précieuse, mais véloce car vivant au sein d’une force motrice comparable à de lumière énergisée, Ezaïhelle emporte sur elle en beau chevalier de lune.

Un ange-dieu comme ceux auxquels sourient les enfants qui sommeillent en nous, et celui-là aime à voyager vêtu d'un somptueux manteau couleur de neige éternelle.

 

*


13/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 8 )

Et voici que Gabryel se déplace ainsi dans l’immensité d’un espace cosmique dépourvu de durée. Il est l'un de ces êtres supérieurs, issus d'un lieu étrange dont on ignore le commencement et la fin. Un monde qui fut intimement créé dans un endroit caché de la galaxie et méconnu des humains.  Et si rien ne saurait empêcher un Pelleteur de Nuages de croire qu'il existe ainsi des zones divines parallèles à celles terrestres, et où gravitent des mondes secrets, c'est que peut-être ce sont des endroits à l'envers d'où viendraient des êtres, qui comme Gabryel, sont à la fois connus et volontairement ignorés des gens de la terre. Des êtres merveilleux aux allures d’anges. Ayant la lumière pour énergie particulaire.

Toujours selon Lucien: ces créatures hors du commun peuvent tirer parti de plusieurs corps très complexes disposés l'un dans l'autre. Certains seraient faits pour ample partie d'étranges molécules de matière noire invisible, alors que d’autres tireront leur puissance de molécules de lumière-matière. Tous s'imaginant perpétuellement traversés par des positrons à haute énergie. Lesquels, avec leurs contraires électrons, participent en continu à des collisions internes parfaitement régulées. Ceci faisant admettre que ces êtres disposeraient alors à leur guise des photons gamma, mais sans que rien ne vienne s’annihiler comme cela se passe pourtant dans le vide stellaire.

 

Pour simplifier, l'on peut dire que Gabryel est donc fait de matière fissible.

 

Mais il est aussi pourvu d'autres constituants vivants éternels. Des molécules qui lui ont assuré cet aspect charnel immuable qui lui fut donné lorsqu'il a atteint sa pleine maturité.

 

Capables de certaines dématérialisations quand celles-ci s'avèrent parfois indispensables, ces êtres de lumière peuvent voyager de l’abstrait au concret. Et donc inversement aussi. Sans pour autant se dissoudre totalement dans l'éther.

 

C’est donc là, le corps divin d’une conception capable de certaines transmutations lorsqu’elles sont utiles à leurs actions, voire parfois, obligées pour leur préservation.

 

*

   Concept déictique d’un déisme qui s’y conçoit, forts que nous sommes d'avoir accepté de bonne foi ce que Lucien nous a jusqu'à présent proposé de croire, nous pouvons apprendre aussi que la prime existence d’Ange-dieu de Gabryel a connu pour cadre une région sacrée, et que c'est bien là que s'obtint l'accomplissement qui fut utile à son aboutissement. Il s'agit en fait d'une exo planète qui gravite dans un monde galactique maintenu secret par un écran-support essentiellement constitué de matière noire. L'on peut donc la considérer pour être à la fois abstraite, mais présente. Bien que naturellement invisible par les seuls instruments et autres technologies des scientifiques de la Terre.

Ainsi, depuis toujours, le réalisme de ce lieu sacré ne fut guère jamais supposé que par quelques visionnaires humains sur lesquels, du reste, s’appuient peut être encore certaines religions. Même si pour d'aucuns ce ne sont guère que croyances issues de voyances discutables… s'admettant qu'il en reste pourtant qui furent accréditées en actes et paroles par certains peuples qui les vécurent. Alors, à les en croire, on peut admettre qu'un autre monde matériel vibre bien là-haut dans "notre" ciel. Ne serait-ce que par le fait des champs magnétiques qui s'en perçoivent.

 

¤

…C’est donc un monde idéal. Une sorte d’Éden. Dont beaucoup d’écrivains inspirés nous ont déjà  parlé. Alors que leurs suivants nous le raconteront encore d’une autre manière... À moins que peut-être il n'existe que par la grâce d'une projection mentale diffuse: une pensée intuitive, sensible à l'émission électrique projetée par le biais d’une réfraction qui serait aboutie par hasard, sur l'écran de la conscience approfondie d’un auteur éclectique...

 

En l'occurrence, Lucien la décrit ainsi :

 

– Laissant dans son sillage une nuée d'étoiles éphémères à l'aspect bleuté: un corps gracieux évolue à peine vêtu d’un précieux halo nébuleux… Un voile entièrement constitué de gaz et de particules, plus léger d’apparence que le plus troublant tissage de soie fine qu'il soit possible d'imaginer. C’est donc sous cette transparence céleste que, subtilement rougeâtre, s’aperçoit une rondeur.

D'aucuns qui comme Lucien chercheraient en elle la douceur d'une muse y verrait sinon son entier, tout de même peut-être, quelque chose d'aussi tendrement ému que la joue d'une jolie blonde que l’on vient d’embrasser…

 

Mais c'est bien là autre chose, et qui est à l’image de ce qui produisit l'osier divin d'un berceau galactique !

 

Cela qui est habitable est comparable à notre planète. Et donc existe comme elle, dans le même "appendice tentaculaire" d'une «Grande Spirale» que les premiers savants astronomes ont nommée « La Voie lactée ».

Cette partie d’un ensemble planétaire divinisé gravite autour d'une étoile presque semblable à la nôtre. Ce soleil, Lucien l’a baptisé Phoebo-Sancti, mais il ignore sans aucun doute que les Anges-dieu (qui le connaissent forcément mieux que lui) le nomment Gzénon.

Alentour, trois autres concrétions de matière s’y trouvent protégées de « très haut ». Ce sont trois planètes de conception tellurique. Et elles y voyagent harmonieusement. L’une d'elles est Yäga. C'est la sœur jumelle de Gaïa...

 

Oh, bien sûr, les deux autres ne sont en rien des géantes de la taille de Jupiter, cette puissante agrégation gazeuse protectrice de Gaïa, et qui hésita à devenir une étoile avant d’être à son tour divinisée. Non, ce sont plutôt de modestes "cousines" de Neptune. Quoique tout de même assez massives…

 

Mais revenons plutôt à celle définie tout à l’heure pour représenter le berceau des anges-dieu de lumière et qui, bien qu’étant la plus petite de tout le système de Gzénon, possède néanmoins un noyau ferrique suffisant à produire un champ magnétique protecteur de vie. Ainsi que toute condition qui est propice. Telles celles comparables à ce qui se présume dans d’autres lieux réputés habitables de notre galaxie.

 

Hydro: c'est son mon, fait le tour de son étoile dans le sillage de Yäga. Tandis qu'une troisième planète joue à les éclipser tour à tour…

 

Pourtant, nos « jumelées » ayant un déplacement orbital comparable en durée et en distance à celui de la Terre, elles ne sont jamais affectées par la troisième un peu follette. Ainsi, contre toute logique physicienne, celle-là semble soumise à d'autres lois, probablement divines, ou peut-être paranormales, puisque s'avérant d’avantage répondre de l'inexpliqué, plutôt qu'à se soumettre à des forces d'attraction généralement mieux admises des physiciens de la terre.

 

Pour en terminer de cette approche au sujet de la planète Hydro, étrange suivante de Yäga, je vous confierai aussi qu'elle est entièrement recouverte d’une mer d'eau de couleur rosâtre… Laquelle s'aurait pu définir comme sereine… Si ce n’était la formation régulière d'une sorte de marée faisant s’incurver un endroit précis de sa surface par isochronisme.

Lorsqu'il se produit, ce tourbillon maelström,  dévoile la présence cachée d’un immense dôme de cristal vivant.

L'objet est assez comparable au dos bombé que montrerait une gigantesque méduse. Sa taille est suffisante pour couvrir l'espace d'un vaste pays sous-marin. L’on pourrait cependant penser qu’aucun être complexe qui serait constitué à notre image n'y saurait exister sans que cela nous soit connu. Et d'ailleurs, contrairement à la Terre, aucune île, aucun continent n'émergent d'aucune part de cette étonnante planète aquatique. Du moins en dehors de l’accomplissement régulier de ce phénomène inconnu...

Cependant, c'est bien ici, au sein de la planète Hydro que se produit «l'aboutissement» des Anges-dieux d'apparence humaine, tous serviteurs de la lumière.

 

Pour Lucien, ces Êtres supérieurs sont utiles au maintien de l'équilibre, tant matériel que spirituel de l'univers. Leur émergence est difficile à connaitre. Lucien affirme qu'ils seraient le fruit d'une rencontre intelligente de la matière noire avec de l'antimatière générée par l’esprit concepteur-géniteur… (Cela nous ramenant, mais cette fois de manière scientifique et parapsychologique, à la pensée philosophique du poète).

Note de l'auteur :

 

Puisque nous connaissons l'électron et le positon, et du fait que la matière dite « ordinaire » peut exister par bien d’autres formes que celles connues ou suspectées (telle la matière noire), il faut admettre aussi l'antimatière et les antiprotons, reconnaissables notamment parmi les particules du rayonnement cosmique. Ainsi, sachant que quand une particule de matière ordinaire non "intelligente"  rencontre sa "cousine"  d'antimatière pas plus « réfléchie » qu’elle : toutes deux disparaissent dans un flash de lumière. Or, si l'univers fut "créé"  symétrique au niveau de ces particules élémentaires, il n'en est plus de même à l'heure actuelle, car cette valeur initiale semble avoir disparu... D'où la nécessité et la volonté d’une intervention divine pour aider à conjuguer cela avec « esprit » et « intelligence ».

 

À moins que... puisque l'inexpliqué n'est pas forcément irrationnel, pourquoi ne pas imaginer que ce qui disparait en ne laissant que peu du côté lumineux de l'univers, reparaitrait ailleurs, ou plus précisément du "côté sombre"? Lequel serait situé à l’inverse de ce même univers que nous connaissons, et en tirerait bon usage là où tout ne serait pas éclairé de la même façon que de notre côté, mais existerait néanmoins. Bien que n'étant pas directement visible par l'œil humain, sinon peut-être qu’en infra vision.


15/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 9 )

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3

 

Méditation

 

Ce qui est vu grand est suprême d’alternance:

Les contraires s'accordant en leur influence.

Ceux-là font comme autant dans le ciel et sous terre :

Le chaud et froid, jour ou nuit, été hiver …

Vision de l’homme, est principe en sa conduite :

De prophète en loi foi, nait doctrine susdite.

D’idéal confucianiste héréditaire,

Jouant encor le rôle d’intermédiaire,

Se voient au livre sacré des mutations,

Métaphoriques en leur formulation :

Des lignes ointes et de savants diagrammes

Que le sage voit superposés en trigrammes.

 

L’être né de formation dans l’univers,

Subsiste à la dissolution de l’éther;

Si celui-là vit sans dépérir, ni vieillir :

Il est solide et convergera sans faillir !

Force d'amour, brave rudesse malhabile,

D’union qui par la femme s’offre fragile...

Si la vision montre par une autre image,

Hors de l’ordre naturel, c'est une autre page !

Dans l’éternité concordante du perçu,

La Terre fait centre transcendant par l'influx...

Mais l’état du désir contemple son transfert;

Dans l’obscur, l’immense s'assombrit de mystère.

 

 

– Ne croyez-vous pas mon ami que vos voyages dans les nues vous tournent un peu la tête?

La même voix féminine qui tout à l'heure avait surpris Lucien alors qu'il s'était assoupi près du lac, se faisait cette fois plus précise:

– vous aurais-je à ce point blessé pour qu'à présent vous feigniez l’indifférence !?

– Que… dites-vous ?

Elle l'observait depuis un bon moment… Cependant que le jeune homme ébloui par l'infini de la porte qu'elle avait grande ouverte, semblait ne rien voir d'elle …

– Ohé monsieur le bel endormi, daigneriez-vous revenir à la vie, ou dois-je faire appel aux pompiers !?

Il clignait à présent des paupières. Comme si le flot de lumière qui s'était déversé en même temps qu'elle entrait l'avait ébloui au point de rendre la visiteuse transparente…

– Pardonnez-moi consentit enfin Lucien, il m'a semblé vivre ce sentiment étrange qui fait percevoir la communication d'un ange sans pour autant le voir.

La très jeune femme, une superbe rousse, était entrée si furtivement dans la salle de yoga qu'il ne s'était presque aperçu de rien. Le voyant tant figé dans la position du lotus, elle lui tendit une main secourable qu'il accepta d’emblée.

–  Autrefois, répondit-il (mais en se parlant vraisemblablement à lui-même) les êtres intelligents, durant leur temps primaire, pensaient que la mort était à mettre sur le compte de ténèbres qu'ils ne s'expliquaient pas.

– Peut-être était-ce justement pour s’en défendre, mon jeune ami… En fait, quelques-uns se plaisaient à adorer la lune pour déesse complice car la jugeant en bien; du moins pour les plus optimistes d'entre eux.

– Et ainsi les premières traces d'ésotérisme nous parlent pour ceux-là qui furent voués à la déesse Axthsa et vécurent sur la Terre-Mère y a plus de trente-cinq mille ans, et donc, comptant avec l'émergence de "Cro-Magnon" ! Avait ajouté Lucien tout en s'éloignant du tatami.

– Je constate, monsieur que vous avez atteint là un stade de méditation digne d'un pratiquant largement initié !

– Nous disposons de plusieurs états de conscience…

– C'était probablement l'une des plus anciennes pratiques religieuses du monde, reprit Athénéïse. Son histoire remonte à la nuit des temps. On peut aisément retracer l'évolution de la déesse Axthsa. D'autres l'on nommée aussi Athséria. Quelques colporteurs de traditions orales, et autres histoires qui s'avèrent aujourd'hui pour être plus ou moins légendaires, l'élevèrent imprudemment au rang de favorite par-devant un "Suprême". Ignorant cependant s'il s'agissait du même qui en inspira d'autres qu'eux. Certes il s'agissait déjà de gens convaincus…

– Vous avez raison, et ces autres après eux déclarèrent les grandes prêtresses qui servaient Athséria : coupables de sorcellerie. Mais c'était sans faire le moindre distinguo pour leurs doubles fonctions, certes alchimiques mais sacramentelles, et celles hautement spirituelles. Assurément, ces Dames étaient pourtant attachées de juste manière, car dévolues à la Lumière Céleste.

– Tout à fait, continuait la jeune femme : il faut admettre que depuis des millénaires, l'idée d’un lien spirituel avait fait son chemin. Au point que la puissance du culte d'Axthsa, dite Athséria, avait pris beaucoup d'importance. Je pourrais à ce propos vous inviter à voir ce qu’il subsiste d’un livre document, dont les puissants ont brûlé toutes les pages instructives. Il est vrai qu'elles auraient pu les empêcher dans leur art de manipuler le peuple. Lequel était d’autant plus facile à tromper qu’il restait ignorant des réalités scientifiques. Ce livre était bardé d'imageries qui certes mentalement, pouvaient sembler simplistes. Mais qui certainement, étaient plus explicites à certains druides que les formules alambiquées des érudits dominateurs d'aujourd'hui. Cependant, il faut admettre qu'il n'y avait pas meilleur soutien inoffensif des légendes jugées paranormales, car inexpliquées, qui furent colportées de bouche à oreille dans des langages différents. Pourtant il advint que sans plus d'initiés libres à pratiquer un vrai mode d'expression. Ni même de gens aptes à communiquer par l’écriture de signes gravés sur des mémoriels, qui pourtant resteront visibles par d'autres personnes dans le temps à venir… Il fallut cependant attendre jusqu’après la Renaissance. Et donc pratiquement nos jours. Pour que réapparaissent de nouvelles Suivantes «Adeptes de la Déesse au corps de platine».

– Oui, ou du moins pour ce qu'il reste des dits mémoriels : à savoir quelques sanctuaires devenus pour la plupart indécelables par le simple regard matériel de l'humain. Et quand aux «Suivantes» dont vous me parlez, j’aimerais en rencontrer au moins une… rien que pour en renforcer la crédibilité. Mais ce serait à la condition formelle de faire partie de celles et ceux qui  perçoivent les ondes…

– Voyez-vous ça ! Un potache féru de sciences paranormales ! Il ne manquait plus que ça ! Voici donc que vous souririez aux anges et aux démons?

– Je reconnais, tel que vous m'en donnez l'image par votre grande beauté, que les anges  me parlent avec considération.

– Et parangon de vertu par-dessus le marché !...

– Cela s’adresse à vous, non à moi.

– Certes, si l'idée mythologique de plusieurs dieux se trouve d'être aujourd'hui démentie par celle du monothéisme, il ne faut pas nier que pour d'aucuns cette pensée est devenue plus politique que charismatique. Mais il n'en demeure pas moins, notamment en ce qui concerne la Terre-Mère, que les raisons obtenues de certains raisonnements existentiels… et donc aussi ce qu'elle a pu enfanter d'intolérance et d'obscurantisme religieux que cela ne favorise pas au mieux des relations humaines devenues si complexes, que l'on n'en saisit plus vraiment le sens.

–  Tout à fait; je pense que les vraies "bonnes paroles" qui sont admises maintenant par bien des peuples plus épicuriens qu'ascètes, représentent finalement davantage celles qui sont captées de paraboles, et autres antennes-râteau, se révélant trop souvent plus terre-à-terre, et matériellement plus prosaïques, que réellement sacrées ou mêmes philosophiques.

– En fait, si l'on souhaite juste s'en informer, on ne saisira que peu d'une conception donnée pour être sacrée. Pas plus que si l'on ne se contente que d'analyser scientifiquement et même philosophiquement une seule raison religieuse.

– Et puis, il me semble aussi que la vie sur la Terre serait bien difficile à s'accepter, si l'espoir d'un ou plusieurs « ailleurs » qui seraient libres de choix, ne nous était pas permis de bonne foi. Et ceci : que l’on ait compté ses jours, avec ou sans l’approbation d’un quelconque courant de la pensée humaine, surtout lorsqu'elle est dictée par le barbarisme ou le faux amour…

– Si dans l'idée générale la représentation mentale abstraite que l'on se fait de notre raison d'être, se heurte et se scinde à l'infini d'une société mondialisée qui "progresse", à la fois savante et désenchantée, sans trop savoir pour autant où elle va, ni pourquoi elle existe, c’est pourtant dans le passé proche, que se sont presque essentiellement constitués ces rapports qui ont déterminé l'évolution des mentalités d’aujourd’hui. Et cela, en façonnant une histoire où les sciences basiques, pour la plupart "balbutiantes", se devaient de s'en accommoder. Notamment pour ne pas déranger l’idée d’un certain savoir jalousement lié à un seul dieu. Lequel s'est tout de même vu attribuer plusieurs noms. Sans compter que la tâche consistant à faire admettre une genèse qui aurait eu lieu sur une semaine de notre temps calendaire, il y a seulement six-mil-ans.... ne devait pas être simple. Il est vrai qu'à leur époque, les scribes traducteurs ignoraient certaines particularités de notre planète, telle qu'elle nous apparait maintenant âgée de 4,6 milliards d'années !

– Oui… mais dans le contexte actuel où la science interdite autrefois devient aujourd’hui à la fois conquérante et révélatrice..., ne peut-on encore croire aux belles légendes ?

– Bah, qui sait? Mais, s'il semble avéré qu'au contact d'une science rigoureuse qui s'agrège peu à peu en elles et malgré elles, les valeurs religieuses se sont doucement effritées, c'est peut-être que notre monde moderne du savoir et du raisonnement a maintenant besoin de s’imaginer une autre géographie de l'histoire céleste mythologique… Certes, par déduction et méthode la science radicale semble exclure, en jurant comme non-sens, toutes formes de savoir immanent, au nom desquels une certaine puissance essentielle finit par être qualifiée de surnaturelle, parce qu'elle ne peut s'expliquer de façon concrète. Mais cette même science basée sur des théories physiques a-t-elle pour autant le pouvoir de nier la possibilité d'êtres si intelligemment supérieurs, qu'ils passeraient pour être, ou avoir eu, quelque rapport avec de possibles dieux?... Peut-on le nier faute d'en connaitre le visage et la composition?... Et puis qui donc pourrait affirmer que de ce créateur  reconnu du monothéisme n'ont pas proliféré des disciples à son image, ou à celle des êtres humains, ceci afin de le représenter là où il le souhaite?  

– Hum, le repris soudain Athénéïse en se faisant mystérieuse, permettez-moi d’émettre la crainte, que quelque indiscrétion venant d’humains profondément visionnaires, risquerait de nuire à la sécurité de ce monde étonnant que vous suggériez déjà tout à l’heure. D’ailleurs, qui saurait, même par nos jours de grande évolution technologique, affirmer avec preuve à l’appui qu’il n’en existe aucun?...

– Certes, la preuve testimoniale qui s’obtient d’une figuration conceptuelle refusée par d’aucuns qui ne savent la voir, tel l’aura pour esprit, en servirait bien d’autres… Et même peut-être aussi quelques analystes passionnés, dont modestement je pense faire partie… Ainsi que tous les férus de récits ésotériques que je trouve hâtivement jugés par d'autres gens, comme lecteurs confondants, pour la raison discutable qu'ils s'intéressent à des faits inexpliqués de façon incontestablement scientifique et radicale…

– Je vous le concède, lui répondit la jeune femme tout en parant son joli minois d’un sourire de Mona-Lisa: il restera longtemps douteux que quiconque, depuis Gaïa, chercherait sa "bonne étoile" et s’apprenant à la voir comme il faut la pourrait trouver. Mais même en se rendant capable de cela, sans aucun doute, cette vision ne saurait pour autant s'obtenir avec certitude. Quand bien, l'acte serait appuyé de techniques sophistiquées encore plus puissantes et modernes, à l'image de ces grandes paraboles et autres télescopes terrestres ou orbitaux d'aujourd'hui. Sans omettre leurs errantes sondes inquisitrices  qui ne sauraient la situer davantage, ni la connaître vraiment, qu'en y allant accompagné d'un être supérieur, ou d’un rédempteur universel... Et à la condition – sine qua non – d'avoir évidemment comme lui le même esprit d'ouverture …

– Admettons à présent que tout cela que nous connaissons ou croyons connaitre, soit vraiment obtenu de déité…

– Alors, voici que si bâti dans un concept matriciel de dimension extra sidérale, il serait donc un lieu où l'essence de la matière et de l'énergie seraient divinisée, mais que cela resterait chose improbable, tant que vous ne le vissiez humainement...

– Justement, s’enhardit soudain Lucien qui se souvenait d’une nouvelle qu’il avait écrite à l’âge de treize ans: je me suis imaginé lorsque j’étais enfant, qu’il aurait pu exister, dans un pseudo monde invisible et indétectable, car non encore constitué, quelque chose de pourtant bien présent par le fait notoire de sa réalité en d'inaccessibles particules éthérées… Allant plus avant encore, j'avais admis qu’il y aurait pourtant là le concurrent direct d'un pseudo enté monde, lui-même fait de gaz invisible et inerte. Dans ces deux concepts, figurant les riens antagonistes d’un seul, se trouverait l’abstraction naissante d'une entité immature, mais qui en disposerait tout de même par le biais de deux pseudo esprits interlopes, repérables cette fois par leur propre lien. Apparaissant pour l’un sous la forme d’un point noir minuscule, et l’autre, bien que toujours invisible, puisque craignant de par le premier de devenir détectable, le jugerait inconsciemment comme détestable… Mais il ne saurait que faire pour s’en débarrasser puisque ne le souhaitant pas! Cela s’admettant, j'avais alors présumé pour suite que ce point noir, jugé finalement indésirable, pouvait-être à la fois macro et microgamète…, une sorte d’ovule, avec à l’intérieur des embryons jumeaux si avides d'obtenir chacun son supplément d'espace, qu’ils se repousseraient l'un l'autre. Tout en évoluant durant des gigas milliards d'années-lumière, parmi les arcanes circonférentiels d'un pré magma nutritif. Une sorte d’extrait mental, qui serait mêlé à de l’abstrait comparable à de l’esprit...

– Il me semble que vous engagez cette fois dans la création d'un conte fantastique de bande dessinée pour adolescents en mal de rêveries…

– C'est en effet ce que j'étais… À présent précisons tout de même notre allégorie en considérant qu’il pourrait s’agir de la première supernova qui exista jamais au sein de l'au-delà du proto-univers. Ce pourrait même être une bulle intemporelle principalement constituée d'hydrogène nourricier. Une sorte de globule gorgé d'énergie… et porteur du noyau initial lui-même détenteur des "briques" essentielles du vivant. Attendant patiemment depuis tout ce temps que vienne s’exprimer la faveur d’une improbable couvaison qui se jugerait nécessaire à l’entreprise de sa méiose…

– Nous voici nageant dans un savoureux mélange de chimie cosmique et d'alchimie ésotérique, lui fit remarquer une Athénéïse se préparant cette fois au pire.

– Évidemment je m’attendais à cette réaction logique de votre part. Mais dans l’imagination débordante d’un poète visionnaire, tout est possible ! Certes cela ne s’accepte sans trop de sarcasmes, qu’à la condition très naturelle de croire en la femme sans aucune restriction, et de la considérer même, comme étant la première œuvre surhumaine qui soit digne d’existence charnelle. Quoique, pour mon exemple, elle serait descendante par le plus grand hasard, d’une étoile chimérique…

– Là vous marquez un point positif… Reste que je suis moi-même une poétesse et qu’en conséquence, c'est en tant que telle que je peux admettre ce raisonnement que vous me proposez.

– Je reconnais que ça m’arrange ! Mais il s’admettrait justement que pour l’histoire, "ceux-là contenus dans l'œuf plasmique que j'imagine, seraient, bien qu'impossibles à nommer, forcément inclassables biologiquement sinon qu'en êtres de feu. Mais ils finiraient néanmoins par croitre en volume et en force au cœur d'un astre se mourant afin de leur donner vie.

– Alors… coupe Athénéïse, visiblement décidée à en finir avec les élucubrations du jeune poète… C'est à ce moment voulu par un entendement confusionnel que probablement, ou peut-être instinctivement, ils se seraient trouvés fort désappointés, voir sidérés, de n'avoir rien trouvé de mieux que l'énergie d'eux même à s’approprier. Et ils décideraient donc de s'aimer eux-mêmes de bonne foi partagée! Se jurant peut-être réciproquement de ne pas chercher à devenir plus puissant que l'autre. Ceci n'empêchant pas pour autant la contraction sur elle-même de cette mystérieuse supernova originelle, tel que cela continue de se produire dans l'univers actuel, sinon que ce fut de l'explosion de celle-ci que s'obtint le Bigbang d'où vos deux créatures créatrices seraient surgies…

– Ca alors, je suis scié ! C’est exactement ce que j’ai écrit, à la virgule près: comment avez-vous deviné, liriez-vous dans mon esprit ?

– Allez donc savoir cher ami ce que les femmes ont dans le leur!

 

Conséquemment, Lucien concevait que tout puisse naitre de la femme: inconditionnellement. Quitte à nous entrainer dans une spirale discutable..., celle de l'intuition et de la part de rêve qui est assimilable. Notion qu'il voulait constructive à souhait, d'une sorte d'espoir qui se ressent en osmose par tout sentiment s'il est issu d’amour généreux. Et ce plus particulièrement lorsqu’a lieu le moment de la synergie instantanée des rapports, à la fois normaux et paranormaux, donc, précisément alors qu’ils se trouvent équitablement propagés pour être partagés par l'indicible émotion lorsqu'elle émane d'êtres étonnamment sensibles.

 

 

Tout en conversant, les deux jeunes étudiants avaient depuis longtemps quitté l'espace couvert. Ils se trouvaient à marcher dans une allée bordée de platanes séculaires qui de leur tout formaient un mail spectaculaire. Ainsi le campus qui avait connu beaucoup d'adolescents dont les noms devinrent célèbres, ne bénéficiait pas seulement de jardins splendides. Toute une faune certes modeste, voire minuscule y était présente. Elle se cachait parmi les grands massifs floraux multicolores qui trônaient çà et là dans les espaces de verdure. Et c'est bien dans cette végétation que se plaisait ce jour-là Topiary, un Nuton des parcs, à suivre du regard, l'énigmatique demoiselle qui gentiment donnait la réplique au jeune rêveur…

 

*


16/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 10 )

 

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4

 

Une clarté encore incertaine…

 

 

   L'étrange sentiment nimbait peu à peu la brume de sa pensée. Assis sur son lit, l’homme revivait sa naissance avec une douloureuse intensité. Difficile passage qui le conduisait comme le couloir de la mort, de l’intérieur d’un monde connu vers un autre inconnu. Le second s'obtenant quand de la froideur s’ajoute à la souffrance d’un premier souffle pouvant être déjà le dernier. Cela se produisant dans un éclaboussement de lumière qui dans le meilleur des cas, se fait apaisante et sereine, mais dans l’autre fatale...

 

Lucien s’arracha de limbes où séjournaient des ombres maléfiques. Rongé d'angoisse, il repoussa les draps de son lit en même temps que retombait le rideau virtuel de son rêve. L’être mentalement connecté l'avait su guider jusque dans un ventre souterrain. La poussière qui en couvrait le sol ne parvenant pas à enterrer les esquilles d’ossements laissés par ses aïeux, cela perforait la peau fragile de ses pieds nus. Loin devant, l’informe guide avait pointé un doigt qui faisait songer à une protubérance de chair en putréfaction. Sa couleur verdâtre estompait l’idée que ce fut autrefois l’index d’une main humaine. Écœuré, Lucien avait porté son regard dans la direction ainsi montrée. Il avait distingué une image quadrilatère s'affichant verticale, tout au bout du tunnel. Et puis son esprit avait quitté son corps… Peut-être était-ce pour mieux le propulser vers cette porte couleur de feu?

 

Il semble juste de penser que seules la ou les chimères qui vous paraitront différentes par le fait qu’elles se pressentent nimbées ou non, et auxquelles vous croyez ou non, ont peut-être conscience de l’histoire que vos rêves peuvent vous inspirer. En ce sens, il devient aisé de croire qu'il y aurait d'autres portes que celles très ordinaires qui sont habituellement poussées. Bin que peut-être situées à l’opposé des entrailles terriennes; comme cette « Porte dans l'eau » que Lucien avait perçue il y a très longtemps, alors qu’il se trouvait cette fois bien éveillé, mais en situation de conscience élargie…

 

Si ces "passages" existent. Alors ce pourrait être là un moyen pour s’évader du monde réel par le truchement d'images psychédéliques (ou flash). Autres visions qui ne sont pas forcément obtenues par l’usage de certaines drogues hallucinogène. Il reste que cette notion qui n’a rien du virtuel, bien qu’étant de celles qui aident aux perceptions des visionnaires, fait parfois sacre d'idées. D'aucuns affirmant qu'elles transiteraient par notre esprit grâce à des dons certes fantastiques, mais improuvables matériellement. En tout cas, si une porte faite de liquide rose s'ouvre quelque part à un rythme régulier – même si c'est sur une lointaine planète – il se pourrait bien que ce ne soit pas seulement pour laisser entrer la lumière plus profondément dans une mer… mais aussi dans le but de pouvoir prélever du cosmos, tout ce qui s'avère indispensable à la construction et au développement de toute vie: l'énergie et les briques essentielles. Assurant par cette action le potentiel nécessaire à la subsistance d’une cité monde subaquatique, comparable à une autre qui sur la terre fut autrefois nommée Atlantide!

Certes, si pour vous rien tout cela ne transparaît réellement, même à l’idée d'une image qui se lit dans le cerveau, l'information est cependant parvenue à Lucien par des ondes bien réelles. Preuve, s’il en est utile, qu’un autre monde existe pourtant bien dans le plan qui se dit. Car c'est au final tout un pays qui vibre sous calotte! À la manière de notre « matière grise ». Comme sous un dôme fontanelle transparent. Prêtant ainsi à croire, que celui-là se trouve secrètement protégé des regards humains. Et que c'est bien un monde merveilleux. Posé comme et sur un fond marin. Ceint d’une muraille naturelle étrangement couverte de haut en bas par tout un monde aquatique multicolore. L'ensemble masquant une barrière d’étanchéité faisant profit pour une vaste rade installée à l'intérieur d’un immense volcan immergé. S'obtenant là une sorte d’éden abyssal qui vibrerait sous la mer. Placide, car ancré comme un bateau-rond qui serait mouillé sous une eau rangée. Une île sous-marine. Plus avenante qu'une oasis salvatrice. Pourvue d’une nature amie idéalement discrète. Se cachant effectivement au fond d'une mer d’eau rosâtre. Mais se laissant entrevoir. Comme si dans le contenu à peine carminé d'un mouilloir d'aquarelliste, le liquide serait si abondant qu’il recouvrirait toute une planète. Et là, l’essentiel de vie se trouverait finalement à exister et même battre, au cœur même des pigments inversés qui la colorent… Et comme le ferait l’artiste créant une étrange et luxuriante forêt en toile de fond, l'ensemble montrerait une grande étendue de terrain peuplée principalement d'essences inconnues de la Terre. Lesquelles abriteraient une flore presque faune, entièrement constituée d'êtres végétaux. Certains s'épanouissant au pied de géants feuillus dont la «chevelure» mauve, aiderait à capter l’énergie venue du cosmos, cela, afin de la redistribuer sitôt le maelström disparu et la mer "refermée". Le phénomène servant autant qu'à nourrir des êtres volatiles, ou improbables à voir en ces lieux étrangement caractérisés par l'incroyable stature des fûts lisses et noirs d'arbres étonnants. Lesquels résistants mieux que les bois de buis les plus durs. Et se montrant certainement plus élancés que les flèches des plus prétentieuses cathédrales terriennes ! Et même que toutes ces tours de Babel du temps présent que les hommes ont bâties pour imposer leurs propres cultes matérialistes, jusque dans leur "ciel" virtuel. Conscients qu’ils sont pourtant, de vouloir exposer leurs ambitions de démesure, par-dessus des nuages d'impostures.

 

– L’irrationnel est témoin de l’impulsivité humaine de nos calculs, de nos illogismes aussi. Tels sont nos principaux traits de caractère, pensait à présent Lucien en ouvrant toute grande sa fenêtre sur un paysage, qui de luxuriant, avait été réduit à une modeste futaie. La forêt toute proche était manifestement surexploitée. Elle était victime de trop de coupes affouagères communales. Du coup, elle peinait à reprendre pied le long du champ de maïs transgénique qui l'avait aussi grignotée.

 

*

   Bien que l'emphase et la rhétorique ne puissent mieux les qualifier qu’à simplement les regarder, les arbres de la planète Hydro sont quant à eux profondément et puissamment ancrés dans un sol nourricier, obtenu d'un fond marin non salé, qui avait été astucieusement drainé. Ils s'y trouvent si idéalement enracinés que bien des techniques humaines de construction moderne, et même celle sur vérins, ne sauront jamais rivaliser avec icelles naturelles, sans risquer de voir au bout d'un temps, leurs folles ambitions emportées comme fétu brisé par la forte tempête. Ou encore, par l'activité tectonique du capricieux manteau de leur planète.

Il fallait bien reconnaitre qu'alors, la didactique des hommes nourris de leur arrivisme démesuré, ne saura jamais que provoquer la désertification de la Terre-Mère dans ce qui en a fait le plus de sa quintessence. Qu'en sera-t-il demain s'ils l'agressent aujourd'hui plus qu'hier sans vergogne ! Sans soucis de subir encore et pourtant les fatales leçons de ses colères légitimes. Régulièrement cela les ramenait pourtant à la même évidence: leur force restait médiocre...

 

 

*

 

   Ce fut au moment précis où l’esprit de Lucien s’était approché de la porte de métal, vraisemblablement rougie par un feu qui se présumait de l’autre côté, qu'une brusque impulsion l'avait réveillé. Alors, le poète s’était levé. Tout en luttant avec un pantalon récalcitrant qui le mettait en équilibre instable, refusant à son pied gauche de s'introduire comme il se doit dans un pan de tissu qui sournoisement, s'était replié à mi-chemin. De fait, il avait dû prendre appui de la main droite sur celui de la fenêtre, écrasant sans le vouloir une coccinelle imprudente…

– Ne serait-il pas mieux pensa-t-il, de vivre simplement sous la ramure vivante d'arbres Faye, que de les savoir en souffrance d’être condamnés à disparaitre de la terre, en même temps que les peuples indigènes vivant parmi eux ?

 

Mais il y a loin de temps et de lieues visitées, pour que subsiste au cœur des forêts de la terre, ce que connurent les Druides et les Druidesses… Cependant que sur Hydro,  les grands végétaux y montraient une sorte d'eurythmie forte de sa luxuriance. Et ce, devant une cour qui malgré son positionnement inférieur, savait pourtant se distinguer!

Ainsi l'on pouvait voir éparses dans un sol très moussu, de mouvantes fougères bleues. Leurs feuilles animées, faisant comme des membres curieusement tavelés de nombreux yeux rappelaient ces cocardes posées sur les ailes des papillons. Elles semblaient occupées à scruter alentour. Comme le feraient autant de commères indiscrètes. Mais qui, assurément alanguies de végéter dans cet endroit top peu fréquenté à leur goût, s'emploieraient alors à chuchoter entre elles, pareilles à  de très bonnes inquisitrices. Absolument convaincues, car persuadées de leurs imparables raisons, et,  afin peut-être d’user au mieux de ce qui leur semble agréable, elles semblaient s'enorgueillir de posséder en propre, l'espace incalculable d'un temps de mouvement indéfinissable. S’ingéniant à onduler de leur échine approbatrice, tout en émettant des ondes de propos parfaitement amphigouriques...

 

Et puis, plantés çà et là incongrus. Comme de visqueux intrus sémillants. Mais maladroitement introduits parmi des fleurs fillettes, lesquelles se voyaient non moins bigarrées que l’on pourrait l'imaginer encore… voici aussi que des fongus colorés, aux allures instables, et qui disséminaient virilement leurs cellules reproductrices: propageaient comme en un dernier soupir le silence singulier de leurs affaissements immortels et insolites de satyres malodorants...

 

Hormis donc, l'exemple ciblé de ces quelques choses du genre qui déjà doivent vous paraître bien étranges, nul ne saurait, c'est certain, présumer sur Hydro de la moindre vie embryonnaire qui soit faite de matière et de chair élémentaire. Et donc capable d’obtenir le développement d'un corps dieu qui serait à l'image, ou presque, de celui des humains…


19/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 11 )

 

 

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5

 

L’improbable dimension:

Sont-ce des transporteurs, des serviteurs?

Quand l'idée pénètre l'explorateur

Celui-là sait comment voir les deux portes.

Et puis tant mieux si le destin l’emporte

Certain semeur de mots l'est pour la vie…

Qui récolte moins que ceux de l’envie!

 

*

 

Quand l'esprit d'allure vertigineuse,

Fait dans l'ombre une clarté généreuse.

C'est mille fois mieux que de la lumière!

Bien que condamné à vivre éphémère;

De poète né sous bombardements:

Il sera prince en chambardements!

 

– Parmi les entités contraires, voici que pour Premier j’aimerais vous présenter le Bien annonça solennellement Lucien: et s'il est mon favori, ça n’est pas uniquement en regard de sa force de dissémination de germes dont font évidemment partie ceux eucharistiques pour d'aucuns. En vérité, je le crois surtout puissant de ces étranges transsubstantiations qui se produisent en dépit d’un certain mal. Et cela quand il se définit pour être détestable en sa sombre vérité… Lequel semble exister aussi en "clair" dans d’autres croyances. Mais, bien que se reconnaisse en ce pouvoir du premier la gloire et le nom, c’est davantage à mon sens, parce qu’il fit en premier résultat alchimique de la matière ordinaire issue de l’énergie gazeuse émise par sa propre essence suprême. Cela préfigurant ainsi la lumière céleste pour énergie vitale. Ce qui permit entre autres briques élémentaires, l’apparition de la vie cellulaire. Principe usant de divers fluides, dont ceux électriques ou magnétiques, et de matière carbonée …

En ce sens, revenons si vous le permettez, au début de ce récit. Et plus particulièrement à l'instant de ce qui se trama en l’improbable dimension. Situation que j’imagine s’être manifestée à partir d’un point du néant universel. Et cela même, alors que l'équilibre gazeux était aussi parfait que l’esprit lui-même. Mais que se languissant, l’incréé voulut se créer un "pareil"; préfigurant une sorte d'âme sœur qui serait faite à son image. Ceci afin d’envisager avec elle pour complice, une échappatoire de ce proto monde, décidément trop tranquille. Alors, par cet acte se briserait donc le carcan anathème de sa solitude proto gravitationnelle. Mais il se produisit que cet embryon frère en profita pour se "refaire la santé" autrement que ce qui était prévu… On se souviendra ici de ma thèse de l'œuf plasmique pour servir d’exemple parmi d’autres pensées possibles, du moins dans notre imagination…

En reprenant donc mon histoire au moment où l'infini vacuum susnommé se révèle subséquemment pour être le contenant d’un infiniment grand insoupçonné… Faisant que donc, toute la réalité universelle présente aujourd'hui s’y trouvait peut-être si comprimée que cela n'était guère mieux que détail embryonnaire. Sinon qu'un ocelle aveuglé. Pas même comparable à une ile perdue dans un océan de néant vaguement assimilable à un amnios volatile… Proposée dans une norme autrement dimensionnelle que la nôtre, sachant que l'association ainsi fondée se définira tout autrement que le dit la science. Et cela n'aurait certes rien d'extraordinaire. Si ce n'est qu'elle est cette fois proposée devant public. Et à des fins beaucoup plus terre-à-terre. Puisqu’à l’origine d’une autre action. Cette fois très banale. Qui se déroule aujourd’hui comme vous le voyez, dans le hall de cet établissement...

 

– Fort bien monsieur, mais comment expliquez-vous l'avant de "l’avant-émergence", intervint impromptue, une voix féminine venant d'un autre endroit du magasin que celui où "prêchait" Lucien !

 

La femme n’était pas venue pour participer à cette réunion. Elle se trouvait au contraire occupée à chercher dans l’éventaire d’entrée un livre répondant à un choix précis. Elle fouillait donc parmi ceux nombreux d’occasion qui traitaient de sujets variés, quand la voix de Lucien présentant son œuvre à l’avait déconcentrée. Certes, si la superbe personne aux cheveux corbeau était resplendissante, cela ne tenait pas seulement à sa tenue vestimentaire foncièrement gothique. En fait, sa silhouette s’accommodait d'un charmant effet de clair-obscur. Elle montrait ainsi une sorte d’aura magnifiquement  amplifiée par la lumière solaire, soulignant admirablement les contours de sa silhouette avantageuse. Tout en illuminant son beau visage qui se voyait aisément, malgré le contre-jour éblouissant.

 

– Madame, lui répondit la voix émue du poète: je suis votre obligé, et je vous pressens particulièrement érudite. Alors vous n’ignorez probablement pas qu’il m’est interdit d’aller au-delà de l'entendement généraliste, si je souhaite rester sinon crédible... et au moins paraitre compréhensible. Voici donc que je vais vous confier ce que j'ai écrit dans mon livre à propos de l'esprit premier: Au début "il" créa à partir de l'hydrogène, un œuf-soleil capable de concevoir tout ce qu'il fallait en quantité pour bâtir un univers par lequel une part de "il" deviendrait atome, s'admettant qu'en se multipliant comme le font nos cellules, ceci serait sa propre matière. Tandis qu'une autre part de lui ferait énergie utile, afin de rendre sa double conception mobile et vivante...

 

Lucien dû à ce moment marquer un temps d’arrêt tant son émotion à voir la belle troublait le ton de sa voix… Elle avait quitté l’endroit de sa quête matérielle de vieux livres. Elle se trouvait à présent devant lui. Sans qu’il l’ait vue esquisser le moindre pas ni bousculer personne…

 

– Et pour protéger cet œuf cosmique en attente de l'éclosion divine, "il" créa la première des chimères. Il la nomma "Ouroboros" (l'ancêtre d'Ouranos). Il pensait qu'au final de la dimension particulaire divine obtenue, cet être abstrait, jugé à la fois imprévisible mais protecteur, finirait par représenter l’héritage de lui-même… Apres quoi, satisfait de ce qu'il avait fait, l'Esprit suprême que je nomme "il", entra dans cet œuf fait de lui-même afin de le fertiliser. Puis il entreprit aussitôt de se scinder à la manière d'une cellule souche. Car, à contrario d'une certaine idée monothéiste, il lui convenait d’évoluer vers une double conception universelle vibrante et vivante… Cela se faisant toutefois avec l'idée prudente que "il" devrait rester l’entité maître, et donc incontestable d’autorité envers l'autre "moitié" divine qui serait ainsi obtenue par ce clonage, et...

– Ne trouvez-vous pas, monsieur que l'action de ce "il" ressemble puissamment à la chose, somme toute naturelle, de l'acte d'amour qui consiste à féconder un ovule?

– Certes madame... Puisque cette entité est amour.

– Mademoiselle, rectifia impromptu la superbe brune au regard d’émeraude.       

– Or, reprit Lucien en se raclant la gorge, ladite "moitié" se sentant tout de même inférieure puisque complémentaire, en conclut de facto qu'un équilibre apparemment idéal d'intelligence devait aussi précisément s'assortir de même en influence. Alors elle décida néanmoins qu’elle serait matériellement supérieure à l'autre en puissance. C'est ainsi qu'elle entreprit aussitôt de se goinfrer de matière sombre. Et voici que l'un devint titanesque et agressif, à force d'ingurgiter de l'énergie froide et noire. Tandis que son créateur, se révélant finalement d'intelligence supérieure, s'efforçait à récupérer ce qui pouvait l’être encore de cette essence matérielle issue de l'hydrogène qui après tout lui appartenait en propre. Soit le maximum de l'énergie chaude et lumineuse qu'il avait secrètement emmagasinée par ultime précaution, dans le germe-sein protecteur et prometteur de l'incommensurable Ouroboros pré galactique. Ainsi eut lieu la première "Guerre-Froide" qui fut couvée dans l'espace de ce concept sacrément perturbé le prétextant… Alors c’est l'inéluctable nature d'un hasard facétieux qui fit que finalement, bien que prônant à maintenir une paix durable Les deux esprits s'échauffèrent néanmoins si considérablement… Qu'une fois que l'équilibre thermique de l'œuf-supernova fut rompu, il s'effondra comme une étoile en fin de vie. Et le tout se désintégra dans un "big-bang" si phénoménal que l'on en perçoit aujourd'hui encore la trace particulière d’un spectre radioactif.

 

– Voilà qui cette fois me semble plausible, pour ce qui concerne la création de la matière et de l'organisation intelligente qui a pu s'ensuivre… Bien que ce joli conte me semble résolument enfantin, reconnut quelqu’un d’autre dans l'assistance qui s’affirmait enfin dense, pour le plus grand plaisir du narrateur ... Mais… reprit la voix de ténor: il me semble que si rien ne se fait et se défait sans créer une autre chose qui devient à son tour génitrice d'une nouvelle, et ainsi de suite… Sauf évidemment l’intervention de l'aléatoire que vous nommiez tout à l'heure "hasard", ce que vous évoquez serait donc une nouveauté certes perfectible, mais non indéfectible. Alors que selon un certain livre sacré: ce qui est fait de la main du créateur du ciel et de la terre ne saurait être défait. Et certainement pas par un éventuel homologue qui serait partisan du contraire ! Sinon peut-être, qu'avec l'assentiment bienveillant du plus puissant des deux. S'acceptant qu'il le fasse pour valoir ce qu'il obtiendrait de droit. Et donc, à ce que je sais, la volonté de l'esprit dit "Supérieur" étant sauve… S'admettant qu'à l’inverse, dans le cas issu de votre imagination, il n'est néanmoins plus possible ni à l'un ni à l'autre de revenir en arrière. À moins de vouloir que s’obtienne l'expérience d'une nouvelle complicité, qui cette fois serait infaillible… Alors, puisque cela s’est avéré improbable dans votre gentil concept de l’œuf cosmique: il me semble qu’au mieux d’un choix intelligent, il se pourrait que la presque "moitié" d’esprit opposable, finalement aussi puissante en énergie, puisque gorgée de matière noire, choisisse tout naturellement d'aller régner en maître incontestable de l'autre côté de l'univers de lumière dévolu à son frère...

– C'est ce que je pense aussi, monsieur... Euh…

– Gabryel, précisa simplement l'homme aux longs cheveux d'or pâle.

Il était debout, planté comme un cierge ruisselant de lumière, dans l'encadrement de la porte grande ouverte. On le voyait vêtu d’une longue tunique très blanche. Il irradiait quelque chose de si pur que c’en était indéfinissable…

 

Le poète quant à lui se montrait de plus en plus nerveux: il tournait machinalement les pages de son livre comme pour en tirer l’extrait qui convient, mais sans le chercher vraiment.

 

– Dans mon hypothèse, certes romanesque, car il s'agit bien là d'un simple roman, il faut comprendre que l'œuf cosmique n’est qu’une métaphore intuitive essentiellement destinée à proposer l'idée d'une allégorie préparatrice à la vie telle que nous la côtoyons et connaissons sur notre planète. Sans quoi la saga que j'en ai tirée serait aussi imperceptible que ce néant qui habite l’esprit de certains humains rétrogrades… Et puis, rien n'empêchera un rêveur de supposer qu’à l'intérieur d’un improbable magma gazeux sans lumière, il se pourrait que ce qu'il avance se soit tout de même produit. Quelle qu'en fût la manière, l'action, ou même l'image qu'il s'en fait...

 

Bon sang! pensa Lucien: c'est cela! Bien plus que cette gothique, ce type irradie le meilleur de la lumière!... Alors le poète s’arrêta au milieu de sa phrase… Afin de vérifier, il porta de nouveau son regard au-dessus des têtes… vers la porte... Mais l'homme avait disparu aussi facilement que s'efface un mirage.

 

– Donc, reprit le poète qui se sentait de plus en plus troublé et fébrile: selon mon intuition… Dans ce modèle universel que j'ai clairement perçu, puisque j’en décris l’image par mon livre, les notions de Bien et de Mal résulteraient d'une appréciation hâtive de ce qui fut né par l’éclosion de cette double entité.

– Hem, cette fois vous faites clairement allusion à la doctrine des contraires qui néanmoins quelque part se complètent, intervint de nouveau la gothique… Et de poursuivre, candide, comme si elle faisait partie du roman: mais voici que l'esprit de quintessence resta mieux pourvu en intelligence active que son rebut rendu pourtant puissant d’avoir su magouiller grâce à celle passive. Et vu qu'ils firent ce qu’il faut pour que s’équilibrent les champs de forces cosmiques, ils s'accordèrent de pouvoir régner chacun de leur côté. L'un en premier maître créateur. L'autre en second, dûment récupérateur. À ceci près que l’un est aujourd'hui considéré après coup comme bon, car puissant par la grande clarté qu’il a créée… Puisque c'est ainsi par lui que la lumière fut... Alors que l'autre se trouve relégué, car contraint d'accomplir son œuvre dans l'apparence sombre d'un autre royaume: celui de l'ombre.


21/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 12 )

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6

 

Rivière... Ô... Ma Rivière

 

 

Si tu entends au cœur bruissant d'une forêt,

Comme Muse tranquille un fleuve discret.

Écoute l’Elfe blanc te contant la légende,

D'une gaie nourricière enchâssée dans la lande.

 

La prude contourne monts et bois par le val.

Tandis qu’hier emportés par un blanc cheval,

Fuyaient les quatre fils aux confins des Ardennes,

Par les verts chemins des Dames coralliennes.

 

Or, moi qui ne suis rien, je sais bien qu'en mon sang:

Coule une eau grise ou luisent des rêves nacrés

Au clair d'une déesse, en montagne sacrée.

 

Ô vert pays de l’homme aux semelles de vent:

Dans mon cœur apaisé s'entend une rivière,

Qui fait l’amour en boucle aux poètes d’hier.

 

 

*

 

 

   Athénéïse et Lucien ne devraient être cités que dans des contextes totalement différents. Sinon que depuis sachant marcher avec longtemps d'endurance, ils avaient sillonné comme le fit un certain Arthur, presque tous les chemins environnants d'une même région natale. Martelant d'un pas alerte le gel des beautés hivernales, ou foulant durant les beaux jours, la bonne herbe chlorophyllienne quand elle s’émaille joyeusement de fleurs multicolores. Dérangeant parfois sans le vouloir les sauterelles et les abeilles tout en saluant les corneilles. S’évitant les états imposés par une législation immuablement consommatrice de plaisirs superficiels, car artificiels, ils profitaient autrement mieux que d'autres de leur jeunesse. Ils la vivaient sans l'aide de ces produits électroniques d’aujourd’hui, dont beaucoup programment autrement qu'il ne faudrait peut-être pour demain les humains d’hier. Reconnaissant mutuellement que ce pouvait être au détriment des visions intemporelles. Cela aveuglant artificiellement des mythes qui autrefois mentionnaient l'existence bien réelle d'êtres minuscules pourtant pourvus d'une intelligence insoupçonnée. Vivant dans ces endroits merveilleux parmi des esprits feux-follets bien éclairés. Devenus incrédules en tout, nous oublions que la nymphe énamourée volète au juste son de notes faussement endiablées. Tandis que là-haut, le rire des oiseaux rebondit d'arbre en arbre, taquinant au passage l'écureuil qui se panache et se pavane en se gavant de la succulence des mille bourgeons des pins à la saveur miellée…

 

Ce faisant. À savoir le plaisir permanent des poètes, cela pourrait signifier qu'ils vivaient une sorte d'autarcie de rêveurs aventureux. Passant même parfois la frontière, par le couvert de la forêt d'Ardenne. Se sentant comme l’air : libre de s’en aller jusqu'en Belgique. Et même beaucoup plus loin encore… Par la généreuse faculté de le simplement penser...

 

*

   Athénéïse était pourtant parvenue à connaître encore plus de félicité sereine que lui n'en avait obtenue de son plein gré. Elle disposait ainsi mieux que le jeune poète d’un plus grand confort d'esprit. Elle savait depuis toujours évoluer parmi les humains sans vivre pour autant comme eux, la moindre colère vindicative. Elle était devenue une conteuse de tendresses. Une douce poétesse amoureuse de cette nature qui vibrait par elle et en elle. Elle enchantait son entourage par sa présence et par sa voix. Comme le fait aussi la rivière. Et même le vent, quand-il joue à saute monts par-dessus tout le pays. Enjambant prestement les cimes des grands végétaux de cette vaste forêt que contourne la Meuse. Si le poète et la poétesse se plaisaient à l'écrire, c'était pour décrire tout l'amour et la douceur qu’ils en pensaient, s'extasiant chacun à sa manière de ce que dessinent de leur majesté ensoleillée les nuages qui se font gracieux dans le ciel. …

 

   En fervent admirateur d'un poète explorateur découvreur du monde à sa manière… Lucien cultivait quant à lui l’art de la poésie comme on tente d’affiner un don. C'est-à-dire en usant d’une fonction que l'on peut admettre pour être aidée des muses et du sacré. Il croyait aux énergies positives. Et notamment celles qui se devinent liées au magnétisme de l’aura. Il s’admettait aussi le rôle naissant de décodeur de l’invisible. Autant sans doute par compassion pour ce que fut l’esprit agité de Rimbaud adolescent, qu’il jugeait du reste, très supérieurement visionnaire au sien. Il pensait que le potentiel qui s'obtient de tous nos sens lorsqu'ils sont groupés en un seul, se trouvait sous exploité par l'être humain. Pourtant, selon lui, au sens purement moléculaire, cela ne s’obtenait pas uniquement par l’inné. Et puis notre Lucien écrivait ses poèmes à la manière de son siècle. Optant parfois pour un genre délibérément populaire, sachant apprécier aussi cette manière d’écrire intuitive. Cela autorisant une expression qui impose moins la rime riche que la consonance du rythme oral approprié. S'offrant ainsi l'avantage de ne pas s’empêtrer systématiquement la plume dans les carcans du classicisme absolu. Puisque s'ouvrant au contraire à des chemins intéressants. Lesquels lui permettaient de pénétrer à son tour la jungle de la versification internationale libre. Sa dominante stylistique s'écartait hors de l’hémistiche classique, puisque librement philosophique à sa manière, et donc volontairement visionnaire.

 

*

    Certes, ce que perçoivent les poètes aventuriers romantiques peut devenir aussi fort que la souffrance en amour! Cela peut être en s'impliquant par la volupté naturelle qui s'épanouit dans le cœur de ceux qui savent la décrire. Laquelle se ressent alors, comme un mal à caractère quelque peu gentiment schizophrénique? Mais agissant en bien superbe, dans un esprit gentiment torturé... Ou encore, se révélant sentimentalement, pour mieux sublimer en ces gens, l’attachement intense qui émane naturellement de leur personnalité émotionnelle. Comme cela se produit pour tout être qui se montre infiniment donateur de lui car hautement sensible à l'égard d'autrui.

 

C'est alors que de tous ces sentiments exacerbés, Athénéïse n'avait jamais su dire lequel l'avait poussée à venir méditer souvent ici: face à l’Île-Au-Manoir. Profitant voluptueusement d'un doux lit de mousse naturellement généreuse. Tout en restant bien cachée, en lisière de forêt, par un providentiel rideau de fougères complices.

 

Elle s'installait là, dans le but d'y rester des heures durant. Occupée à prendre des notes mentales qu'elle esquissait aussi en mots coloriés. Et lorsqu’elle se sentait fatiguée d'être couchée, elle s’adossait à un arbre. Mais toujours, en restant au plus près de la rive de ce lac qui se découvrait uniquement à qui sait comme elle regarder vers l'autre dimension. Celle-là qui en outre permet la vision parallèle d'un monde différent. Un monde situé au bout d'un discret sentier. Faisant penser qu'il allait se faufilant vers nulle part. Comme le ferait sereine et colorée une aimable couleuvre, fragile de sa définition vipérine erronée, coulante indécise vers un repère pourtant précis: mais dont l'image en filigrane pouvait cependant la confondre en ondulation, pareille à un autre ovipare dangereux celui-là… Alors qu'elle n'est pas plus offensive pour l'homme que l'humble serpent de verre qui va rampant comme un ver. Doux orvet vêtu d’argent écaillé. Mais qui se terre aussi à la moindre suspicion perçue de sa fourche-langue.

La première finissant alors par disparaitre entre les noisetiers, comme lui le fait sous la mousse, après s’être prélassé devant l'or des genêts quand ils sont richement ensoleillés.

   Douce et cohérente similitude entre faune et flore, s’harmonisant avec la végétation d’un petit chemin vert qui va guidant une belle vers sa vérité… les voies qui s'empruntent sont parfois des sortes de passages secrets… Athénéïse voyageait à ses heures parmi des fréquences ondulatoires douées de fantaisie. Côtoyant de temps en temps le fin chéneau creusé d'un chenal où serpente un mince filet d’eau de source féérique, semblable à un doux filin d’argent kevlar qu'une araignée de connivence aquatique, s'ingénierait à filer. Comme tissant la corde quantique qui tend la toile attachée au cadre de notre destinée. Laissant ainsi une trace soyeuse. Seulement visible par une Belle. Et qui tel un col alpin pour lapin géant, serait une œuvre déroulée sur un tapis vert. Avec posé à cheval, un pont intemporel… Une passerelle.  Porte voulue d’une part, pour faire pénétrer le vortex naturel d'un sol qui serait fait pour elle. Un conduit sur fond légitime.  Inséré dans une futée. Sorte de tricot fait de lianes. Pareil à une chaussette verte sans pied. Quelque chose d'abstrait. Confectionné par un elfe tunnelier futé qui serait aidé dans sa tâche, par l’intervention d’une fée quenouille buissonnière, s'assistant elle-même directement de son propre fuseau magique.


24/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 13 )

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   Soufflant de quelque part… dans sa tête… un vent tourbillonnant déchiquetait la brume, tandis que furieux d'être dérangés, des nuages ombrageux fuyaient vers le sud… Ce ciel pensé lui semblait pareil à un bas noir lacéré. Des déferlantes électriques se fracassaient sur des falaises neuronales. Leurs crêtes mousseuses déposaient une écume livide sur ce qu’il restait d’étendues vallonnées jonchées de détritus sanguinolents. Un grand albatros tournoya un moment, cherchant désespérément son nid emporté par un éboulis d'incertitudes…

 

– Lucien... «Du schläfst? »

 

Le potache Lucien était un être au cœur candide. Pareil à ces cinglés qui s'imaginent naïvement que le fait de donner sans compter entraine forcément la même spontanéité chez qui reçoit; et puis il aimait à regarder vibrer les molécules de lumière, quand elles se dessinaient en un mince trait qu'il voyait autour de certaines silhouettes. Plus précisément, il s'agissait de celles et ceux des êtres qu'il percevait le mieux. Mais il ignorait pourquoi ils étaient si peu nombreux à montrer cette apparence. Il se demandait aussi parfois pour quelle raison le regard de ces gens d’exception devenait incrédule, lorsqu'il leur parlait de la couleur qui nimbait l’esquisse de leur corps.  Le poète pensant, à tort peut-être, qu'eux-mêmes la « voyaient » comme lui. Et puis il y avait cette manie du voyage par la pensée…

 

– Lucien !?

 

L'homme était juché sur son estrade. Il agissait comme s’il commandait du haut d’un échafaud. Assortie d’un timbre glacial, l'image profane du professeur d'allemand fusa comme un obus dans la pensée consciemment ouverte, mais aussi inconsciemment abstraite de Lucien. Incrustant brutalement la trace brûlante d’une météorite verbale. Laquelle voyagerait dans un ciel bleu de nuit, mais dont la traine échevelée lui apparut tant gorgée de fiel, qu'elle en propagea l'essentiel en formant des sinusoïdes d’acide imaginaire...

 

 

S'il brillait de façon notoire dans les matières scientifiques, artistiques et littéraires, ça n'était pas le même engouement (tant s'en serait fallu) que l’adolescent ressentait pour la langue de Goethe qu'il jugeait trop technique. Surtout lorsqu’elle était professée ainsi par cet homme imbu de son savoir. Qui de surcroit, lui était d’amblée apparu franchement antipathique ! Et si l'élève Lucien, en vue de fuir cet univers plus prosaïque que poétique, empruntait souvent l’échelle de Planck, c'était afin d’aller rejoindre les dieux grecs dans l'équilibre thermique des couches supérieures de l’univers. De fait il n'avait nulle envie de conjuguer son escapade en usant du verbe transitif! Les nombreuses transformations linguistiques qui se faisaient sans un complément d’objet qui fut jugé vérifiable dans son monde, Lucien les plaçait en équilibre, sur des cordes quantiques horizontales s'infléchissant à souhait. Il les préférait de beaucoup à celles rigides et verticales de l'enseignant linguiste! Un pelleteur de nuages, un poète: ça préfère l'observation pertinente des voyageurs du ciel que sont aujourd'hui les modernes satellites de l'après-Spoutnik… Tels que COBE, WMAP, et PLANCK. Eux-mêmes étudiants l'univers. Mais à leur manière. Et partis pour de bon à la recherche du spectre témoin des origines de la matière alchimique et du Big-Bang.

 

Dans un même aspect de ressenti, il trouvait aussi sa prof de physique trop terre-à-terre. Malgré que sa plastique avantageuse fît rêver l'adolescent d'une autre façon, et que son relativisme à lui se tournait vers des globes d'intérêt à la libido évocatrice, décidément plus parlante que ceux définissables par certaines géométries qu'il jugeait mathématiques. Cela lui évoquant plus particulièrement des légendes remplies de beautés vénusiennes. D’ailleurs, pour cet être hypersensible qu’avait toujours été Lucien adolescent, les calculs de symétries arithmétiques, qu’ils soient traduits de l'Arabe en Français ou non, ne changeraient rien à son affaire ! Ses passions à lui étaient toujours écrites en vers. Quelque part. Et en tous sens. Dans le cahier de ses gènes. Et puis elles avaient été gravées en lettres de sang sur la terre. Comme dans sa propre matière. Depuis son apparition sur une planète continuellement ravagée par de meurtriers conflits d'intérêts politiques, Lucien n'avait eu de cesse que contempler jour et nuit l'astre d'argent qui vit sa naissance. Il retrouvait par lui la première lumière qu'il avait pressentie s'engouffrant à travers l'ombre en charpie d'un dispensaire aujourd'hui disparu… Elle était d’abord passée par des vitres alors qu'elles volèrent en éclat. Venant à lui en salvatrice énergétique. Excitant des bâtonnets encore aveuglés sur le fond tapissé de ses rétines paresseuses. Et le faisant si bien, qu’un double courant électrique transita par ses nerfs optiques. Arrivant à point nommé pour commander aux neurones et à son esprit… Afin qu’ils se décident enfin à faire ce qu’il faut pour animer son corps dont l'aspect bleuit par l'angoisse et le besoin d’oxygène, laissait craindre le pire.   Oh, et puis basta! Foin de ce prof d'allemand barbu! Ce type est irrémédiablement scotché à ses réalités barbelées de suffisance! Et puis faisons abstraction des rires idiots des camarades de classe! Vulgaires sons de gorge, émis par de dérisoires cordes vocales si simplement humaines, qu'ils ne savent vous atteindre vraiment…

Il n'est guère que quand on est passionné par de la "Belle musique" émanant d'autres cordes: celles notamment constituantes de quelques harpes célestes essentiellement quantiques, que cela peut s'obtenir! Béatifions plutôt une tout autre association, forcément organisée et hiérarchisée, pour passer outre l’aléatoire. Une de celles, qui de ce fait, auraient conduit nécessairement les premières molécules aminées à être des proies vivantes, jusqu’à devenir complexes… Peut-être était-ce d’ailleurs en cela que s'exprimait l'ADN cosmique. Dans la reconduction du secret originel. Résultat de la gouttière naturelle issue d’un silence obligé. Se remarquant sous le nez de chacun. Par le fait du doigt d'un ange… Appliqué. Et louons en revanche son prolongement sacré. Faisons cela par le développement de l'esprit qui se partage équitablement entre philosophie, poésie, croyance, ou par simplement la sensibilité. Agissons sans omettre évidemment la liberté de penser. Celle qui permet à tout être réfléchi, d'aller beaucoup plus loin dans son karma qu’il n’y était destiné. Cherchant en bien mieux, dans le tréfonds de la conscience, la divine raison de son existence ...


28/03/2016
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Within the confines of the réal ( Suite 14 )

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8

 

«  ... Un autre jour venant: Dieu décida d'organiser toute cette poussière, voulant faire de cela un meilleur aboutissement de lui... » (Citation biblique)

 

 

   Le catéchumène Lucien s’était longtemps posé la question de savoir, qui de sa prof de physique ou du curé disait la vérité.

 

... « C'est ainsi que s'obtint de la matière animée, le  propre  de ce qui fera l'homme » affirmait l’enseignante du cours de sciences naturelles  ...

 

Cependant que de l'autre côté de l'univers, une moitié  sombre qui tentait peut-être d'obtenir la même chose que son "Autre" de lumière... Enfin... Presque. Car s'il ne semblait trop manquer d'ondes électromagnétiques, en revanche, il s'y trouvait trop mal pourvu en ce qu'il lui fallait de photons pour obtenir le contexte de la vie, telle qu'assujettie à la photosynthèse de la lumière blanche, elle-même étant constituée d'une multitude de couleurs fondamentales. Alors le dieu suprême des ombres s'attacha dans son monde à tout activer autrement… Et cela, plus particulièrement par l'usage immodéré des contraires, puisqu'il en disposait à son aise, en se cachant plus ou moins d'un frère logiquement ébloui de lui-même.

Pour que cela s'obtienne, il copula donc avec la mort humaine la déclarant déesse de lumière noire afin qu'elle enfantât de lui! Il s'était même résolu à parodier les dix karmas qui avaient été voulus pour l'homme par son créateur de lumière. Créant à son tour les dix enfers! Et pour faire bonne mesure, comme singeant le paradis sensé récompenser ceux qui se destinaient à servir le Très-Haut de lumière, au sein même de son sein, le Dieu des ténèbres se mit à entrainer vers ses limbes, des esprits et même des corps ayant appartenu à des êtres qui pourtant avaient été conçus par l'autre…

 

Au risque de se perdre, le Très-Haut dans l'ombre fit aussi quelques incursions chez son contraire.

 

C'est ainsi qu'il féconda des chimères préalablement issues du ventre de Gaïa par un moyen détourné. Cela fit qu'il réussit à se créer dix fils. Tous puissants dieux-anges-noirs. Eux-mêmes, devenant à leur tour les précurseurs-dominateurs d’êtres qu’ils voulaient comme eux-mêmes d'apparence. Mais ils ne réussirent guère qu'à produire des démons à l’image des humains primitifs. Ensuite, à ces dix représentations clonées d'une seule cellule immatérielle de lui-même qu'il avait su rendre charnelle, le Dieu des ombres se mit à piéger ce qu’il fallait de planètes et d'étoiles en les entrainant dans des Trous - Noirs. Puis il attribua des mondes à ses fils des ténèbres. Afin qu’ils puissent réaliser leurs ministères et étendre leur puissance, en même temps qu'ils servaient la sienne. Ainsi, là où s'arrêtait la lumière du Bigbang, naquirent dix exo mondes galactiques au sein desquels seront placés plus tard des êtres soldats. Ceux-là seront obtenus depuis la planète Terre par l'intermédiaire d'un puissant Archange Déchu. Bien que ces ersatz d'êtres humains primitifs s'avérant n'être plus ou moins que des zombies, et autres calamités vampiriques, puisque s'apparentant par leur matière ressuscitée à des sortes d'humanoïdes-phénix. Mais qui allaient vite se montrer capables à leur tour, par des manipulations inavouables, de produire des descendances chimériques aux allures d'anges gris. Êtres profondément démoniaques, dont quelques-uns de ces mutants devinrent aussi puissants que leurs dieux...

 


30/03/2016
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