le-pelleteur-de-nuages.blog4ever.net

le-pelleteur-de-nuages

Là-bas...

     Là-bas, aux abords de la clairière sacrée, Maria n’eut pas à attendre longtemps la venue d’Habygâ et de son illustre époux. Et puis elle s'était montrée ravie en constatant que le ventre de la déesse témoignait, comme elle voulait, d'un probable embellissement du monde…

-- Heureux est le présage quand il promet l'abondance et l'épanouissement!

Traditionnellement, du moins pour ce qui concerne la planète Terre: c'est encore la divine lune des humains qui représente le mieux les étapes successives que vit toute femme enceinte. C'est pourquoi cette nuit, la brillance d’Athséria était à son comble, marquant comme il se devait l'apogée de la grossesse:

Un dieu pacificateur allait naître!

– Que tu es belle, avait dit Néphysthéo à sa blonde divinité tout en caressant le ventre arrondi… Et alors Habygâ ne voyait plus que lui. Ses yeux se noyant dans les siens. Comme dans un océan de larmes d’amour. L’instant était tellement beau, que plus rien de ce qui de longtemps avant s’était produit autour d’eux n’était hideux, sinon que derrière des brumes malsaines, les fous de guerre continuaient d’enfanter ailleurs des promesses inverses…

Même Lucien, qui en cet instant, et à peu de distance, regardait circonspect l’onde noire commençant de miroiter devant ses yeux, ressentait l’osmose, qui lentement, déployait jusqu’à lui ses ailes protectrices. Il lui semblait qu'une vague d’affection d’un bleu-nuit énergétique à la profondeur intense, portait loin la même volupté que celle qui suinte et se déploie d’un amant caressant son amante.

Et c'est alors qu'il vécut soudain l'image s'exprimant clairement dans un flash de pure voyance!!!

Il y avait là deux êtres féeriques... il les voyait tendrement enlacés sur le pont flottant du joli bateau blanc!

L'esprit du poète substituait-il la belle image à celle – improbable –  de la passerelle? Pauvre embarcadère de dimension ridicule, grossièrement constitué d'un plancher de bois dangereusement vermoulu…

Lucien l’ignorait, mais il allait cette nuit-là s'avancer du pas qu’il lui fallait pour exister à son tour dans le pays utopique. Peu importait alors qu’il sombrât ou non dans l’eau de Castel Anatha… Puisqu’alors, il s'y trouverait si bien qu'il n’en reviendrait peut-être jamais…

– Néphysthéo… Avait encore murmuré Habygâ: je t’aime tellement!

– Ma douce, oh mon aimée!…

...Et ils s’étaient fougueusement embrassés…

 

 



26/10/2017
7 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 27 autres membres