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l'âme méritante ne périt jamais...

 Bien que là bas sur Yäga le couple dieu se fut réintégré au centre de la baie sans aucun problème, Néphysthéo se demandait encore pourquoi son épouse avait choisi de revenir dans ce lieu plutôt que d'en découvrir un autre, et pourquoi aussi, un dieu Ange de sa trempe ne percevait apparemment rien d’autre ici que le bruit discrètement émis par le seul mouvement métronome de la vague marine… Alors que d'habitude, sur la planète Terre, pas même le souffle d’un minuscule Pillywiggin de la forêt n’échappait à la sensibilité de son ouïe surdéveloppée.

– Je crois deviner à quoi tu penses, lui dit soudain Habygâ.

– Eh bien oui, je reconnais là aussi ta puissance mentale qui bientôt égalera celle de Junyather, et…

– Voyons mon chéri, ce dont tu fais allusion n’est guère que de l’intuition féminine! Et puis, comment peux-tu imaginer qu’un jour je puisse devenir l’égal d’un dieu tel que l’est mon grand-père, ce Très-Haut dans la Déité, et digne représentant, capable de contact direct avec le Suprême?

– Je ne peux l’expliquer, je le ressens, c’est tout… et puis, il me vient aussi à l’idée que la puissance terrienne d'Athséria, en redevenant le lien galactique utile pour dispenser la lumière des dieux justes, a peut-être quelque chose de commun avec ton irrésistible ascension.

– Certes, ce que tu avances me permet d'avoir maintenant accès à des portes secrètes, qui en s'ouvrant spontanément devant ma nature, m'offrent le pouvoir très confortable de voyager hors du temps par tout l'espace intergalactique. Mais je ne suis pas seule à y avoir accès, car, outre mon père pour sa filiation à Junyather, il arrive qu'elles se trouvent franchissables aussi par quelques autres déesses, et même, par les muses des poètes. Certes ces passages peuvent s'ouvrir plus ou moins pour ne permettre qu'à certaines déités dont je crois être, d'aller beaucoup plus loin que les muses par l’univers en son entier... Mais je t’avoue que cette irrésistible escalade dans la connaissance spirituelle, bien qu'elle soit assimilable à ce qui est proche de la raison virtuelle, me fait parfois côtoyer la peur de n'en pouvoir revenir.

– Ainsi tu pourrais même le rencontrer…

– Rencontrer qui?

– Le Dieu Suprême.

– Non, je suis indigne de cela, et ne dispose que d'énergie limitée. Mais je crois pouvoir te dire que peut-être, une part de toi et de moi le fera.

– Ne trouves-tu pas étrange que nous partagions en effet ce sentiment à la fois éthéré et réaliste? Il me semble même que notre dialogue est probablement le signe avant-coureur, autant que générateur, d'une pensée prémonitoire qui serait un peu comme l'annonciation ambigüe de quelque chose d'ambivalent: une nouvelle promesse… Laquelle serait faite d’un peu de nous pour être à la fois novatrice et réformatrice d'un avènement dont nous ignorons sciemment s’il se réalisera. Alors que secrètement notre subconscient s'y prépare déjà.

– Oui mon chéri. Et comme toi, j’avoue que quelque part je le sais. Mais pas plus que toi je ne peux sur l’instant me l’expliquer… Ça reste une notion intuitive. En fait, je pense que nous avons été créés toi et moi pour accomplir une mission qui est vraisemblablement liée à l'ouverture d'une nouvelle voie d'accès, un autre chemin qui serait offert ou à offrir... Quelque chose qui comme un vortex ombilical nourricier, serait à la fois le garant matériel et l’alimentaire spirituel. Une aide qui serait capable en puissance, plus que mon grand-père, de rééquilibrer l'avenir défaillant de l'humanité. De lui donner l'occasion d'un autre commencement. De permettre l'émergence d'une histoire nouvelle. Avec à la clé: une action pré féconde, dont l'objet basique nous invite d'ores et déjà à revenir ici même, au centre de cette crypte où ma conscience intuitive me l'a commandé... À moins que ce soit pour servir en premier quelque chose d'abstrait, mais vivant… Une force d'ici m'appelle. Me voici à présent destinée à rencontrer ma vie par des voies jusque-là méconnues de moi. Pour me guider, je dois suivre les conseils émis par des voix que je suis la seule à entendre, car probablement internes à mon être. Des voix qui ont su créer un rapport direct avec mon âme et ma fonction… Alors mon mari, puisque tel est notre lot, puisque le lien du mariage nous a unis pour combattre les aléas durant, et même, jusque par-delà l'inconnu de notre destinée: gardes bien à présent ma main dans la tienne, et ensemble, nous allons faire le vide en notre esprit, afin que ceux qui nous appellent par moi seule qui les perçois puissent communiquer avec toi aussi... d'abord par l’élargissement de notre conscience, et ensuite, jusqu'à en devenir assez proche de ce que je perçois quand j’atteins le nirvana Athsérian. Ainsi mon chéri, nous allons fusionner par le biais de notre anagogie et de notre altruisme. Plus encore unis qu'avant par le lien énergétique spirituel qui nous fait élan d'amour conjoint: c’est ainsi que nous devrions pouvoir entrer libres et vifs dans la dimension des défunts…

– Voilà bien ce qui m'indique qu'il s'agit des choses relatives à la mort...

– Ou à la vie éternelle mon chéri, et en l'occurrence, celle de l'âme méritante qui ne périt jamais...



31/03/2017
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